18 Mars 2019

Tunisie: «Je déplore l'ingratitude des dirigeants clubistes»

«J'ai fait mon apprentissage dans les quartiers mais à l'âge de 13 ans, mon regretté frère Chedly a décidé de m'amener au CA, surtout qu'il est signataire; ce fut pour moi une découverte de voir les prestigieux joueurs tels que Attouga, Ali Zitouni, Fessi, et Bayari. J'ai pris conscience que le football est ma passion. Je me suis investi pour apprendre et en même temps progresser. Le mérite revient incontestablement à plusieurs entraîneurs des jeunes à l'instar de Gritli et Amri, ces deux techniciens m'ont encouragé et je n'ai pas hésité à m'atteler à la tâche pour devenir plus performant et plus aguerri», a souligné le golden boy du CA, Ridha Boushih.

Les indicateurs sont déjà en place, Ridha Boushih intégre l'équipe seniors à l'occasion du match SRS-CA en 1974. Ce jour-là, ce jeune milieu de terrain constata qu'il a définitivement accédé à la cour des grands.

Cette première titularisation l'inspire, lui permettant de jouer un rôle prépondérant dans la conquête des titres avec le Club Africain. Ses exploits sur le couloir droit, ses passes, ses tirs et surtout ses centrages se sont multipliés pendant 17 ans avec ce fameux club de Bab Djédid.

«J'étais motivé pour jouer mon premier match avec le CA face à une bonne équipe Railwyste. Le nul a dominé les débats mais je me suis fait une place de titulaire. J'ai collaboré aux buts de Bayari, Gasmi, Bach Hamba et Khouini. Il faut aussi souligner que ma tâche a été facilitée par le sens du but de nos attaquants qui étaient assez percutants. Mon meilleur souvenir a été notre match face à l'EST. Ce jour-là, nous avons réalisé un score éloquent de 5 à 1. Ce fut le plus beau dimanche de mon existence. Mais je persiste à croire que pendant cette période l'équipe clubiste aurait pu faire mieux que la seconde place derrière l'EST ou le CSS. J'ai remporté deux fois le titre national (79 et 80), une coupe de Tunisie en 1976 et une supercoupe en 1979. Nous avons eu une génération douée et perfectible», a encore affirmé le frêle Ridha Boushih.

Nagy : un entraîneur hors-pair

Avec l'arrivée de Nagy, ce jeune footballeur vécu un véritable tournant, le nouveau technicien ayant décelé chez lui les qualités d'un milieu de terrain moderne et clairvoyant. Pour Ridha Boushih, c'était une aubaine puisque le poste de meneur de jeu lui va comme un gant. Il s'impose à ce poste au CA puis en équipe nationale où il a été malchanceux et n'a pu s'imposer. Il n'a été convoqué que 5 fois. Mais avec le CA, il a été la coqueluche des supporters clubistes.

«Le CA m'a apporté la compensation en dépit de mes rares convocations en équipe nationale, avec une seconde coupe obtenue de haute lutte aux dépens d'un Stade Tunisien accrocheur. Nous avons aussi remporté le titre national après un parcours remarquable et face à une concurrence très relevée. Mais je persiste à croire que l'arrivée du regretté Nagy au Club Africain a été une occasion pour le club de Bab Djedid, une opportunité pour se hisser au plus haut niveau. Il a été pour moi le meilleur entraîneur. Il a sacrifié sa santé et son temps pour le Club Africain. Toutes les tactiques que nous voyons aujourd'hui avec Barcelone, Bayern, Juventus et j'en passe, ont été appliquées avec nous, et, grâce à Nagy», a encore souligné Ridha Boushih. Comme il l'a défini lui-même, sa carrière a été plutôt courte mais intense. Il a laissé l'image d'un demi droit très solide, généreux, offensif, appliqué et clairvoyant. Il reconnaît, toutefois, qu'il aurait pu jouer encore trois ans après la trentaine. Mais il a décidé de quitter le CA en 1987.

«Le CA est ma seconde famille, certes j'aurai pu jouer encore trois autres années. Mais en Tunisie, tout footballeur attend les 30 ans, c'est la retraite. Néanmoins j'ai quitté mon club avec amertume. Les dirigeants ont été ingrats à mon égard mais également à l'égard de tous les anciens joueurs. Dès que tu quittes le CA, c'est fini. Je n'oublierai jamais ce que les dirigeants clubistes m'ont fait, lorsque je me suis déplacé à Vichy pour faire une opération au genou. Ils ont refusé de payer la clinique et j'ai été bloqué en France. Il a fallu l'intervention de feu Férid Mokhtar pour sauver la face. Mais en rentrant, feu Chérif Bellamine a refusé carrément de me rembourser la somme que j'ai payée pour mon opération. Dieu merci, je suis bien avec ma famille et mes anciens coéquipiers qui se sont donnés à fond sans un tout petit merci de la part des dirigeants», a encore souligné l'ex-sadikien, Ridha Boushih.

Aujourd'hui, Ridha Boushih vit avec sa famille, une retraite bien méritée après une carrière bien remplie avec Tunisair. Sa passion pour le football et son amour du Club Africain doivent l'inciter à s'investir à fond avec l'espoir d'obtenir d'autres satisfactions avec ses enfants.

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