19 Mars 2019

Maroc: Des hommes, des hommes ... il n'y en a que pour les hommes

Chassez la discrimination, elle revient au galop

La Journée internationale des droits de la femme, transformée au Maroc en festival des roses, chocolats et khmissat... a encore une fois cette année été l'occasion pour les dirigeants : chefs d'entreprise, ministres et autres directeurs d'organismes à but non lucratif, de prendre une pause avec leurs employées et de vanter leur présumée modernité sur les réseaux sociaux... Dix jours après, les roses ont fané, les chocolats ont fondu, et le plaqué or des khmissat a perdu de son éclat... qu'en est-il des droits de ces femmes ?

Nous pouvons continuer à nous gargariser des évolutions notables de la situation des femmes accédant à des fonctions autrefois réservées aux hommes (par les hommes). Mais la réalité est que le pouvoir dans l'administration et en entreprise reste dominé par des hommes qui se cooptent entre eux et empêchent sciemment les femmes de percer le plafond de verre.

Contrairement au passé, aujourd'hui, les meilleurs étudiants sont souvent des étudiantes, que ce soit en droit, en économie, en sciences, dans les écoles de commerce et d'ingénieurs, qu'au recrutement dans les grandes entreprises privées et publiques et dans les administrations, il y a presque autant de femmes que d'hommes, on continue à trouver très peu de femmes dans les postes de dirigeants.

Combien de femmes dévouées à leur poste pendant des années, ayant la reconnaissance de leurs pairs et même de leurs supérieurs, sont écartées des postes de direction, au profit d'hommes qui n'avaient rien à voir ni avec l'organisme ni même avec le secteur, mais qui appartenaient au cercle du dirigeant. Des hommes parachutés littéralement on ne sait d'où, qui récupèrent la mise et perpétuent la domination des hommes dans les postes de direction.

Combien de femmes n'ont pas pu accéder à un poste de responsabilité pour cause de grossesse, alors que le congé de maternité est de trois mois seulement, et que des grands groupes publics et privés au Maroc ont passé jusqu'à un an (soit quatre congés de maternité) sans avoir de directeur général...

Combien de femmes se sont même vu opposer leur condition physique de femmes pour ne pas les faire évoluer en entreprise, comme si c'était un combat de boxe ou un bras de fer réservés à la gent masculine.

Au niveau des salaires, les raisons avancées par les hommes pour justifier les inégalités sont encore plus désespérantes. Il est fréquent de voir un dirigeant refuser à une femme une augmentation au motif que son mari est riche et qu'elle n'a pas besoin d'argent, elle travaille pour la gloire ... ou justifier une différence salariale avec un collègue ayant le même poste par le fait qu'il a deux enfants à charge... Depuis quand les salaires sont-ils fixés en fonction des besoins des employés et non de leur mérite, de la nature du poste et non de leurs compétences ?

Les femmes sont déjà suffisamment défavorisées socialement par rapport aux hommes, pour ne pas rajouter une autre couche de discrimination dans le monde du travail.

Il est temps de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à cette discrimination. Alors Messieurs pour la prochaine Journée des droits des femmes, sachez que nous n'avons pas besoin de vos cadeaux et de vos remerciements, nous voulons des postes, nous voulons des salaires égaux, nous voulons ce que nous méritons.

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