19 Mars 2019

Sénégal: Occupation anarchique des trottoirs à Dakar - Un laisser-aller après des series de deguerpissement, sans lendemain

Il est très difficile de se déplacer à pied dans certaines routes et rues de Dakar. Les trottoirs ont quasiment disparu parce que tout simplement occupés par des marchands ambulants qui ont fini de transformer des intersections et autres axes très fréquentés en marché. Ce qui entrave la fluidité de la circulation, poussant aussi les piétons à partager les voies avec les automobilistes

12h50 au rondpoint Liberté 6. Le soleil est accablant. Ce coin de la capitale grouille d'une foule cosmopolite.

Entre automobilistes qui cherchent à se frayer difficilement un passage, des piétons qui se faufilent entre les voitures, des marchands ambulants et tabliers qui ceinturent presque le rond-point, c'est le branle-bas.

En effet, les trottoirs qui étaient réservés aux piétons sont occupés à ce niveau par les marchands ambulants rendant difficiles la circulation aussi bien pour les personnes que les automobilistes. «Cette situation est anarchique», dit Abdou Gaye, un chauffeur de taxi-clando.

Et de poursuivre: «les marchands ambulants sont à l'origine de ce calvaire. Ils occupent les trottoirs qui étaient réservés aux passagers. On perd beaucoup de temps à cause de cette situation», a-t-il déploré.

Selon lui, la mairie de Grand-Yoff est le principal responsable car, «c'est à cause des taxes que la mairie n'a pas voulu déguerpir ces occupants», se plaint-il. Cheikh, un jeune marchand ambulant de 19 ans, est l'un des rares commerçants à se prononcer sur le sujet.

Trouvé à quelques mètres d'Abdou, il vend des pommades. Sa petite cantine en bois est installée presque sur le trottoir. Il est conscient des risques de cette cohabitation avec des véhicules. «On est ici depuis un bon de temps.

Souvent, les autorités nous menacent d'un éventuel déguerpissement; mais on est toujours là», a laissé entendre ce jeune commerçant. Qui sollicite un lieu de recasement.

«Un centre commercial c'est notre rêve, il sera la bienvenue parce que la fumée des voitures est dangereuse pour notre santé». Un peu plus loin, à la Patte d'Oie, plus précisément à côté de la passerelle qui est en face du centre de santé Nabil Choucair, c'est le même scénario.

Vendeurs de fruits, de friperie, de téléphones portables et accessoires, bref de toute sortes d'articles et produits déroulent leurs activités, sans inquiétude. Ils occupent tous les trottoirs de cette partie de la route de l'aéroport de Dakar Yoff.

Même la passerelle construite pour permettre aux piétons de traverser cette route nationale en toute sécurité n'est pas épargnée. Mais pas en toute quiétude car ils sont obligés de surveiller les descentes musclées des agents de la municipalité qui interdisent l'occupation de ce passage à niveau.

«Ces agents nous interdisent la vente sur la passerelle. S'ils t'attrapent, tu paies des amendes allant de 3000 jusqu'à 12000 F Cfa. On sait que cette occupation et illégale, mais on est obligé de le faire parce que ce lieu a plus de clients», a fait ce jeune, la vingtaine, sous le couvert de l'anonymat.

Cap sur l'avenue Cheikh Anta Diop, où en 2013 les services de la mairie de Dakar avaient démoli des dizaines de cantines érigées de manière anarchique.

Si cette opération avait facilité la fluidité de la circulation, force est de constater qu'aujourd'hui, c'est l'anarchie et le calvaire au quotidien du couloir de la mort de l'UCAD à l'hôpital Fann.

Pour Adama Ndao, étudiant à la Faculté des Sciences et Techniques, «la route doit être dégagée parce que c'est le passage piéton qui est occupé par les vendeurs».

L'étudiant en deuxième année de Doctorat Math-Physique qui ne cautionne pas le prétexte de «gagne-pain» en appelle à un changement de mentalités. «Il ne faut pas que les gens regardent leurs propres intérêts, mais il faut aussi penser aux autres.

Barrer les trottoirs aux passagers, ça peut créer des accidents et on a vu ça ici... Si j'étais une autorité qui a une décision sur ça, je les ferais déguerpir sans hésiter parce qu'il faut penser aux conséquences».

Pour cet étudiant, l'incendie de Petersen suffit pour donner des exemples. «Le cas du marché Petersen en est une belle illustration», explique Adama Ndao, soulignant que même si les marchands ambulants de l'avenue Cheikh Anta Diop n'utilisent pas des produits inflammables, mais ils peuvent être à l'origine d'accidents.

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