19 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Lutte anti-corruption - Félix Tshisekedi suspend l'installation des Sénateurs élus et instruit le PGR à frapper !

L'heure de la tolérance semble être révolue, avec l'avènement de Tshisekedi fils à la tête des institutions congolaises, fin janvier 2019. Les 100 Sénateurs nouvellement élus ne fouleront pas l'hémicycle de la Chambre Haute du Parlement congolais, avant que le Procureur près la Cour de Cassation, ne dise le droit quant au dossier fâcheux de la corruption massive ayant, selon plusieurs sources, émaillé les sénatoriales.

Il ressort de la réunion interinstitutionnelle présidée par le Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, le lundi 18 mars dernier, que l'élection des Gouverneurs de 26 provinces du Congo-Kinshasa n'aura plus lieu, dans le délai fixé par l'almanach de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, soit le 27 mars courant. D'aucuns diraient que le PGR, Kabange Numbi, avait raison lorsqu'il demandait à Corneille Nangaa, Président de la CENI, de surseoir à ces élections qui font jaser jusqu'ici. Que triomphe la Justice au détriment de l'arbitraire et l'impunité.

Qui vivra verra

Il est si tôt de crier la victoire et de sabler le champagne, du moins, pour les candidats sénateurs accusés d'avoir corrompu les députés provinciaux, afin de rafler des sièges à la Chambre Haute du Parlement congolais. Ces élus provinciaux qui, tentés par l'esprit d'enrichissement sans cause à l'espace d'un feu de paille après leur élection, ont de quoi serrer la ceinture à leur tour. Car, à tout prendre, ils ne devront pas être épargnés et dormir sur leurs lauriers, après leur comportement suicidaire vis-à-vis du souverain primaire qu'ils représentent dans les Assemblées provinciales. D'ailleurs, André Alain Atundu, Porte-parole de la majorité parlementaire, jadis Majorité Présidentielle, a déjà saisi pour ce qui le concerne, la Justice pour réclamer des sanctions sévères contre quatre députés provinciaux de la Mongala.

Tolérance zéro

Le dossier est, sans nul doute, à prendre au sérieux. Car, en effet, le Président de la République, Magistrat suprême et Garant du bon fonctionnement des institutions, Félix Antoine Tshisekedi a carrément décidé de suspendre l'installation du bureau provisoire du Sénat dans lequel aurait figuré Francine Muyumba, qui est du reste, la Benjamine de la présente législature. Dans tous les cas, plusieurs têtes valables, que ce soit au FCC, LAMUKA comme parmi les indépendants, pour ne pas citer les trois élus du CACH, pourraient vraisemblablement être élaguées de la liste des élus, et ainsi se retrouver en prison, la loi oblige. Visiblement, Tshisekedi fils emboite les pas de son Feu père et tient mordicus à combattre l'impunité et surtout la corruption qui, contre toute attente, semble s'être enracinée dans les habitudes de certains hommes politiques, et dans la population. Il y a donc lieu d'espérer que la tolérance zéro, dans son appréhension pragmatique, pourrait être au rendez-vous, conformément au vœu tous azimuts de congolais, à l'interne comme à l'externe du pays.

Et si l'on écoutait le PGR ?

Force est d'indiquer que le cri d'alarme du Procureur près la Cour de Cassation, Flory Kabange Numbi, à quelques encablures de la tenue des Sénatoriales, les désolations exprimées par plus d'un candidat sénateur dont le Premier Ministre honoraire Mabi Mulumba, et les Ministres Steve Mbikayi ainsi que Justin Bitakwira et Cie, n'ont pas été vains, semble-t-il. Appelé à prendre ses responsabilités, non pour plaire à sa base qui a continué à battre le pavé pour décrier l'échec de l'Udps à ces élections, mais pour donner un signal fort « que la corruption n'a plus sa place dans l'actuelle société », Félix Tshisekedi n'a pas osé annuler les sénatoriales ; mais a suspendu l'installation du bureau provisoire.

Il faut noter, pour ce faire, qu'il a dû instruire la CENI à recaler la prochaine élection des Gouverneurs de province. Après Lumeya Dhu-Maleghi, désormais Ministre honoraire des Affaires foncières, l'ancien DG de la SCTP dit Ex-Onatra, Mukoko Samba et son adjoint, ainsi que le numéro Un de l'autorité de régulation des Postes et Télécommunications, qui venaient d'être suspendus et dont la Justice est en train de s'occuper ; il va sans dire que la liste sera longue. Dossier à suivre.

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