18 Mars 2019

Afrique: Youma Fall (Dflcd OIF) - "Il n'y a que la culture pour apporter le développement sur le continent"

interview

Directrice de la Langue française, Culture et Diversité à l'Organisation internationale de la Francophonie, Mme Youma Fall a séjourné récemment dans la capitale burkinabé où elle a pris part à la 26ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Dans cet entretien, elle jette un regard critique sur l'événement et se prononce sur la problématique du développement du cinéma et de la culture en général, en Afrique.

Quel regard portez-vous sur la 26ème édition du Fespaco qui célébrait le cinquantenaire de l'événement?

Il y a plusieurs niveaux d'analyse de ce 26ème Fespaco. Quand je vois comment le festival est parti du passé pour construire l'avenir, je trouve que le thème est génial. J'ai pour habitude de dire qu'on ne construit pas sa vie à travers un rétroviseur, mais on a besoin du rétroviseur pour avancer.

Pour moi, c'est un temps de pause pour une réelle introspective, pour interroger l'évolution du cinéma. Le colloque devait interroger plusieurs axes. C'est pourquoi l'OIF a proposé que le colloque soit placé sous son égide.

L'idée des 50 ans, c'était de célébrer les anciens. Cela a été fait. Mais, comme pour chaque événement, il y a eu des couacs.

Par exemple, lors de la cérémonie de clôture devant trois chefs d'Etat, personne n'a compris ce qui s'est passé. C'était un cafouillage. Je mets ça sur le compte de vouloir bien faire. C'est la énième fois que je viens au Fespaco, mais je n'ai rien compris.

Il y a eu aussi des cafouillages au niveau des billets d'avion. Il y a eu beaucoup de soucis. Mettons ça sur l'ambition démesurée de vouloir beaucoup faire pour les 50 ans du Fespaco. Je l'avoue, j'étais triste pour le Fespaco. Ils ont quand même l'habitude des grands événements.

Imaginez les chefs d'Etat et d'autres invités qui sont venus pour la première fois au Fespaco. Ils ont dû se dire que ces gens-là ne savent pas travailler. Or ce n'est pas le cas. Ils savent bel et bien travailler. Je n'ai donc pas compris et j'en suis triste. Finir sur cette note là, ce n'est pas possible.

 Toutefois, l'OIF a été très présente à ce Fespaco 2019. Quel bilan faîtes-vous de votre participation à cette édition ?

L'OIF au Fespaco, c'est en amont tous les films accompagnés. Nous avons accompagné « The mercy of the jungle (la miséricorde de la jungle) » de Joël Karekezi, le film rwandais lauréat de l'Etalon d'or de Yennenga et treize autres productions. Sur les quatorze films que nous avons accompagnés, six ou sept ont été primés.

Nous avons accompagné « Le loup d'or », « Black Mamba » qui a remporté le Poulain d'or du meilleur court métrage. Nous avons remporté beaucoup de prix. S'agissant des activités de l'OIF à ce Fespaco, je voudrais d'abord remercier les professionnels qui ont répondu à l'appel de l'OIF.

Une chose est de faire une programmation et une autre chose est qu'elle soit suivie par les professionnels. Lors de la conférence de l'OIF, la salle était remplie. Je ne cesserai jamais de remercier assez la presse parce que vous êtes toujours là quand l'OIF organise une activité.

Sans la presse, on ne fait rien. C'est elle qui documente tout ce qu'on fait, qui crée le lien avec le public, le lien entre les institutions et les professionnels. Si vous n'êtes pas là, ça ne marche pas. Avoir pu organiser cette conférence devant autant de monde, on s'en félicite. Au concours de pitch, il n'y avait plus de place pour s'asseoir.

La salle était remplie comme un œuf. Cela veut dire que les jeunes sont attentifs à ce qui se fait au niveau de l'OIF. Et nous en sommes très fiers. Cela veut dire aussi que ces jeunes sont conscients de l'accompagnement que nous faisons au niveau de l'OIF. Et c'est un accompagnement utile.

Après, il y a eu l'atelier des séries TV. A l'OIF, notre programmation est basée sur deux choses : les préoccupations des Etats, c'est-à-dire les grandes lignes que définissent les Etats lors des sommets et aussi l'évolution des dynamiques sur le terrain.

L'analyse des dynamiques sur le terrain montre que les séries ont maintenant l'économie du cinéma et de l'audiovisuel dans les territoires du sud, en Afrique particulièrement.

Puisque notre Fonds Images accompagne les pays du sud, c'était un moment aussi de voir ce qui se fait actuellement sur les séries, de les regrouper, de s'interroger pour voir comment agir. Les débats étaient très importants autour du financement, mais le débat le plus important c'était autour de la structuration, avec la problématique des droits d'auteur.

Avec le numérique et la copie privée, des organisations du nord s'intéressent au sud. Ce que nous saluons. Pour nous, l'important, c'est qu'on puisse nourrir notre propre imaginaire avec notre culture, mais aussi apporter l'imaginaire de l'autre.

Le cinéma est un produit culturel, mais socialement actif qui permet de créer ce lien-là. Il permet de construire un dialogue avec l'autre dans sa différence, son altérité. Voir que d'autres organisations privées s'intéressent au cinéma et à la production audiovisuelle de notre territoire, c'est bien. On s'en félicite.

 Justement, quels critères mettez-vous en avant pour le choix des films à accompagner ?

Avant, on accompagnait beaucoup de productions. Pensez-vous que c'est utile d'accompagner un producteur à hauteur de 20 000 euros si ce n'est la phase finition ?

Non. On a voulu être plus sélectifs. Ce qui permet d'accompagner plus les productions retenues. Aujourd'hui, le fonds peut accompagner un projet à hauteur de 70 voire 80 000 euros.

Cela n'est-il pas mieux que de soutenir cinq films à hauteur de 20 000 euros chacun. Et ces films-là vont faire cinq ans pour sortir. Je préfère donner 300 000 (euros) à cinq produits qui sortiront au bout de deux ans. Le fonds de l'OIF a aussi un effet de levier.

Quand l'OIF donne 70 ou 80 000 euros à un produit, cela rassure les partenaires. C'est cet effet que nous recherchions. On a constaté qu'en choisissant les meilleurs, le fonds de l'OIF reste entre les mains de certains pays à savoir la Tunisie, le Liban, parce que là-bas, il y a une politique cinématographique mise en place par l'Etat.

Ce qui fait qu'il y a une qualité de production. Du coup, quand les films arrivent chez nous, ce sont les meilleurs films qui sont accompagnés. Mais, on soutient en deux temps. Une partie du fonds apporte désormais l'aide au développement.

Nous avons constaté que des projets venaient avec des idées magnifiques, mais les scénarios et le développement étaient si mal faits que le projet ne pouvait pas bénéficier du soutien du Fonds Images de la Francophonie. Si le projet est accompagné, il peut revenir avec une meilleure qualité. C'est ce que nous faisons. Rien ne se perd. Tout se transforme et tout se gagne.

C'est bien de soutenir la production des films. Mais, pourquoi l'OIF n'accompagnet-elle pas la construction des infrastructures, surtout qu'il y a très peu de salles pour voir les films ?

L'OIF ne construit pas d'infrastructures. C'est une organisation multilatérale qui regroupe 84 Etats et gouvernements membres, depuis le sommet d'Erevan. L'OIF accompagne les Etats, les créateurs et les espaces de réception.

Dans les espaces de réception, nous accompagnons l'accès aux contenus, à travers les espaces de célébration comme le Masa, le Fespaco, la Biennale de Dakar. A l'échelle du créateur, nous accompagnons la formation, la création, la production, la mobilité de l'artiste, la circulation de l'œuvre.

Et l'OIF accompagne les Etats dans la formulation et la mise en œuvre des politiques de développement culturel et aussi de politiques sectorielles. C'est dans ces politiques sectorielles que nous essayons de sensibiliser les Etats dans la construction des infrastructures.

Car, comme le disait Ki Zerbo, une culture sans infrastructures n'est que vent qui passe. Mais, l'OIF ne peut aller construire une salle dans les pays, ça devient de l'ingérence. Nous accompagnons les Etats sur la base de leurs préoccupations. Et si nous pensons que ces préoccupations ne sont pas bien formulées, on les aide à bien les formuler.

Mais, nous incitons les Etats à « infrastructurer». Nous sommes en train de lancer un appel à manifestation d'intérêt pour accompagner la structuration des filières. Une chose est de créer des fonds comme le Fopica au Sénégal, le Fonsic en Côte d'Ivoire, mais il faut que ces fonds soient structurés.

Il faut que ces fonds accompagnent ce que l'OIF fait. Nous avons mis en place le fonds de garantie, qui a permis au Maroc à des privés de créer des salles de cinéma. Nous ne construisons pas directement les salles, mais nous accompagnons les privés dans la construction des salles.

Si un privé en Afrique de l'ouest vient vers nous, nous pouvons nous porter garant auprès des banques parce que nous avons un fonds de garantie. Nous voulons qu'il y ait des salles de cinéma appartenant aux Etats. C'est important. Nous voulons aussi des salles de cinéma appartenant aux publics locaux.

Selon nos informations, la participation de l'OIF à ce Fespaco 2019 s'élève à 500 000 euros. Confirmez-vous cela ?

L'accompagnement des films qui ont pu être présents et la récompense de certains films primés ont coûté 380 000 euros.

L'accompagnement direct, en termes de subvention au Fespaco, a été augmenté. Quand j'arrivais (à l'OIF), le montant était 25 000 euros. En 2015, nous l'avons porté à 60 000 euros, pour acheter des billets d'avion et héberger les invités.

En 2017, il est passé à 100 000 euros. Et cette année, puisque c'est le cinquantenaire, nous avons mis 120 000 euros directement dans les poches du Fespaco. Cela fait 500 000 euros. A cela s'ajoutent toutes les activités organisées par l'OIF dont la grande soirée. Pour nous, les soirées sont des moments de sociabilité.

Ce n'est pas que faire la fête, c'est créer des rencontres. Et cela coûte des fonds. En résumé, on peut dire que l'OIF a mis entre 500 et 600 000 euros dans ce Fespaco.

Mais, il y a d'autres contributions qui ne peuvent pas être mesurées, comme la participation de la secrétaire générale de la Francophonie (ndlr, Louise Mushikiwabo). C'est sa première sortie qu'elle a réservée au Fespaco et ça, ce n'est pas rien.

L'OIF s'intéresse aussi au financement innovant. Comment les acteurs culturels du continent doivent-ils se l'approprier ?

Le numérique est un domaine où tout le monde est l'égal de tout le monde. Tout le monde a la même chance que tout le monde, parce que c'est le domaine de l'intelligence artificielle. Les pays du sud peuvent être la locomotive.

Il faut que les Etats de la Francophonie mettent en place des politiques. Au sommet de Kinshasa, ils ont adopté une stratégie numérique dans laquelle tout y est. Les actes sont là.

Le problème au niveau de l'OIF, c'est que nous avons des limites objectives en termes d'autonomie et d'autorité.

Nous pouvons accompagner le privé qui veut créer des plateformes. Ce n'est pas pour rien que nous avons créé une direction du numérique que nous avons mise ensemble depuis trois ans avec une direction de l'économie.

Cela veut dire que nous sommes conscients que le numérique est un acteur de l'économie. Nous accompagnons les incubateurs, la création de plateforme de diffusion. Mais, je pense que les Etats ont un rôle à jouer par rapport au cadre réglementaire.

Le problème avec le numérique, c'est non seulement la chose la mieux partagée, mais également la chose la plus pernicieuse qui peut conduire au meilleur comme au pire. Ça fait grossir le camp des mondialiseurs et continue d'opprimer les mondialisés. Certains ont accès à ces plateformes en termes de financement et de diffusion.

C'est un serpent qui se mord la queue. C'est parce que le cadre réglementaire est bien défini que la problématique des droits d'auteur est bien gérée. C'est vrai qu'il y a des plateformes de cofinancement qui se crée.

Autant le financement innovant peut avoir une qualité de production, autant la qualité de la formation appuyée en amont par les Etats peut aider à avoir un meilleur accès sur le marché, un meilleur accès à des plateformes. C'est parce qu'on a sensibilisé nos enfants au numérique qu'on peut accompagner les plateformes.

Je rêve d'une plateforme qui s'appellerait Yennenga, qui permettrait aux cinéastes africains d'y mettre leurs productions. Le problème avec l'Afrique et la Francophonie, c'est l'accès aux contenus francophones. Je regrette de le dire : arrêtez de nous créer des scènes prospères et éphémères.

Tu as du cinéma partout à Ouagadougou pendant le Fespaco et après tout s'évapore et on attend deux ans pour faire un autre Fespaco.

Pensez-vous que c'est normal qu'il n'y ait que les deux salles, Ciné Burkina et Ciné Neerwaya et les deux salles de CanalOlympia ? Quand on parle de financement participatif, on pense au numérique.

Pourquoi ne pas envisager le financement participatif des Etats pour soutenir des événements comme le Fespaco, le Masa ou la Biennale de Dakar ?

J'ai pensé que le Fespaco inviterait les ministres de la Culture du continent pour discuter du financement du Fespaco. Eh bien non. On invite des ministres, ils viennent, déjeunent ensemble et puis se baladent.

Et dans deux ans, on va se retrouver encore pour la même chose. Une stratégie nationale, c'est bien, mais une stratégie sous-régionale, c'est encore meilleur. Mettons en place des stratégies régionales pour financer la culture. Seul on va très vite, mais ensemble on va très loin.

Parlons entre nous et développons des choses. Il n'y a que la culture pour apporter le développement en Afrique. Je suis contente qu'on ait découvert du pétrole au Sénégal. Mais ce que Youssou Ndour apporte au Sénégal, je ne crois pas que le pétrole puisse le faire.

 Cette situation vous inquiète-t-elle ?

La situation ne m'inquiète pas, elle m'interpelle. Et je m'interroge. Je crois en nous, en l'Afrique. Je pense qu'on peut y arriver. Il faut juste qu'on s'interroge. J'aimerais bien que les dirigeants du continent, en particulier ceux des pays du sud, s'interrogent avec moi.

Mais, je ne peux pas être inquiète quand je vois l'engagement du président malien Ibrahim Boubacar Kéïta, la présence du président rwandais Paul Kagamé à la clôture du Fespaco, l'engagement du président Roch Marc Christian Kaboré pour la réussite du Fespaco.

Je ne suis pas inquiète quand je vois tout ce que le président Macky Sall, protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal, met en place dans la culture, dans mon pays. Nous venons d'inaugurer le musée des civilisations noires. Le Fopica est doté de 2 milliards de FCFA. Il y a un fonds de culture urbaine. Quand je vois tout ça, je ne peux pas m'inquiéter.

Je ne peux que m'interroger et inviter à la réflexion. Mettons en musique nos initiatives et les solutions seront là. Je ne peux pas m'inquiéter du tout quand je vois l'engagement des dirigeants africains pour la culture, mais par contre je m'interroge quant au suivi des initiatives. Il faut attraper le taureau par les cornes et se battre. Si on ne s'interroge pas, on ne doute pas.

Si on ne doute pas, on n'avance pas. Et là, personne ne doute. Et c'est ça qui m'inquiète. Je suis à un niveau assez stratégique qui me permet de balayer l'espace francophone et de voir ce qui se fait de mieux ailleurs. Regardez l'engagement du président Macron. Il est pour la circulation des œuvres.

Dans la restitution d'un objet culturel, il faut voir la vision. Comment faire la différence entre la culture en tant qu'expression qui est liée à l'économie et la culture en tant que produit qu'on appelle valeur d'usage, avec une dynamique sociale bien prononcée autour d'une œuvre.

C'est comme ça qu'il faut avoir cette lecture entre les deux dynamiques que le président Macron a essayées de mettre au jour.

J'ai la chance d'être au sommet des chefs d'Etat et de les écouter. Je discute aussi avec des ministres qui sont des passionnés de leur secteur. Je ne peux donc pas être inquiète, mais j'invite tout le monde au doute et à l'interrogation.

Comment voyez-vous les perspectives du cinéma africain dans les années à venir ?

Belles perspectives. Parce qu'il est jeune. Tous ceux qui ont été primés à ce 26ème Fespaco sont des jeunes. On peut donc espérer car ces jeunes peuvent aller loin.

Je constate aussi que ces jeunes vont vers la formation. Formons nos jeunes. Ils sont nés avec le smartphone à la main, donc ils maîtrisent le numérique.

Donnons-leur d'autres outils techniques. Et là aussi, l'OIF essaie de jouer son rôle. Nous envoyons tous les ans, des jeunes en formation à l'ESAV (Ecole supérieure des arts visuel, de Marrakech). Nous accompagnons aussi Imagine de Gaston Kaboré et CinéKap d'Omar Sall.

C'est avec beaucoup d'espoir que j'ai rencontré ces jeunes qui aiment le cinéma et qui sont convaincus qu'ils peuvent en faire un métier ; et qu'avec ce métier ils peuvent apporter leur contribution au développement durable. Et le cinéma africain va revenir là où il était. Nous aurons ainsi des cinéastes de renom comme Abderrahmane Sissako.

Comment voyez-vous les perspectives du cinéma africain dans les années à venir ?

Belles perspectives. Parce qu'il est jeune. Tous ceux qui ont été primés à ce 26ème Fespaco sont des jeunes.

On peut donc espérer car ces jeunes peuvent aller loin. Je constate aussi que ces jeunes vont vers la formation. Formons nos jeunes. Ils sont nés avec le smartphone à la main, donc ils maîtrisent le numérique.

Donnons-leur d'autres outils techniques. Et là aussi, l'OIF essaie de jouer son rôle. Nous envoyons tous les ans, des jeunes en formation à l'ESAV (Ecole supérieure des arts visuel, de Marrakech).

Nous accompagnons aussi Imagine de Gaston Kaboré et CinéKap d'Omar Sall. C'est avec beaucoup d'espoir que j'ai rencontré ces jeunes qui aiment le cinéma et qui sont convaincus qu'ils peuvent en faire un métier ; et qu'avec ce métier ils peuvent apporter leur contribution au développement durable. Et le cinéma africain va revenir là où il était. Nous aurons ainsi des cinéastes de renom comme Abderrahmane Sissako.

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