18 Mars 2019

Burkina Faso: Taxe de traversée dans certaines communes - Les chauffeurs routiers mettent en garde le gouvernement

En milieu de matinée du 15 mars 2019 à Ouagadougou, l'Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) a animé une conférence de presse à son siège sur « la perception illégale des taxes de traversée » et la non-tenue, par l'Etat, de ses engagements lors de la crise qui a opposé l'Organisation des transporteurs du Faso (OTRAF) et l'Union des chauffeurs routiers du Burkina.

Les acteurs de l'UCRB n'excluent pas d'aller en grève si rien n'est fait pour trouver une issue favorable à leurs revendications.

Plusieurs communes s'adonnent à la perception d'une taxe illégale de traversée, au nom d'une participation citoyenne des chauffeurs routiers au développement desdites communes, selon les conférenciers de l'UCRB qui estiment que les chauffeurs routiers ont jusque-là contribué au développement communal sans, en retour, recevoir une prestation de la part des communes.

« Aucune commune ne s'est dotée d'infrastructure ni de parking pour inciter les chauffeurs à y séjourner afin de percevoir légalement la taxe de stationnement conformément à la loi », selon Brahima Rabo, président de l'UCRB.

Il a rappelé que l'institution d'une taxe locale est une contrepartie d'un service rendu par la collectivité, comme la taxe de stationnement qui est la contrepartie du service de gare routière rendu par la commune.

Ce qui, visiblement, n'est pas le cas pour la taxe de traversée qui est illégale, selon lui, et qui constitue, pour lui et ses camarades de l'UCRB, une spoliation des chauffeurs routiers par les communes qui la collectent.

« Les chauffeurs sont spoliés nuit et jour, voire séquestrés dans certaines communes pour ceux qui refusent de payer la taxe de traversée », ont confié les conférenciers. Des pénalités, de l'avis des chauffeurs routiers, atteignent jusqu'à 11 fois le montant de la taxe.

Des structures syndicales du patronat en cause

« Un phénomène complexe à l'Ouest du pays où des structures syndicales du patronat s'allient aux communes pour faire leurs sales besognes moyennant des rétro-commissions », ont déploré les conférenciers de l'UCRB.

A les entendre, le Burkina Faso étant un Etat de droit, les choses doivent se faire dans le respect des textes et lois en matière de taxes. « Où vont les dizaines de millions de F CFA collectés par les communes, au titre des taxes de traversée et à qui profitent-ils », s'interrogent-ils ?

Face à la perception de la taxe de traversée, illégale selon les conférenciers, ainsi que la séquestration de chauffeurs dans la commune de Bobo, l'URCB a avisé les autorités administratives, en l'occurrence le ministère de l'Administration territoriale, pour son arbitrage, mais sans suite jusqu'à ce jour, foi de Brahima Rabo.

Les conférenciers ont donc voulu, à travers cette sortie médiatique, attirer l'attention des autorités sur ce qu'ils considèrent comme des dérives qui pourraient mettre à mal la cohésion sociale à l'avenir.

Déjà, selon leurs confidences, des mouvements d'humeur ont été récemment signalés à Niangoloko dans la Comoé et à Dakola dans le Nahouri, occasionnant le ralentissement des activités. Et l'UCRB y a dépêché des gens pour apaiser les tensions, selon les conférenciers.

Ces derniers ont indiqué que les résolutions prises lors de la crise ayant opposé l'OTRAF à l'UCRB ne sont pas respectées en termes de délai.

« Les chauffeurs attendent toujours la réorganisation du système de fret dans les ports à travers la mise en place du bon de chargement et l'amélioration des conditions de travail et de vie des chauffeurs », ont-ils souligné.

L'UCRB se donne le temps nécessaire et les moyens légaux pour entrer en action, à écouter Brahima Rabo et ses camarades, si l'Etat reste muet face à la situation de spoliation des chauffeurs routiers.

Burkina Faso

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