Mozambique: L'aéroport de Beira aménagé en centre opérationnel d'urgence

Distribution de nourriture à Beira, au Mozambique. Dans cette école transformée en refuge, 70 familles ont reçu de la nourriture du PAM. La plupart d'entre eux ont dû quitter leurs domiciles endommagés par le cyclone.

C'est l'urgence, après le passage du cyclone Idai en Afrique australe. La catastrophe a déjà fait au moins 98 morts au Zimbabwe, selon un bilan provisoire du ministère de l'Information. Même situation au Mozambique où le président Filipe Nyus évoquait, lundi, déjà 84 morts, estimant qu'on pourrait atteindre la barre des 1 000 victimes. Pour éviter de franchir ce cap, les sauveteurs sont encore à pied d'œuvre.

Beira, la deuxième ville du Mozambique, qui compte près d'un demi-million d'habitants, a été véritablement dévastée par le cyclone. D'autant qu'il a été suivi de pluies torrentielles qui ont fait déborder le lit de plusieurs rivières.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge parle de 90 % de Beira et ses alentours endommagés ou détruits. La réponse humanitaire s'organise : sauver ceux qui peuvent encore l'être et qui sont isolés, et aider les survivants. Pour cela, l'aéroport a été aménagé en centre opérationnel d'urgence.

« La région a été presque complètement isolée du monde depuis le cyclone. Il n'y a pas d'électricité, pas de télécommunications ici. Les routes sont inaccessibles », raconte Déborah Nguyen du Programme alimentaire mondial (PAM).

Des vivres distribués en urgence

C'est d'ailleurs le Programme alimentaire mondial qui est responsable du secteur télécommunications et logistiques. Dans cette réponse, il se coordonne avec les autres organisations humanitaires présentes sur le terrain.

Le PAM apporte aussi une réponse matérielle depuis lundi. « On a distribué ce qu'on appelle des "corn soya blend", qui est une espèce de farine qui permet de faire du porridge qui fortifie, avec des vitamines et des nutriments pour les personnes hébergées en centres d'hébergement temporaire. Et pour les personnes qui sont coincées par les inondations, on a affrété des hélicoptères pour leur envoyer de l'aide, donc de l'eau, des couvertures et également des biscuits à haute valeur énergétique », explique Déborah Nguyen.

La priorité est, encore et d'abord, de répondre à l'urgence. Les dégâts seront, c'est certain, colossaux. Le gouvernement mozambicain parle de la plus grande crise humanitaire de son histoire. Il compte aujourd'hui sur l'aide internationale pour faire face. L'Organisation mondiale de la santé annonçait notamment ce mardi matin l'envoi d'une mission d'évaluation dans la région.

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