20 Mars 2019

Tunisie: Une bataille plusieurs fois perdue

Le décret gouvernemental proposé pour relancer celui de 2015 envisageait de reprendre les mêmes principes de base qui sont : que ces cours de rattrapage ou de consolidation devaient avoir lieu au sein de l'établissement même où l'élève est inscrit, qu'ils aient une tarification fixe homologuée par l'État tout comme le lait, l'œuf ou la baguette et un respect absolu des programmes officiels de la République Tunisienne tout comme c'était le cas en 2015, lorsque le ministre Neji Jalloul était en poste.

Mais un nouveau grief s'est emparé du dossier sur la base des déviations morales dont on accuse désormais certains enseignants comme en a couru le bruit dans la zone de Sfax.

L'enseignant incriminé aurait eu des comportements inadéquats aussi bien à l'école que chez lui et même dans sa voiture. Ce qui indique ainsi que l'établissement scolaire étatique ne protège pas vraiment les victimes devenues proies, comme dans une course à la chasse qui exigerait d'eux la plus grande prouesse.

Mais quittons ces sentiers battus de la déviance pour nous poser des questions plus générales, voire psychologiques ou même sociologiques... Allez donc éplucher les dossiers d'élèves tunisiens expatriés dont les familles ont de faibles ressources, vous verrez quelle ingéniosité accumulent les parents pour garantir à leurs enfants des études prestigieuses et un avenir honorable, en ayant recours à un établissement dont la pédagogie est conforme à l'étiquetage, dont le niveau est vérifiable et fidèle ! Il vous viendra à l'esprit que dans cette petite Tunisie à l'enseignement de plus en plus décrié, bien plus qu'avant la révolution, l'ambition qu'entretiennent les parents va au-delà de ce qu'il en était au lendemain de l'indépendance nationale.

Et le nouveau décret de prétendre, à la mesure de cette ambition nouvelle, institutionnaliser l'enseignement de soutien scolaire à divers niveaux et en divers types d'organisation, afin qu'il sache quitter les recoins ombrageux des salons de thé et des garages aménagés pour en faire une activité lucrative de haut niveau apte à enrichir par ses prouesses les domaines de l'enseignement, de la formation et du coaching dans les sphères privées, pour évoluer en grappes vers de nouvelles spécialités, de nouvelles ingénieries et des technologies davantage performantes. Une mise à niveau que nous n'avons pas vraiment su conquérir ni avant ni après la révolution mais qui reste, avec forte détermination, absolument dans nos cordes.

Tunisie

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