18 Mars 2019

Cameroun: "Il faut que les consommateurs sachent que le pouvoir s'arrache"

Simon Kaldjob, président et porte-parole du Collectif des Organisation des consommateurs du Cameroun

Les consommateurs ont le sentiment que les associations censées défendre leurs droits ne servent pas à grand-chose. Cette assertion est-elle fondée?

C'est une perception populaire et je ne la partage pas parce que ce sentiment n'est pas fondé car les associations dans le cadre de leurs missions que sont : sensibiliser, éduquer, informer, faire des plaidoyers auprès des pouvoirs publics et dénoncer les abus et exactions faites au consommateur lors de la fourniture d'un bien ou d'un service. De manière générale à notre actif on peut observer des avancées et des victoires notamment la promulgation de la loi cadre du 6 mai 2011 portant protection du consommateur au Cameroun dont nous avons participé à l'élaboration, la validation depuis 2009 par les pouvoirs publics, des règlements de distribution publique de l'électricité et de l'eau.

Il y a aussi la participation active des leaders d' associations des consommateurs aux réunions de concertation tripartite au ministère du Commerce qui est une sorte de plateforme de veille de notre marché intérieur qui assurent la quantité, la qualité et des prix concertés des produits de premières nécessités. Nous avons également œuvré à la stabilisation des prix de certains produits de premières nécessités depuis quelques années. Notamment celui du KW de l'énergie électrique, des hydrocarbures malgré leur hausse sur le plan international. Sans oublier la participation active des associations des consommateurs dans les instances de prises de décisions à savoir le Conseil d'administration, Comités techniques, etc. L'implication au sein des comités techniques de l'ANOR à l'élaboration des normes pour assurer la qualité des biens et services. La validation récente des contrats types par le régulateur qui lient désormais les opérateurs au consommateur final, l'effectivité de la portabilité au Cameroun. Toutefois malgré ces victoires et avancées à leur actif, le consommateur fait face encore à beaucoup de problèmes.

Notamment dans le secteur de l'eau et de l'électricité dans le secteur des télécommunications et des Tic dans le secteur des transports, de la santé, des services financiers et bancaires bref dans tous les secteurs. Mais petit à petit nous avançons avec la collaboration étroite des pouvoirs publics. Il faut que les consommateurs sachent que le pouvoir s'arrache et qu'il est leur propre et premier gendarme. Il est vrai que dans chaque corps de métier il y a des " brebis galeuses" et le mouvement consumériste n'échappe pas à cette règle. Beaucoup y sont entré par effraction et transforme leurs associations en comptoirs de commerce et en brigades de contrôle et de répressions des fraudes en lieu et place de l'État. Dans le domaine de la téléphonie, de l'eau de l'électricité etc., les prix n'ont pas beaucoup baissé ces dernières années.

Que font les associations pour inverser la tendance ?

Les associations des consommateurs ne fixent pas les prix mais participent de manière concertée avec les autres acteurs à savoir les pouvoirs publics et les opérateurs à la fixation de certains produits de première nécessité. Il faut aussi que les uns et les autres sachent que nous sommes dans une économie libérale ou la fixation des prix est libre. Notre rôle est d'assister les pouvoirs publics dans la lutte contre la vie chère, quand on sait que le pouvoir d'achat dans notre pays est très bas. Mais il arrive aussi qu'on fasse des concessions bon gré mal gré afin de préserver la paix sociale et surtout ne pas tuer les industries qui consentent de lourds investissements et attendent des bénéfices. Les prix de ces produits sont parfois liés aux cours mondiaux et vous savez que le Cameroun importe un peu trop ce qu'il consomme et c'est l'occasion pour moi d'interpeller les pouvoirs publics à faciliter la production et la consommation locale de nos produits et alléger la pression fiscale qui risque tuer notre économie.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées sur le terrain ?

Les difficultés rencontrées sont de plusieurs ordres. Notamment le manque de moyens financiers plombant nos actions, l'absence de subventions aux associations par l'État. Il y a aussi l'inefficacité des associations dû au manque de spécialisation par secteur. L'absence de collaboration avec les opérateurs qui ferment parfois leurs portes aux leaders d"association. Le manque d'engouement, d'engagement et d'intérêt à adhérer dans divers associations donc les cotisations sont une source de revenus de fonctionnement ainsi que les lenteurs administratives dans la résolution des réclamations, requêtes et plaintes, les coûts élevés des procédures judiciaires.

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