17 Mars 2019

Algérie: Les enjeux d'une semaine décisive

Photo: Facebook/ Bouteflika
Bouteflika président de la république algérienne

En Algérie, des rassemblements d'étudiants, de magistrats ou encore de journalistes ont eu lieu ce dimanche 17 mars à travers le pays.

Après quatre semaines de manifestations et de protestation, alors que l'opposition demande le départ du président Abdelaziz Bouteflika et que les autorités qui ont fait des propositions pour la transition semblent inaudibles, cette semaine sera encore décisive.

L'Algérie entame une nouvelle semaine aux enjeux décisifs. D'abord, les autorités n'ont toujours fait aucun commentaire sur la manifestation du 15 mars. Or, la mobilisation a été un désaveu pour les propositions du président de la République. Les centaines de milliers de manifestants refusent la prolongation du quatrième mandat et demandent le départ du système politique. La question est : y aura-t-il d'autres annonces ?

Parallèlement, les consultations pour la nomination d'un gouvernement d'ouverture se poursuivent et semblent connaître quelques difficultés.

Plusieurs syndicats ont indiqué avoir décliné les invitations du Premier ministre Noureddine Bedoui. Ce dernier avait promis un gouvernement pour cette semaine.

L'invitation au dialogue ne passe pas non plus dans l'opinion publique. L'initiative d'une association proche des autorités d'inviter des membres de la société civile pour réfléchir à la transition, ce samedi, est très critiquée.

Enfin, les manifestants se préparent à retourner dans la rue. Une manifestation d'étudiants est prévue le 19 mars, date symbolique dans l'histoire de l'indépendance de l'Algérie.

Manifestations en France

Les manifestations de soutien se poursuivent également à distance, en France. Des centaines de membres de la communauté algérienne se sont rassemblés place de la République dimanche à Paris contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Deux jours après les immenses manifestations en Algérie.

Après, à nous, au peuple, à ces jeunes de trouver des alternatives. Mais qu'il parte d'abord. C'est fini. Qu'il parte. On en a marre.

À Marseille également, plusieurs centaines de personnes se sont réunies dans le centre-ville. Si la foule était moins nombreuse que les précédentes semaines, la fougue et la détermination des manifestants restent intactes.

Les propos de Macron critiqués

Par ailleurs, une centaine de personnalités franco-algériennes ont interpellé Emmanuel Macron. Dans une lettre ouverte publiée dans le Journal du dimanche, des élus locaux, militants associatifs et membres de la société civile regrettent les propos du président français après l'annonce du report de la présidentielle du 18 avril en Algérie.

Emmanuel Macron avait notamment salué l'ouverture, par Abdelaziz Bouteflika, d'une « nouvelle page pour la démocratie algérienne ».

« Nous avons été un peu surpris par les propos du président Emmanuel Macron, explique Noël Boussaha, militant associatif franco-algérien, signataire de cette lettre. Nous avons ressenti ses propos comme une sorte de soutien tacite au régime algérien.

En ce sens que beaucoup en Algérie ont estimé qu'il s'agissait d'une sorte d'énième ingérence française à l'égard de son ancienne colonie.

Il faudrait que l'Elysée, via son service de communication, fasse preuve d'une certaine retenue par rapport à ce qui se passe en Algérie parce que ça peut être très très mal perçu, non pas spécifiquement de la part du pouvoir d'Alger qui n'attend que ça, mais de la part de la population algérienne. »

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