18 Mars 2019

Maroc: Mis à part les bêlements de quelques brebis galeuses - Condamnation unanime de l'ignoble carnage terroriste perpétré en Nouvelle-Zélande

S.M le Roi condamne cette attaque raciste et terroriste abjecte

Habib El Malki présente en son nom et en celui des parlementaires du monde musulman ses sincères condoléances aux familles des victimes et au peuple néo-zélandais

Les attaques terroristes ayant ciblé vendredi dernier deux mosquées dans la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, faisant plusieurs victimes, ont été unanimement condamnées à travers le monde.

Dans un message de condoléances et de compassion adressé à Patsy Reddy, gouverneure générale de Nouvelle-Zélande, S.M le Roi Mohammed VI a ainsi exprimé, en son nom et en celui du peuple marocain, sa ferme condamnation de cette attaque raciste et terroriste abjecte, qui a visé des fidèles, en violation flagrante de la sacralité des lieux de culte et des valeurs universelles humaines de coexistence, de tolérance et de fraternité.

Le Souverain a aussi présenté à Pasty Reddy et à travers elle, aux familles éplorées, ses vives condoléances et ses sincères sentiments de compassion, implorant le Très-Haut d'entourer les victimes de Sa sainte miséricorde et de les accueillir dans Son vaste paradis et d'accorder patience et réconfort à leurs proches et prompt rétablissement aux blessés.

Pour sa part, Habib El Malki, en sa qualité de président de l'Union parlementaire des Etats membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a condamné lui aussi cet acte abject qui a visé des musulmans en Nouvelle-Zélande.

En cette douloureuse circonstance, il a présenté en son nom et en celui des parlementaires du monde musulman ses sincères condoléances aux familles des victimes et au peuple de la Nouvelle-Zélande, tout en affirmant que cet acte terroriste exige de la communauté internationale de redoubler d'efforts pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme quelles que soient leur origine et la partie qui les sous-tend.

Pour sa part, «le Conseil européen des oulémas marocains dénonce fermement cet acte ignominieux condamnable par toutes les religions et les lois internationales, et qui touche les fondements du vivre-ensemble».

Exprimant ses sincères condoléances aux familles des victimes, à l'ensemble de la communauté musulmane et à tous les citoyens néo-zélandais, «le Conseil appelle vivement les autorités compétentes à déployer les efforts nécessaires pour traduire devant la justice les responsables de cet odieux acte criminel».

Il appelle également « l'ensemble de la société à faire preuve de sens de responsabilité et de respect des valeurs qui font de la Nouvelle-Zélande un pays de paix et de tolérance », a ajouté le communiqué que ledit Conseil a rendu public en l'occasion.

Par ailleurs, des manifestations ont été organisées à Rabat et à Casablanca pour dénoncer ce crime abject, exhortant les pays occidentaux à rejeter le discours de haine à l'encontre des musulmans.

Quant au pape François, il s'est dit très attristé de prendre connaissance des actes de violence insensés contre deux mosquées à Christchurch, et assuré à tous les Néo-Zélandais, et en particulier à la communauté musulmane, sa solidarité sincère face à ces attaques», selon un télégramme signé par le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin. Et la même source d'ajouter : « Sa sainteté prie pour le rétablissement des blessés, la consolation de ceux qui pleurent la disparition d'êtres chers, et pour tous ceux affectés par cette tragédie ».

Il convient également de signaler que l'auteur de cet acte terroriste, l'extrémiste australien Brenton Tarrant, a fait samedi avec la main le signe de reconnaissance de la suprématie des blancs devant le tribunal néo-zélandais qui l'inculpait de meurtre.

L'ex-instructeur de fitness de 28 ans, « fasciste » autoproclamé, est globalement resté impassible lorsque son inculpation lui a été notifiée, lors d'une brève audience à laquelle seule la presse était admise pour des raisons de sécurité.

Il restera en détention jusqu'à une prochaine audience fixée au 5 avril.

Un autre homme, arrêté vendredi, devrait être présenté devant la justice ce lundi pour des accusations "en connexion" avec les attaques, même s'il n'a apparemment pas été directement impliqué dans la tuerie, selon le commissaire Mike Bush.

Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, un pays de cinq millions d'habitants dont 1% se disent musulmans, connu pour sa tradition d'accueil et son faible taux de criminalité.

Près du tribunal, le fils de Daoud Nabi, un Afghan de 71 ans tué, demande justice: "C'est monstrueux. Cela dépasse l'imagination".

Par ailleurs, la Première ministre Jacinda Ardern, coiffée d'un foulard noir, est allée samedi à la rencontre des rescapés et des familles dans une université où a été installé un centre d'information.

"Nous aimons toujours ce pays", a lancé de son côté Ibrahim Abdul Halim, imam de la mosquée de Linwood. Les extrémistes ne parviendront "jamais à entamer notre confiance".

Bien que nombre de commerces soient restés fermés samedi et que beaucoup d'habitants aient choisi de rester chez eux, des bouquets s'empilaient près d'un mémorial improvisé proche de la mosquée al-Nour.

"Je suis désolé que vous ne soyez pas en sécurité ici. Nos coeurs sont brisés par vos pertes", pouvait-on lire sur un mot déposé près des fleurs, a indiqué l'AFP.

Dans tout le pays, un élan de solidarité interconfessionnelle a été observé, avec des millions de dollars de dons, des achats de nourriture halal pour les victimes. Des Néo-Zélandais se proposent même d'accompagner les musulmans qui auraient peur de sortir.

"Mes enfants ont peur mais il faut faire front, en tant que communauté", confie Azan Ali, 43 ans, d'origine fidjienne, qui était dans la mosquée de Linwood avec son père au moment de l'attaque.

Trente-six blessés sont toujours hospitalisés, selon la police.

Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné Jacinda Ardern. Quatre Egyptiens, un Saoudien, un Indonésien, quatre Jordaniens et six Pakistanais figurent parmi les victimes.

Elle a précisé que le tireur avait amassé un arsenal et obtenu en novembre 2017 un permis de port d'armes. Elle a promis des réformes: "Je peux vous garantir que nos lois sur les armes vont changer".

Et selon l'ambassadeur du Maroc en Australie et en Nouvelle-Zélande, Karim Medrek, aucun ressortissant marocain ne figure parmi les victimes de l'attaque terroriste perpétrée contre les deux mosquées à Christchurch. "Nous nous sommes rendus aux différents hôpitaux de la ville de Christchurch où nous avons constaté qu'aucun ressortissant marocain ne figure parmi les victimes de cet acte terroriste", a affirmé l'ambassadeur du Maroc dans une déclaration à la MAP.

Même si ces attaques terroristes ont été unanimement condamnées à travers le monde. Des bêlements de quelques brebis galeuses se sont manifestés par-ci ou par-là à l'image de Catherine Blein, conseillère régionale de Bretagne apparentée à l'extrême droite, qui a suscité une vague d'indignation sur Twitter après avoir fait valoir la loi du talion pour expliquer le massacre de Christchurch. Et même si elle a supprimé son message, le président de la région a illico presto saisi le procureur pour poursuivre la conseillère pour son malencontreux commentaire.

Il convient de rappeler que la loi française prévoit de lourdes sanctions contre ceux qui font l'apologie des actes terroristes. La peine encourue est de 5 ans de prison, et 75.000 € d'amende. Et si les faits ont été commis via internet, la peine encourue est de 7 ans de prison, et 100.000 € d'amende.

En Australie également, le gouvernement a l'intention de déposer une motion de censure contre le sénateur d'extrême droite Fraser Anning, qui avait attribué l'attaque terroriste contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande à l'immigration musulmane.

"Ma coalition gouvernementale et le Parti travailliste (principal parti d'opposition, NDLR) ont accepté d'adopter une motion de censure bipartisane contre Anning quand le Parlement se réunira en avril prochain", a annoncé samedi le Premier ministre australien, Scott Morrison.

"Normalement, je ne voudrais pas donner de tribune à ses propos, mais je veux absolument dénoncer les déclarations du sénateur Anning (...) dans son attaque contre la religion musulmane", a ajouté Scott Morrison.

"Ces propos sont épouvantables et vilains, et ils n'ont aucune place en Australie ... encore moins au Parlement australien", a relevé le chef du gouvernement australien. "Franchement, il devrait avoir honte de lui-même", a-t-il ajouté.

Fraser Anning, un homme politique d'extrême droite de l'Etat du Queensland, a provoqué une large indignation après un tweet où il écrit: "Quelqu'un continue-t-il de contester le lien entre l'immigration musulmane et la violence?"

Anning a par la suite publié un communiqué dénonçant la fusillade, mais a insisté sur le fait que "la véritable cause de l'effusion de sang" est "le programme d'immigration qui permettait aux fanatiques musulmans d'émigrer en Nouvelle-Zélande".

Ses commentaires auraient également choqué un jeune adolescent de 17 ans, qui a approché le sénateur par derrière et lui a lancé un œuf sur la tête, lors d'une conférence de presse samedi à Melbourne.

Anning a plusieurs fois été l'auteur de déclarations racistes. En août dernier, il avait suscité un tollé pour avoir préconisé une "solution finale" - en l'occurrence un vote populaire - au "problème de l'immigration" et a recommandé un retour à l'ancienne politique discriminatoire dite de "l'Australie blanche".

A signaler, par ailleurs, que les autorités marocaines ont interpelé à Fès un jeune homme de 19 ans pour apologie d'actes terroristes après avoir publié un post sur Facebook dans lequel il soutient le carnage survenu en Nouvelle-Zélande.

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