18 Mars 2019

Congo-Kinshasa: [Grève à l'IFASIC] Adelar Mambuya - "l'Etat congolais vole les parents sur le dos des Professeurs"

"Sous le dos des Professeurs d'Universités, l'Etat congolais vole les parents dans la mesure où il vient piquer une somme conséquente sur ce que payent les parents comme frais académiques, sous forme de frais de l'Etat. Pourtant, cet argent devrait servir aux établissements comme frais de fonctionnement en vue de leur permettre de combler certains besoins et servir de primes complémentaires pour suppléer à ce que gagnent le personnel, les administratifs et professeurs. Car, ce que paye l'état est une modicité". C'est ce que laisse entendre le Délégué principal du syndicat du personnel scientifique de l'Ifasic et rapporteur de l'intersyndical de l'Ifasic, Adelar Mambuya Obul'okwess aux prises avec La Prospérité.

En effet, à en croire le délégué syndical, la grève qui prend des allures inquiétantes à l'Ifasic n'est que la conséquence de celle décrétée par le collectif des syndicats et associations des Institutions d'Enseignement Supérieur et Universitaires, depuis le 28 février 2019.

Rendue effective le lundi 11 mars dernier, cette grève n'est, jusqu'ici, que momentanée. Elle revendique beaucoup d'abus de confiance et des accords non respectés par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo. D'ailleurs, avancent plusieurs voix, cela fait un bon moment que les autorités gouvernementales se sont mis à se moquer des travailleurs de l'Etat. "Pourtant, il y a bien longtemps que les personnels, que nous sommes, travaillent au point de s'épuiser pour les services de l'Etat. Malheureusement, celui-ci ne fait mieux que nous négliger".

Cependant, clame-t-il, les points revendiqués et qui attendent obtenir gain de cause sont au nombre de trois et constituent le cœur du menu que nous portons sur la place publique. Il s'agit donc de l'absence de la mécanisation pour certains personnels exerçant depuis plus de 10 ans au sein de cette Institution. Ensuite, le non-respect des accords signés avec le cabinet du chef de l'Etat concernant l'amélioration du taux de paiement des frais académiques. Lesquels frais fixés à 920 FC le dollar l'année passée, occasionnant ainsi le dysfonctionnement de l'Institution par rapport aux calculs ayant pris en compte l'actualisation du taux à 160 FC le dollar américain. Enfin, l'écart qui existe entre le salaire des Professeurs et personnels administratifs. "Il y a près de 10 ans, les salaires des Professeurs étaient de 100% et ceux des assistants et personnels étaient de 50 soit 75%. Et, aujourd'hui, il existe un écart très profond entre eux et nous".

Pour cela, Adelar Mambuya qualifie les autorités politiques d'infidèles face à leur promesses et paroles, indiquant le fait que plus d'une fois ils ont roulé les syndicalistes par des discours fallacieux. "A la suite des revendications, les dirigeants avaient rassuré de payer le manque à gagner occasionné par l'écart du taux de change sur terrain et celui fixé par l'Etat dans les 3 semaines qui suivaient les tumultes, par le biais de Kamerhe. Mais, jusqu'aujourd'hui, ils ne l'ont pas fait. Un mensonge d'Etat que nous n'allons pas cautionner", a-t-il indiqué.

Face à cette réalité, les victimes de cette injustice disposent à l'égard de l'Etat congolais deux options auxquelles il doit faire un choix radical et précis pour décanter la situation. "D'une part, si et seulement si, il se sent incapable de pallier à nos problèmes et répondre à toutes ses promesses une par une, il se doit de se prononcer et activer toutes ses machines pour non seulement accomplir dans le bref délai ses engagements, sans exception, mais aussi mettre fin aux questions de mécanisation, l'augmentation des salaires et du manque à gagner. D'autre part, s'il se sent incapable de traiter notre cas, alors qu'il garde sa langue ainsi que ses injonctions pour lui seul. Et, qu'il nous laisse gérer cette réalité telle que nous l'avons fait depuis toujours, en jouissant de la pleine liberté dans la fixation du taux des frais au sein des Institutions. Lesquels frais nous permettront d'allouer au fonctionnement de l'Institution et aux primes des Professeurs et personnel scientifique".

A ce niveau, a-t-il renchéri, les négociations et les questions des frais et consorts ne concerneront que les Parents et l'Institution, non pas l'Etat.

Toutefois, Adelar Obul'okwess a appelé l'Etat congolais à répondre dignement de ses actes en tant que responsable, en vue de permettre aux étudiants de reprendre les cours normalement et dans un bref délai. Puisque la grève n'est aucunement contre les pauvres étudiants, elle est juste un mécanisme pour permettre l'amélioration des conditions de travail. "En tant que syndicaliste, nous savons que nous n'obtiendrons pas gain de cause pour tout et au même moment, néanmoins, nous voulons des accords rassurant... "

Congo-Kinshasa

Quinze corps retrouvés au Rwanda après le naufrage sur le lac Kivu

Le naufrage survenu en début de semaine sur le lac Kivu a fait plus de cent disparus. Samedi 20 avril, des corps,… Plus »

Copyright © 2019 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.