18 Mars 2019

Cote d'Ivoire: L'hôpital mère-enfant et la Chaine de l'Espoir opèrent les enfants malades

Une véritable prouesse. C'est le travail qu'est en train de réaliser l'Hôpital mère-enfant (Hme) de Bingerville et l'Ong française la chaine de l'espoir. Depuis le 9 mars, les deux partenaires opèrent les enfants de la sténose caustique.

Une maladie qui se caractérise par la brûlure de l'œsophage après l'ingestion de la soude caustique, produit intervenant dans la fabrication de savon artisanal, la teinture et la coiffure.

Cette brûlure provoque un rétrécissement de l'œsophage jusqu'à sa fermeture totale. Conséquence, les enfants victimes ne peuvent plus manger ni même boire de l'eau. Ils sont nourris à travers une sonde gastrique.

Les interventions qui se déroulent actuellement à l'Hme consistent donc à remplacer une partie de l'œsophage brûlé par le côlon.

Cette chirurgie lourde nécessite 7 à 8 heures d'intervention selon le Pr Atafy Dieth, chef du service de chirurgie pédiatrique de l'hôpital, qui a pris part hier à la conférence de presse organisée par la direction de l'établissement, pour donner plus de détail sur cette mission.

Le Pr Atafy Dieth a indiqué que c'est grâce au plateau technique de l'établissement qu'une telle intervention (fait partie du top de la chirurgie réparatrice) peut être réalisée en Côte d'Ivoire. Et même pour la première fois en Afrique de l'ouest.

La preuve, sur les 18 enfants pris en charge gratuitement, 13 sont de la Côte d'Ivoire, 3 du Sénégal, 1 de la Guinée Conakry et 1 de la République Démocratique du Congo. « Malheureusement l'enfant qui devait venir du Bénin est décédé », a-t-il regretté.

Ce sont, a expliqué le praticien, les enfants âgés de 2 à 5 ans qui sont victimes car ils avalent la substance par accident.

En Côte d'Ivoire, le nombre de cas référé par les hôpitaux est de 10 à 15 chaque année. C'est en cela que le Pr Yann Revillon, chirurgien pédiatre de renom et bénévole de la Chaine de l'espoir, a axé son intervention sur la sensibilisation.

« Il est important de dire aux parents de mettre hors de portée des enfants la potasse, la soude caustique.

C'est un produit dangereux. C'est une véritable bombe atomique pour l'œsophage des enfants », a-t-il averti. Le Pr Eric Cheyson, président de la Chaine de l'espoir, s'est félicité de l'existence de l'Hme.

« Nous avons un centre de référence, un hub. Cette opération, c'est au moins 38 000 euros en France et c'était une aberration de faire venir les enfants en Europe car ça ne marchait pas toujours.

Ce, compte tenu du fait que les enfants arrivaient dans un état de catastrophe nutritionnel », a-t-il déclaré, annonçant déjà une seconde mission dans le mois de novembre - décembre, avec plus d'enfants malades, vu le succès de cette première mission.

En effet, a expliqué Pr Akafou Evelyne, chef du service de pédiatrie générale et néonatalogie, le 1er challenge était de réussir la réhabilitation nutritionnelle des enfants.

Sans cela, l'intervention n'était pas possible. C'est ainsi que les enfants ont été hospitalisés depuis le mois de janvier. Et, certains ont pu prendre 6 kilos en deux mois.

Mme Nadine Sangaré, directrice de la Fondation Children of Africa, au nom de la Première dame, a remercié toute l'équipe de l'Hme et de la Chaine de l'espoir pour la réussite des interventions. En effet, sur les 6 interventions (les autres enfants ont été traités par dilatation de l'œsophage), 5 ont été relaissés avec succès (la dernière opération se fait aujourd'hui).

Et, les enfants, selon le chef du service d'anesthésie et réanimation, Dr Brouh Yapo, se portent bien. « Certains ont même demandé à manger. Ils pourront sortir bientôt », a-t-il rassuré.

Notons que cette mission a également été une véritable collaboration entre médecins ouest africains. En effet, les médecins pédiatres sénégalais, congolais et guinéens qui ont accompagné leurs patients, ont également participé aux interventions.

Le but selon Frédéric du Sart, directeur de l'Hme, c'est de faire en sorte que les médecins ivoiriens et africains puissent réaliser à l'avenir, sans l'assistance de leurs collègues français, pareille intervention.

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