17 Mars 2019

Afrique: CAF - Deux ans après, le président Ahmad face à de nouveaux défis

Le jeudi 16 mars 2017 à Addis-Abeba, le football africain a été victime d'un séisme qu'aucun observateur averti n'a vu venir. En effet, candidat à sa propre succession pour un huitième mandat, le Camerounais Issa Hayatou, président de la CAF (Confédération africaine de football), est battu par le Malgache Ahmad Ahmad avec respectivement 20 voix contre 34.

Ainsi, c'est un changement brutal qui intervient à la tête du football continental et bien avant d'être élu, Ahmad, qui commémorait le 16 mars 2019 sa deuxième année à la présidence, promettait une transparence dans la gestion de la CAF et des pratiques obsolètes que lui et ses partisans ont de tout temps dénoncées.

A peine aux commandes, le malgache met à exécution son programme et initie quatre mois après, en juillet 2017, un symposium pour repenser le football africain.

C'est de cette rencontre que la CAN passe désormais de 16 à 24 équipes, avec une décision à effet immédiat dès l'édition 2019 prévue auparavant au Cameroun.

Cette nouvelle donne impose un nouveau cahier de charges et la CAF constate que le Cameroun, moins d'une année avant l'évènement, n'est pas prêt pour accueillir la compétition.

Dès lors, l'ordre d'attribution est bouleversé puisque l'Egypte est choisie pour recevoir la CAN 2019 pendant que le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée basculent respectivement pour les éditions 2021, 2023 et 2025.

Cela fait des gorges chaudes et la pilule est plus qu'amère à avaler dans ces différents pays mais, le président Ahmad, qui veut d'une nouvelle vision du football africain, a mené une opération diplomatique pour convaincre les chefs d'Etat de ces pays sur le bien-fondé des décisions prises.

De nombreuses critiques fusent de partout sur la gouvernance du président Ahmad. S'il n'est pas qualifié d'autoritarisme sur certaines décisions, on lui reproche parfois de faire preuve de laxisme.

Et on a l'impression que le navire battant pavillon de la CAF semble tanguer. Mais bon an mal an, le Malgache tient le gouvernail quand on sait qu'il n'est pas toujours évident de succéder à un système qui aura régné 29 années durant sur le football continental.

Doit-on affirmer que l'homme, qui avait fait la promesse de mettre en place une gestion moderne, dynamique et surtout transparente, est sur la bonne voie ?

Ce qui est par contre évident, c'est que le président Ahmad avait, comme une de ses priorités, de faire en sorte que le personnel permanent qui travaille au siège de la CAF, réponde à un nouveau système de quota à savoir que la moitié de ce staff provienne des 53 pays du continent.

Pour lui, il s'agit d'apporter un plus grand équilibre entre les associations africaines. Et cela est en train de s'appliquer, mais est une décision qui semble faire des gorges chaudes au sein de cette maison où ils ne sont pas nombreux à voir d'un bon œil, cette nouvelle donne.

Des pratiques, voire des méthodes semblent bien avoir changé avec une nouvelle dynamique qui s'installe dans la gouvernance de la CAF au profit de bon nombre de compétences.

Dans un tel cas de figure, il faut faire souvent avec les peaux de banane avec des informations qui vont dans tous les sens et qui mettent parfois en lumière, une communication qui donne l'image d'un navire en train de chavirer.

Ces derniers temps, on apprend de plus en plus que les Anglophones veulent tirer la couverture sur eux, estimant que leur heure a sonné pour prétendre aux destinées du football africain.

Faut-il désormais voir la famille du football africain mettre en exergue une guerre linguistique alors que le football est un langage universel ?

C'est au président Ahmad, en homme politique pour les deux années restantes de son mandat, de désinfecter la maison d'où partent souvent des informations contradictoires et de savoir jouer davantage au rassembleur de tous les fils du football africain autour de l'essentiel, pour plus de stabilité et de quiétude.

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