20 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Le FCC conteste Félix Tshisekedi

Partenaires autour d'un accord de « cogestion », le bateau FCC- CACH traverse une mer très agitée. La remise en cause des résultats des sénatoriales du 15 mars et le du report sine die de l'élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces, auront été cette goutte qui a fait déborder le vase.

Le FCC est sorti de ses gonds pour dénoncer ouverte plante ment une violation intentionnelle de la Constitution. Cette contestation ouverte de Félix Tshisekdi par le FCC plante le décor d'une crise au sein de la coalition au pouvoir.

Après la présidentielle du 30 décembre 2018, sanctionnée le 9 janvier 2019 par la victoire de Félix Tshisekedi, le FCC (Front commun pour le Congo) et le CACH (Cap pour le changement), coalition qui a porté la candidature de Félix Tshisekedi, ont convenu de convoler en justes noces autour d'un accord de « cogestion » pendant les cinq prochaines années.

Alors qu'on s'attendait à la nomination d'un informateur, dans la perspective de la nomination d'un Premier ministre, le FCC et le CACH avaient pris tout le monde en élaguant cette question par la voie d'un compromis. Selon le communiqué diffusé à l'issue de ces échanges, qui se sont déroulés du 4 au 6 mars 2019, les deux parties ont indiqué qu'« il se dégage que le Front commun pour le Congo détient, de manière documentée, la majorité absolue à l'Assemblée nationale au sens de l'article 78 alinéa 1er de la Constitution ». Par conséquent, les deux parties enjoignaient d'un côté, « à l'autorité morale du FCC, le président honoraire Joseph Kabila, d'accomplir les devoirs de sa charge permettant au chef de l'Etat de procéder à la désignation du formateur du gouvernement », et de l'autre, « au président de la République de nommer diligemment ledit formateur du gouvernement ».

Comme pour sceller le pacte censé les lier pour les cinq prochaines années, les deux plateformes politiques ont affirmé « leur volonté commune de gouverner ensemble dans le cadre d'une coalition gouvernementale ». C'était donc parti pour une belle collaboration mais, le premier couac d'une coalition présentée comme étant extrêmement solide est apparu avec les élections des bureaux définitifs de 24 assemblés nationales. Sans se soucier de son partenaire, le FCC s'est emparé de la direction de 20 assemblées provinciales, ne laissant qu'une seule au CACH. Les premières frictions du pacte du 6 mars 2019 étaient déjà visibles.

La débâcle du CACH, plus particulièrement de l'UDPS, parti politique de Félix Tshisekedi, aux sénatoriales du 15 mars 2019, est venue plutôt précipiter la désintégration d'une coalition mise à l'épreuve des faits. C'est dans la rue que l'UDPS a manifesté, comme elle en avait souvent l'habitude. Sa colère était tel qu'elle a créé la désolation partout où ses militants sont passés.

De mal en pis, lundi dernier, la réunion interinstitutionnelle est venue secouer davantage le socle de la coalition CACH-FCC. Raison, ladite réunion que dirigeait le président de la République, s'est penchée sur les graves soupçons nés des résultats des sénatoriales. En conséquence, trois mesures ont été prises, dont le gel de l'installation du nouveau Sénat et le report à une date ultérieure de l'élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces.

Le FCC sort ses griffes

Au FCC, les décisions de la réunion interinstitutionnelle ont suscité une levée de boucliers. Le FCC, partenaire de cogestion de CACH, a vite crié à une violation intentionnelle de la Constitution. Il a directement dénoncé les intentions malveillantes de son partenaire, le CACH, à faire dérailler le processus électoral jusqu'à « entraver » la mise en place de nouvelles institutions.

Est-ce à dire que le FCC est sur la voie de retirer sa signature du nouveau pacte conclu le 6 mars 2019 avec le CACH ? En tout cas, au regard de l'évolution de la situation politique sur le terrain, on n'est plus loin d'un tel cas de figure.

A tout prendre, le FCC est dans tous ses états. Si son autorité morale garde encore son calme, certains de ses cadres n'excluent plus l'hypothèse de reconsidérer leur partenariat avec le CACH. En contestant ouvertement le président Félix Tshisekedi, le FCC a prouvé qu'il n'hésiterait plus à rompre définitivement avec le camp du président de la République. Il y a véritablement des étincelles en l'air.

Le nouveau pacte FCC- CACH du 6 mars 2019 n'aura donc tenu un mois. Il faut craindre qu'une crise institutionnelle de forte amplitude ne naisse à la suite des décisions du 15 mars 2019. Au point de remettre en cause toute la crédibilité du cycle électoral, depuis la présidentielle du 30 décembre 2018 jusqu'aux sénatoriales contestées du 15 mars 2019.

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