20 Mars 2019

Sénégal: Baisse de niveau du français - Waly Ba indexe le «manque de motivations»

Comme chaque année, la Journée internationale de la Francophonie va être célébrée aujourd'hui, mercredi 20 mars. Mais de nos jours, la baisse du niveau en français ne fait l'ombre d'aucun doute.

A l'école comme dans les bureaux, le français est mal parlé. Le professeur de Lettres Modernes, Waly Ba, explique cette situation par le manque de formation des enseignants depuis l'école primaire.

Pour renverser la tendance, il suggère de retourner à la source pour donner aux enseignants qui sont déjà dans le primaire une «bonne formation».

Baisse de niveau du français ! C'est le constat général dans presque tous les corps socioprofessionnels du Sénégal. Les causes sont nombreuses et variées (système de volontariat, vacataires etc.).

Certes ! Mais, selon le professeur de Lettres modernes, Waly Bâ, il ne faudrait pas occulter le manque de motivation des enseignants.

D'emblée, il cloue au pilori le système éducatif sénégalais et pointe du doigt la formation des enseignants. «La baisse du niveau est liée au manque de motivation dans le domaine de l'enseignement où on trouve les principaux acteurs chargés de donner la formation à l'enfant.

C'est donc au niveau de la prise en charge des enseignements dans les différentes instances de l'éducation du primaire au lycée en passant par le collège», explique le professeur.

Pis, confie-t-il, «c'est un système dans lequel, on nous impose une langue sans nous donner des outils ou les instruments pour bien prendre en charge cette langue». Selon Waly Ba, les conditions à l'école primaire ne sont pas de nature à permettre aux enfants de renforcer leur niveau en français.

«Déjà, quand vous fréquentez l'école primaire, vous vous rendrez compte que les enseignements ne sont pas normalement pris en charge parce que tout simplement les personnes qu'on a recrutées pour faire ce travail ne sont pas elles-mêmes suffisamment bien formées.

Le rapport de l'élève à la langue française est conflictuel et ce conflit prend sa source depuis l'école primaire et ça remonte», déclare le professeur de Lettres modernes.

Alors que beaucoup de personnes soutiennent que le désintéressement à la lecture a beaucoup impacté sur le niveau de français, Waly Ba lui, ne partage pas cet avis. «C'est vrai que les élèves ne lisent plus mais je crois que ce facteur n'est pas déterminant.

On peut ne pas lire et parler un bon français. Les livres véhiculent des cultures, des civilisations, des expériences.

C'est vrai qu'ils sont écrits dans des langues bien précises. Il ne me semble pas qu'on peut aujourd'hui parler de la baisse du niveau du côté des élèves en parlant de façon très catégorique de l'absence de lecture», a fait savoir Waly Ba.

Etayant ses propos, il dira : «quand on a une bonne formation et qu'on a été encadré par des professeurs vaillants, on doit pouvoir à un certain niveau communiquer régulièrement, de façon correcte».

Même si le «mal est trop profond», le professeur de Lettres modernes estime qu'on peut bien redresser la barre. «On a laissé la plaie se gangréner et aujourd'hui, si on veut véritablement faire de sorte que les élèves en arrivent à avoir un niveau beaucoup plus élevé en français et dans les autres langues, il faudrait nécessairement faire un travail de fond et être patients surtout, c'est-à-dire retourner à la source, donner aux enseignants qui sont déjà dans le primaire une très bonne formation pour qu'eux-mêmes parlent bien français, maitrisent cette langue et qu'ils donnent aussi de la motivation aux élèves qu'ils encadrent», a laissé entendre Waly Ba. A l'en croire, «si l'élève n'est pas conscient de l'enjeu que représente le fait de bien parler français, il ne pourra jamais se sacrifier pour parler très bien cette langue».

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