7 Mars 2019

Cameroun: Propos surprenants

Les récents propos sur le Cameroun, tenus par le sous-secrétaire d'Etat américain en charge des Affaires africaines, Tibor Nagy, ont surpris grandement les observateurs avertis de la scène politique nationale. Essentiellement du fait des inexactitudes énoncées par ce haut responsable et qui traduisent à l'évidence une méconnaissance des réalités de notre pays. Au point que d'aucuns ne pourront s'empêcher d'y voir un parti pris inexplicable, voire une appréciation volontairement biaisée de la situation. Tant les faits vécus au quotidien sur le terrain contredisent son analyse.

Comme tout Etat jaloux de sa souveraineté, le Cameroun se fait le devoir régalien de veiller envers et contre tout à protéger son intégrité territoriale. Cela implique notamment qu'il puisse garantir à tous ses ressortissants et autres résidents à l'intérieur des frontières nationales la sécurité à laquelle les uns et les autres ont droit. Dans cette optique, il n'est pas tolérable qu'un groupe de citoyens, quelles que puissent être leurs motivations, en vienne à s'attaquer aux biens et édifices publics. Et bien plus, à se livrer à des atrocités inqualifiables sur de paisibles populations.

Un des cas les plus révoltants dans ce registre étant cette attaque récente contre l'hôpital de district de Kumba, qui s'est soldée par la mort de quatre personnes, dont deux malades brûlés vifs dans leurs lits. Un acte criminel sans nom. Il importe de relever qu'à la suite de certaines revendications corporatistes et politiques expri mées il y a quelque temps, le chef de l'Etat Paul Biya, avait pris une série de mesures dans un souci d'apaisement. Il en est ainsi de la création d'une section de la Common Law à l'Enam et d'une chambre correspondante à la Cour suprême.

De même qu'ont été mis sur pied la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme et le Plan d'urgence humanitaire pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui a déjà bénéficié à plus de 60.000 personnes. Sans compter la création du Comité de désarmement, de démobilisation et de réinsertion en faveur des miliciens qui déposeraient les armes pour se réconcilier avec la légalité.

Par ailleurs, 343 personnes arrêtées dans le cadre des exactions dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont été élargies sur prescription du chef de l'Etat, dans un souci d'accalmie. C'est dire toute l'attention portée par le président Paul Biya dans la gestion de cette crise qui met fortement à mal l'édifice d'intégration de la nation, fruit d'un précieux héritage ponctué de sacrifices incommensurables. Cet édifice est perfectible certes. Pour autant, les Camerounais épris de paix et de justice ont tout lieu d'être fiers des progrès accomplis sur la voie du vouloir vivre ensemble dans une diversité incomparable en Afrique.

Ainsi, lorsque le responsable américain semble s'indigner que les gouverneurs des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest soient francophones, il ignore ou occulte que dans le même temps deux autres régions du pays - dont celle qui abrite les institutions - le Centre, et l'Ouest sont dirigées sans encombre par des gouverneurs d'expression anglaise. Quant au dialogue tant préconisé, il s'inscrit dans les préoccupations permanentes du chef de l'Etat et des autorités gouvernementales.

Sauf qu'en la matière, il n'y a pas d'étalon, de modèle standard pour s'écouter et se parler. Le respect dû au peuple camerounais commande que les pays amis, se gardent de lui en imposer le format et les conditions. Pour le reste, le Cameroun dispose d'institutions telles que voulues par ses populations. Ces institutions fonctionnent normalement et méritent le respect des citoyens, des pays amis et de tous nos partenaires. On ne peut affirmer son attachement à la démocratie et encourager que soient foulés aux pieds les règles et fondamentaux qui en constituent le socle. La liberté d'opinion et d'expression représentent un acquis irréversible du Cameroun.

On se rappelle que le président Paul Biya n'a eu de cesse de rappeler depuis son accession à la magistrature suprême qu'il n'était plus besoin de prendre le maquis ou de s'exiler pour s'exprimer. Cependant, la démocratie n'est et ne saurait être synonyme ni d'anarchie, ni de libertinage. Et cela, les sécessionnistes autant que le Pr. Maurice Kamto et ses partisans ne pouvaient l'ignorer.

C'est donc délibérément et en toute conscience qu'ils ont choisi d'enfreindre les lois de la République. Dans la logique démocratique, ils doivent avoir le courage de répondre de leurs actes devant les instances judiciaires compétentes. Au risque d'installer dans l'opinion l'idée illusoire et dangereuse que d'aucuns peuvent se mettre impunément au-dessus de la loi.

Cameroun

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