19 Mars 2019

Tunisie: Un intérêt central pour la formation

Dans la salle «Le Palace», fraîchement réaménagée, et en présence d'invités, de jeunes cinéphiles, de professionnels du cinéma et du public, la soirée d'ouverture officielle, animée par la jeune actrice Selma Jalel et l'animateur de radio Ghazi K'halil, improviseur, a été marquée par la spontanéité et quelques hésitations dans l'organisation.

Toutefois, au fil de la présentation du programme, il s'avère clairement que la formation et l'éducation au cinéma, à son langage et à ses techniques sont au cœur des préoccupations des organisateurs, des dirigeants, des animateurs et des responsables du festival, puisque 30 ateliers de formation accueilleront 300 élèves et étudiants de Sousse et ses environs.

Parmi les animateurs et formateurs, Mohamed Larbi Kedidi, figure de proue, pure et dure, de la cinéphilie à Sousse et du Fifej, est monté sur la scène en tant que responsable de «l'Ecole de cinéma» qui compte une dizaine d'ateliers.

Hatem El Fezaâ, très applaudi, responsable de la rencontre internationale, a annoncé, de son côté, la mise en place d'ateliers internationaux de formation. Après cet hommage dédié à tous les responsables volontaires et bénévoles du Fifej, les animateurs de la soirée ont édifié le public présent sur la teneur de cette 13e édition qui offrira au public un programme varié et diversifié de 80 films, entre les compétitions internationale, nationale et régionale et les «films du monde», les débats et enfin le colloque international qui agitera le thème «Image et manipulation» et sera animé par Marwan Kilani.

Place maintenant aux jurys qui ont été tous présentés au public: le jury international composé des jurés Nahed El Sebaï, actrice égyptienne, Felix Vanginderhuyssen de Belgique, Linda Belkhiria, Tuniso-Algérienne, et présidé par Adem Fethi, poète et écrivain, qui, prenant la parole, a rappelé l'importance du cinéma de nos jours, «car il réunit tous les autres arts, et donne libre cours à l'imagination et à l'expression créative».

Et d'ajouter : «Les peuples ont compris l'importance du 7e Art et chez nous, nous avons eu la chance que des seniors parmi les pionniers nous aient encadrés dans les cinéclubs. J'espère que cela se poursuivra dans les établissements scolaires et les universités et, qu'à l'image d'autres pays, le cinéma sera enseigné comme une matière à part entière dans tous les établissements scolaires et universitaires afin d'apprendre aux enfants et aux jeunes l'art du spectacle qui fait partie de notre vie».

Le président du jury national, le réalisateur Anis Lassoued, n'a pas caché, lui, sa joie d'être sur la même scène où, 13 ans plus tôt, il avait reçu «Le prix du meilleur court-métrage» pour son film «Saba Flouss» tout en souhaitant découvrir de bons films.

Enfin, prenant la parole, le directeur du Fifej, Hassen Alilèche, a focalisé, dans son mot de bienvenue, sur «les conditions difficiles dans laquelle cette session a été organisée». Tout en rendant hommage aux jeunes bénévoles. «C'est grâce à leur volonté et détermination que cette session a lieu actuellement». Et de remercier, ensuite, toutes les parties et institutions qui ont soutenu le festival, tels le ministère des Affaires culturelles, le Cnci, la municipalité de Sousse, les délégations régionales de la culture et de la jeunesse et des sports de Sousse, ainsi que le député Ahmed Saïdi, le distributeur et exploitant Lassaâd Goubantini et le producteur Néjib Ayed. Ainsi, entre un certain flottement sur le plan de l'organisation, dont le faux bond du musicien, pourtant annoncé sur scène mais qui, à l'évidence, a posé un lapin à l'équipe du festival, et l'absence des invités égyptiens et syriens «qui arriveront plus tard pour des raisons de visa», selon le directeur du Fifej. Les présentateurs n'ont pas pris le temps de donner plus d'informations sur l'ensemble du contenu du programme au public présent : le nombre de films, des invités, des pays représentés, etc.

Autres remarques : la salle du «Palace» d'une contenance de 400 places, pas tellement pleine cette soirée-là, aurait pu accueillir plus de jeunes spectateurs. C'est pourquoi, pour la période qui reste, il faudrait que le Fifej utilise tous les moyens de promotion et d'incitation à la fréquentation des trois espaces de projection afin de «faire salle comble» durant cette fête du cinéma dédiée, notamment, aux enfants et aux jeunes. Conscient de ces ratés, le directeur du Fifej a sollicité la compréhension des festivaliers et du public tout en présentant des excuses anticipées à tout ce qui pourrait advenir comme difficultés au fil de la manifestation qui mérite, tant elle a œuvré depuis sa création, à l'éveil des enfants et des jeunes à l'art du cinéma et de bénéficier d'un soutien financier plus important.

Le film d'ouverture «Gunshot» (Iyar Nari) l'Egyptien Karim Chennaoui a donné le coup d'envoi de cette fête du cinéma.

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