18 Mars 2019

Sénégal: Bathie Ciss sur la ZLCAF - «L'accord est nécessaire mais insuffisant...»

La zone de libre-échange est une condition nécessaire mais pas suffisante pour faire face à la nouvelle géographie commerciale. D'où l'appel au dynamisme de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao), préconisé par le Secrétaire général de l'Asepex.

Il animait samedi dernier une conférence publique sur la zone de «libre échange» continentale Africaine (Zlecaf), dans le cadre des activités mensuelles de l'Arcade dénommé «Samedi de l'économie».

Invité à débattre sur le sujet du jour portant sur la problématique de la zone de «libre échange» continentale Africaine (Zlecaf), Bathie Ciss, non moins secrétaire général de l'Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex) bien que favorable à l'initiative ambitionnant de porter le commerce inter-régional à plus de 53% à l'horizon 2022 contre 12% actuellement, a tout de même relevé entre autres craintes, la réticence du Nigéria en tant que géant économique du continent d'acter son adhésion à la Zlecaf et l'idée de voir celle-ci devenir un faire-valoir pour les puissances occidentales (Union européenne).

Tout bien pesé, «si l'on arrive à ratifier la zone de libre-échange continentale africaine, le commerce inter-régional aura forcément un impact réel dans nos économies respectives», a-t-il soutenu.

Il animait une conférence publique samedi dernier dans le cadre des activités mensuelles de l'Africaine de recherche et de coopération pour l'Appui au développement endogène (Arcade) en collaboration avec la Fondation Rosa Luxembourg.

A l'en croire, «certes, le Sénégal a fait un grand bond en avant dans la libéralisation commerciale, notamment dans l'approche réglementaire particulièrement dans la radiophonie, la télévision...

Mais, force est d'admettre que son système fiscal doit être revu pour tirer le meilleur du commerce inter-régional notamment avec son marché hebdomadaire sous-régional de Diaobé où sept pays (7) commercent».

Il poursuit: «Le commerce informel pratiqué, singulièrement au marché hebdomadaire de Diaobé est une niche de sous, mal exploitée, faute d'un bon système fiscal. L'Etat du Sénégal gagnerait à réformer son fisc pour tirer des profits nets».

Le libre échange commercial est prématuré

L'économiste Ndongo Samba Sylla dans son intervention dira: «C'est illusoire de croire que la Zlecaf serait une alternative aux Accords de partenariat économique (Ape)».

A suivre le spécialiste des questions commerciales M. Sylla, parti des arguments soutenus au départ par de hauts fonctionnaires de l'Union africaine, déconstruit en mettant en avant entre autres éléments positifs: «Premièrement, quatre ans auparavant, à Accra (Ghana), des experts de l'Union africaine soutenaient mordicus que la Zlec partirait des acquis des Ape, ce qui n'est pas le cas;

Deuxièmement, la close des accords intérimaires signés par des géants économiques de l'Afrique de l'ouest comme la Côte d'Ivoire, le Ghana... qui accordent des avantages tarifaires à l'Union européenne (Ue) à hauteur de 90% seront confrontés aux réalités de la Zlecaf, et troisièmement le refus du Nigéria aux Ape et à la Zlecaf. Donc, c'est l'implosion qui se dessine».

D'où sa conviction : «la zone de libre-échange continentale est simplement prématurée. Car, il y a beaucoup de choses à mettre en place d'abord».

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