18 Mars 2019

Cameroun: «La police municipale est indispensable»

interview

Jean Claude Tsila, préfet du Mfoundi, explique.

Un mois après sa suspension à votre demande, la police municipale de Yaoundé reprend du service. Qu'estce qui a été fait durant cette période?

Nous ne nous sommes pas croisé les bras pendant cette période de suspension. Au niveau du gouvernement, la réflexion a été engagée et le constat est clair. La police municipale est indispensable. Nous sommes arrivés à cette conclusion là, pour suppléer l'action de la police nationale et de la Gendarmerie nationale. Cette police est nécessaire pour mettre de l'ordre dans nos marchés, mais également au niveau de la circulation dans la ville.

Des mesures ont-elles été prises pour que ce genre d'incident ne se reproduise plus?

Bien évidemment. Nous nous sommes dit qu'il faudrait que cette police soit réorganisée, qu'on essaye de voir un certain nombre de choses liées à leur formation, à leur mode de recrutement et puis même à leur déploiement sur le terrain. Pour leur prise de service, il y aura des préalables. Un Code de bonne conduite sera élaboré au cours d'une réunion coprésidée mardi prochain (demain, ndlr) par le ministre de l'Administration territoriale et le ministre de la Décentralisation et du Développement local.

Evidemment, nous allons débattre de la manière dont cette police devra se déployer sur le terrain. Il y aura un encadrement à travers des textes qui vont être publiés par le gouvernement pour l'organisation de cette police municipale. Mais en attendant la publication de ces textes, nous, autorités administratives, forces de maintien de l'ordre, nous devrons assurer un encadrement de cette police municipale.

Quel est le rôle de la police municipale et quelles sont les limites de son champ d'action ?

La police municipale a des cibles. Il y a d'abord la lutte contre le désordre orchestré dans nos marchés, où des routes sont construites puis envahies par des commerçants qui s'installent sur la chaussée. Ils accompagnent aussi les dispositions prises par rapport aux motos-taxis et à l'acte que j'ai signé avec le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé pour fixer les zones ouvertes et les zones interdites à leur circulation. La police municipale nous aide en somme à lutter contre le désordre urbain. C'est vrai, nous avons des services classiques, mais le problème d'effectifs est tel qu'à certains moments il va falloir stationner des éléments de la police municipale à des endroits précis.

Durant ce mois de suspension, avez vous eu l'impression que les motostaximen pouvaient s'autogérer?

Après l'acte que j'ai pris, j'ai dit que nous allons évaluer, et tirer des leçons par rapport à leur comportement pendant cette période de suspension. Evidemment, à peine j'avais signé l'acte de suspension que dans les médias, un conducteur des motos-taxis a déclaré que maintenant ils vont être libres de circuler même à la Poste centrale, ou au Boulevard du 20 mai. Et c'est ce que nous avons constaté. Ces syndicats et associations de motos-taxis ont fait la démonstration de leur incapacité à s'autogérer. Nous pensions que le rôle des syndicats et des associations était aussi la formation civique de leurs adhérents. Il n'en est rien. On a constaté aujourd'hui que ces regroupements servent tout simplement à distiller les mots d'ordre de grève ou à faire un chantage permanent aux pouvoirs publics.

Pour faire cette évaluation, nous avons effectué une tournée dans les sept arrondissements où nous sommes allés à la rencontre des motos taximen, des responsables des syndicats, d'associations, et je dois dire que nous avons eu des échanges francs. Nous avons pu relever tous les problèmes qui minent le fonctionnement de ce secteur d'activités. Aujourd'hui, à l'issue de cette tournée qui s'est déroulée du 6 au 12 mars dernier, je peux dire que nous sommes suffisamment outillés pour les amener à remettre de l'ordre dans leurs rangs. Nous allons nous atteler à redorer le blason de cette activité qui a bénéficié de l'onction du chef de l'Etat et qui est organisée par un décret du Premier ministre. Les autorités administratives, les responsables municipaux, nous avons une mission d'encadrement de ces regroupements de motos- taxis.

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