19 Mars 2019

Sénégal: Désengorgement des artères de Dakar - Quand les autorités pêchent dans le suivi

Les grandes voies de Dakar, transformées en lieux de commerce ou marchés pour beaucoup de jeunes, ont été à plusieurs reprises nettoyées et vidées de leurs occupants. Cependant, faute d'un suivi nécessaire de la part des autorités, les déguerpis finissent par retourner sur les lieux.

L'incendie du marché de la gare de Petersen de vendredi dernier, le deuxième en l'espace de quelques mois, rappelle d'autres événements tragiques qui ont eu lieu dans la capitale sénégalaise.

Le parc Lambaye a pris feu l'année dernière. Le dénominateur commun de tous ces incidents malheureux est une occupation anarchique de l'espace public. Les autorités étatiques et municipales réagissent souvent, mais elles ne vont pas jusqu'au bout de leur logique.

En 2002, le gouverneur de Dakar d'alors, Saliou Sambou, avait lancé un ambitieux programme de désencombrement et de salubrité de la capitale pour l'amélioration du cadre de vie des populations. Il s'était même fixé comme date butoir le 4 avril 2002, jour anniversaire de notre indépendance pour redonner à Dakar son lustre d'antan.

Et, en l'espace de quelque semaines, tout Dakar, surtout les grandes artères, respirait jusqu'à Mbao, en passant par Post Thiaroye, bountou Pikine, croisement Cambérène, Colobane et le marché Sandaga.

Malheureusement, il payera les frais de son engagement. Suite à une manifestation des marchands ambulants, il quittera le poste de gouverneur de Dakar parce que promu directeur de Affaires générales et de l'Administration territoriale au ministère de l'Intérieur.

En 2007, le gouverneur Amadou Sy a été aussi victime du même sort. Il a été limogé et affecté à Kaolack, en même temps que le préfet de Dakar de l'époque, Mamadou Dia, muté à Mbour. Ils sont tous deux des victimes de la colère des marchands ambulants qui avaient violemment manifesté leur mécontentement.

En 2013 l'ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, avait manifesté la ferme décision de déguerpir tous les occupants de la voie publique. «Il faut qu'ils comprennent qu'ils doivent quitter. Je le précise, personne ne restera là-bas. Tous les tabliers qui sont aux alentours de Sandaga vont être déplacés.

Nous allons enlever tout le monde jusqu'à l'avenue Faidherbe. Cette ville, il faut la reconstruire. On ne peut faire du sentimentalisme là-dessus», avait-il dit. Mieux, Khalifa Sall, s'était engagé à aller jusqu'au bout de sa logique quitte à payer un prix politique.

C'est ainsi que, même après de nombreuses manifestions, l'ancien maire de Dakar est revenu à la charge. Mais, quelques temps après, les marchands ambulants sont revenus dans les lieux interdits.

D'autres autorités notamment le préfet de Dakar et le maire de Plateau ont aussi pris des mesures, sans qu'elles n'aboutissent aux résultats attendus. Aussi les abords de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont été interdits aux commerçants. Actuellement, les commerces y florissent.

A Pikine, des mesures ont été prises pour sécuriser le parc Lambaye, suite à l'incendie, sans que l'accompagnement nécessaire ne suive.

Toutes ces remarques pour dire qu'au Sénégal, on est toujours réactif, c'est-à-dire prompt à prendre des décisions après des incidents malheureux, mais l'accompagnement nécessaire n'est pas apporté.

Sénégal

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