18 Mars 2019

Cameroun: Police municipale - La reprise attendue à Yaoundé

Au terme d'un mois de suspension prescrit par le préfet du Mfoundi, les agents ne sont pas encore visibles sur le terrain.

Esplanade de l'Hôtel de ville de Yaoundé, vendredi. Une vingtaine d'agents de la police communale en uniforme discutent. Ils sont prêts à reprendre du service, après un mois de suspension. Sébastien L., l'un d'eux, confie que durant la suspension préfectorale, ils venaient néanmoins au travail, mais en civil. Ils passaient la journée au bureau à s'occuper chacun comme il pouvait jusqu'à la fin de l'heure. Interrogés sur leur éventuel reprise de service, ils disent tous ne rien en savoir, même s'ils sont prêts à descendre sur le terrain à tout moment.

Dans l'article 2 de son arrêté de suspension, le préfet du Mfoundi, Jean-Claude Tsila écrivait : « la présente mesure est susceptible d'être reconduite si les nécessités l'imposent. » La police municipale avait été mise hors service le 13 février dernier, à la suite d'une altercation entre l'un de ces agents avec un conducteur de moto à EligEdzoa.

En attendant la reprise des activités de la police municipale, les avis des Yaoundéens divergent sur le sujet. Michel Tsafack, tenancier d'un comptoir de médicaments au marché Mvog-Mbi trouve important le travail qu'abattaient ces agents communaux. « Ils faisaient du bon travail malgré quelques abus. Ils nous obligeaient à être disciplinés dans les marchés notamment.

Ça évitait vraiment le désordre. Il faut seulement qu'ils soient un peu plus compré hensifs ». Stève Ebanda, chauffeur de taxi, exprime son courroux dû à l'absence d' « Awara ». « Depuis qu'ils ont été suspendus, les motos vont dans tous les sens. Plus rien ne leur est interdit », se plaint-il.

Au carrefour Elig-Edzoa où tout avait commencé, on ne veut pas de la police municipale. « Ces gens exagèrent. Ils nous empêchent de nous débrouiller. Même si on leur présente les papiers, ils demandent d'autres », dénonce Michelin Tchoupo, conducteur de moto.

Au marché central, Nestor Kamga et sa voisine Estelle Ndjilo, deux vendeurs à la sauvette eux aussi ne veulent plus d' « awara » . « Ils dérangent et arrachent nos marchandises », assurent-ils.

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