19 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Marie-Madeleine Kalala - «Ce que l'homme peut, la femme le peut aussi»

Avocate de droit des femmes, Coordonnatrice nationale des causes communes, qui est une plateforme « Kola » pour la défense des droits des femmes, vice-présidente du Cadre de concertations nationales de la Société civile, Mme Marie-Madeleine Kalala est une activiste des droits de l'homme et, plus précisément, la défense des droits de la femme.

C'est sous cette casquette qu'elle a répondu favorablement à l'invitation de la Coordination estudiantine de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication, IFASIC, en tant que modératrice principale. Ce colloque qui a pour thème « comme eux, elles peuvent », a débuté le lundi 18 mars 2019 et a pris fin hier, mardi 19 mars 2019.

En effet, c'est dans l'optique d'outiller la jeune fille et la femme dans la prise de conscience de son rôle que la Coordination estudiantine de l'IFASIC a pris l'initiative d'inviter des femmes ayant marqué d'une manière ou d'une autre leur histoire dans le pays, et pourquoi pas dans le monde.

Il s'agit, en l'occurrence de celles ayant réussi à se construire une image forte, pour que ces dernières boostent les jeunes étudiantes à faire mieux dans leur vécu quotidien pour être utiles à la société, et à leur faire comprendre que comme les hommes, elles peuvent aussi faire des grandes choses. Parmi ces femmes, figurait l'avocate Madeleine Kalala, une activiste chevronnée des droits de l'homme, qui s'est démarquée dans son statut de femme, en se battant et en suant eau et sang pour arriver à se faire entendre, dans un environnement où quasiment tout ne se jouait qu'autour de l'homme.

Dans son mot, elle a insisté sur le fait que l'homme et la femme étaient égaux. «Dieu a dit qu'il donnera une aide semblable à l'homme», a-t-elle paraphrasé le récit biblique de la création. Pour cette dame battante, le message clé durant ce mois de la femme est le même : la femme ne doit jamais se gêner devant l'homme ; car ce que l'homme peut, la femme le peut aussi. Soutenant ce point de vue, Mme Kalala met, cependant, en garde tous ceux qui parlent de la supériorité de l'homme face à la femme en matière de force.

«Tous ce que l'homme peut faire, aujourd'hui la femme le peut aussi... la science et la technique sont tellement poussées qu'à l'aide d'un engin, actuellement, une femme peut porter des tonnes de choses, comme l'homme... Ce qui veut dire que la force physique seule ne suffit plus comme argument», a-t-elle susurré. C'est la tête, clame-t-elle ; et il y a beaucoup de femmes hyper intelligentes, il suffit seulement qu'elles se découvrent elles-mêmes et qu'elles bravent la peur, qu'elles cessent de se considérer d'inférieures.

Egalité homme-femme

«Il faut aujourd'hui bannir cette ancienne construction sociologique selon laquelle, l'homme est le chef de la famille et que la femme est faite pour la maternité et de ce fait, son rôle c'est de s'occuper seulement du foyer, point barre», vocifère Madeleine Kalala. Pour cette dame de fer, la femme peut aujourd'hui gérer le monde, ensemble avec l'homme. Elle participe aussi au développement de la société, surtout qu'elle supporte fort le poids de ce qui se fait dans le monde, mais sans grand-chose en retour.

Ensuite, renchérit-elle, en ce qui concerne la parité au Congo, surtout dans le domaine politique, il faut qu'il y ait une plus grande remontée politique en ce qui concerne les nominations des femmes, au niveau des responsabilités... « Parce qu'on nous renvoie toujours au vote, aux institutions législatives, nous sommes d'accord mais tout le monde ne va pas en politique. Et quand bien même, il faut le temps à la femme de combler cet écart qu'il y avait entre elle et l'homme, qui s'est créé tout au long de ces années mais, au moins, au niveau des nominations, que l'on reconnaisse les compétences féminines, que l'on ne continue pas de considérer le pouvoir comme un club d'amis, c'est-à-dire, un club entre hommes, là où les responsabilités se marchandent...

Hormis ces recommandations et ses mots de sensibilisation, Madeleine Kalala s'est exprimée sur sa lutte concrète dans le cadre non seulement de sensibilisation, mais de l'accompagnement de la femme dans la matérialisation de la parité en tant que plateforme. Il y a de cela 30 ans bientôt, a-t-elle révélé. « Notre plateforme est une plateforme de plaidoyer... Nous sommes là pour nous battre et les résultats que vous avez aujourd'hui, sont les conséquences de ce combat que nous menons, maintenant depuis bientôt 30 ans. Le fait que la parité soit inscrite et autre, c'est avec d'autres femmes que nous avons mené ce combat, donc voilà déjà quelque chose de concret », a-t-elle expliqué la grande structure à laquelle elle appartient.

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