19 Mars 2019

Burkina Faso: Présidentielle-législatives de 2020 - L'Opposition politique refuse toute idée de découplage

Au cours d'une conférence de presse tenue le 13 mars dernier, le Mouvement burkinabè des Droits de l'Homme et des peuples (MBDHP) a déclaré qu'il y a eu des exécutions sommaires dans une opération des FDS qui avait permis de tuer 146 terroristes dans les localités de Kain et environnants.

Sur la question, l'opposition politique, tout en réaffirmant son soutien aux FDS dans la guerre contre le terrorisme, dit être contre toute exécution sommaire ou extrajudiciaire parce qu'elle comporte des risques énormes d'erreurs et peut être utilisée comme instrument de règlements de comptes ciblant des individus ou des groupes.

A entendre le président du Print-Lannaya, Mamadou Kabré, à ce stade, l'opposition ne dispose pas d'éléments pour conforter ou rejeter le rapport du MBDHP. Elle souscrit donc à l'idée du gouvernement d'ouvrir une enquête pour savoir ce qui s'est passé. Pour l'opposition, le MBDHP et le gouvernement doivent se concerter afin de permettre que, s'il y a eu des erreurs dans l'exécution des missions de nos FDS, que ces dernières puissent être corrigées.

S'agissant du passage à la Ve République, l'opposition dit n'avoir exercé aucune pression sur le président Kaboré pour qu'il décide de choisir la voie référendaire contrairement au MPP qui avait fait croire à l'opinion nationale que, «c'est l'opposition qui refusait la voie parlementaire». «L'idée du référendum a été un point inscrit dans le programme de la plupart des candidats à la présidentielle de novembre 2015, et Roch Kaboré étant élu président, veut effectivement répondre à son engagement. Il lui appartient de décider de ce qu'il veut faire du travail qui a été fait par le Conseil Constitutionnel. Nous n'avons pas à imposer au Chef de l'Etat une conduite par rapport à l'adoption de la Constitution. Il doit pouvoir prendre la mesure si oui ou non est ce opportun d'aller à la 5e République. C'est à lui de répondre et non à l'opposition de lui imposer la conduite à tenir. Il a pris sa décision librement et en connaissance de cause» a précisé le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumali Lompo.

L'inquiétude de l'opposition est de savoir quand est ce que ce référendum aura lieu étant donné que la nouvelle Constitution sera adoptée par voie référendaire. Pour l'opposition, il est hors de question de découper les élections législatives et présidentielle de 2020. Car, selon les explications de M. Kabré, «si l'on retarde l'élection des députés, le Président élu risque de n'avoir pas la majorité pour gouverner ce qui entrainera une crise institutionnelle. Si suite à cette crise, l'Assemblée nationale est dissoute, cela accentuera la crise et entraînera des dépenses de plusieurs milliards pour organiser de nouvelles élections législatives».

Pour ce qui est du vote de la loi plafonnant le fonds commun à 25%, le gouvernement a invité les banquiers à ne faire aucune ponction pendant un semestre. Cette loi était censée clore le débat mais, des remous se font sentir au Minefid. Pour l'opposition, le gouvernement aurait dû avoir ce nécessaire dialogue avec les syndicalistes et les banquiers pour voir comment les fonctionnaires qui ont pris des prêts sur le fonds commun pourraient éponger leurs dettes. «Le moratoire d'un semestre n'est pas une solution mais un report du problème» a affirmé M. Kabré

Par ailleurs, le 2 février dernier, la Coordination nationale des syndicats de l'éducation (CNSE), annonçait la suspension de son mouvement pour deux mois. A l'approche de l'échéance (fin mars 2019) et surtout à l'approche des examens de fin d'année, l'opposition invite le gouvernement à respecter sa parole donnée et à remplir sa part de contrat vis-à-vis du monde de l'éducation. «Nous ne souhaitons pas qu'il y ait une quelconque perturbation des examens de fin d'année à cause du dilatoire habituel de nos dirigeants» s'inquiète M. Kabré et le président du PNDS d'ajouter: «S'il n'y a pas eu d'accord, qu'il(le gouvernement) le dise aussi».

Sur toutes ces différentes questions de crises, le Cfop préconise le dialogue comme solution.

Burkina Faso

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