20 Mars 2019

Cameroun: 49e Journée de la Francophonie - Le pays dans le bain

interview

La 49e édition de la Journée de la Francophonie se célèbre ce jour à travers les 88 Etats membres que compte cette Organisation internationale à travers le monde, selon les chiffres rendus publics au cours du 17e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de cette organisation qui s'est tenu en octobre dernier à Erevan en Arménie.

Le thème choisi pour cette célébration, à savoir : « En français... s'il vous plaît » #malanguefrançaise », se veut une exhortation à lutter pour la protection de cette langue qui, de l'avis du ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, est actuellement la plus parlée sur le continent africain.

Pourtant, la langue française est également celle qui semble le plus subir les influences des technologies de l'information et de la communication. Toutes choses qui ne sont pas pour décourager les responsables de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui a vu le jour en 1970.

Le sommet de la capitale arménienne a vu l'élection de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire générale de l'Organisation.

Le Cameroun, membre de plein droit de l'OIF, prend activement part aux différentes rencontres de l'organisation.

De la participation de notre pays à l'essor de cette organisation, en passant par la place de la langue française dans les échanges internationaux, le ministre Lejeune Mbella Mbella a accepté d'aborder ces différents points dans un entretien à CT.

« Nous avons toujours rempli nos obligations »

La semaine de la Francophonie officiellement lancée dans notre pays le 13 mars 2019 s'est traduite par une série d'activités menées par plusieurs structures qui participent à la coopération francophone. Quel est le rôle du ministère des Relations extérieures dans le cadre de cet événement ?

Le ministère des Relations extérieures a un rôle moteur dans l'organisation de la Semaine de la Francophonie.

Le travail consiste à rassembler, fédérer et coordonner les administrations publiques ou privées, nationales ou internationales, et des Organisations de la Société civile qui interagissent avec l'Organisation Internationale de la Francophonie.

La Semaine de la Francophonie est devenue un évènement connu, attendu, apprécié par les populations comme vous l'avez certainement remarqué sur le terrain.

C'est très intense. C'est la énième Semaine de la Francophonie que vous organisez. Quelle différence faitesvous avec celle de l'an dernier ?

Elle a gagné en épaisseur, en taille, en nombre d'activités et se fait avec plus d'institutions. Il y a eu une trentaine d'activités cette année. Il est important de présenter au grand public en général, aux jeunes et aux femmes en particulier, les atouts et les perspectives qu'offre l'OIF dans plusieurs secteurs d'activités : l'économie, l'éducation, la recherche, les études, l'emploi, le numérique, les arts, la médecine, le journalisme, la culture, le droit, etc.

La 49e édition de la Journée Internationale de la Francophonie se célèbre aujourd'hui sous le thème : « En français... s'il vous plaît » #malanguefrançaise ». Est-ce à dire qu'il y a une perte d'aura de la langue française ?

Non, c'est tout le contraire. La langue française est la sixième la plus parlée dans le monde sur les cinq continents, et la deuxième la plus apprise. Aujourd'hui, il y a 300 millions de francophones à travers le monde.

Plus de la moitié d'entre eux sont d'Afrique. En 2050, quelques 700 à 800 millions d'Afri cains pourraient s'exprimer en français. Le français sera la première langue d'Afrique.

Première langue d'Afrique vous dites ?

C'est une certitude d'un point de vue démographique. Le français a désormais une aura différente, qui n'est plus la même que lors de la période post-colonialiste. Mais, n'oublions pas également la Chine !

Les locuteurs chinois issus de la classe moyenne, et désireux d'apprendre le français, sont très nombreux. Rappelons également que l'avenir de la langue française se joue aussi en Amérique du Sud. On y constate en effet une recrudescence des cours en français.

La langue des affaires est l'anglais. Le français peut-il agir comme levier économique ?

Oui, la langue française peut très bien être employée dans la sphère professionnelle car elle est attractive. Et c'est ce qu'il faut prouver à notre jeunesse.

Les jeunes générations n'apprendront en effet à parler le français, que si elles réalisent à quel point cette langue peut être utile pour leurs carrières.

Je rappelle d'ailleurs que l'espace francophone international, c'est 16 % du PIB mondial ! Il est donc très important de reconsidérer la Francophonie et de la remettre au cœur des sujets politiques et économiques, mais aussi scientifiques et numériques.

Quel bilan faites-vous de la coopération entre le Cameroun et la Francophonie ?

Je fais un bilan positif de la coopération entre le Cameroun et l'OIF. Depuis son entrée dans la grande famille francophone en 1991, le chef de l'Etat, S. E. Paul Biya veille à ce que le Cameroun entretienne avec cette communauté linguistique internationale une coopération suivie dans de nombreux domaines.

Permettez-moi de vous en donner une idée en prenant quelques exemples. Sur le plan politique, le Cameroun participe à tous les Sommets et instances de la Francophonie. L'OIF accompagne notre pays dans l'avancement du processus démocratique. A titre d'illustration, je citerais la dernière élection présidentielle.

L'OIF a organisé un séminaire d'appropriation des textes et pratiques électoraux et a réuni l'ensemble des acteurs institutionnels impliqués dans l'organisation, la gestion ou la supervision dudit scrutin. L'objectif était de parvenir à une compréhension partagée et harmonisée des dispositions pertinentes de la législation camerounaise, de créer des passerelles de collaboration, de garantir une démarche inclusive et participative dans la gestion des préparatifs des élections ainsi que d'identifier les questions opérationnelles non prises en compte par le dispositif légal en vigueur. Je tiens également à rappeler le soutien sans réserve de l'OIF pour la lutte contre le terrorisme et les violences dirigées contre les populations civiles dans l'espace francophone.

En outre, l'Organisation a réitéré son soutien à la préservation de l'unité nationale et l'intégrité territoriale du Cameroun. Au niveau économique, la Francophonie agit à travers deux programmes phares, à savoir l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes, et le développement de l'économie numérique. La mise en place de ces programmes se fait en partenariat avec les administrations techniques, notamment le MINEDUB, le MINESEC, et le MINESUP. Le programme de volontariat international (VIF) créé en 2007 offre aux jeunes francophones, âgés de 21 à 34 ans, la possibilité de mettre, durant 12 mois, leur savoir, savoir-faire et savoir-être à la disposition d'un projet de développement et de vivre une expérience de mobilité internationale au sein de l'espace francophone. Sur le plan technique, l'initiative ELAN-Afrique (Ecoles et Langues Nationales en Afrique) qui consiste en un appui technique et financier aux Etats pour l'enseignement des langues nationales dans l'enseignement primaire est appréciée. S'agissant du développement des industries culturelles, le Cameroun bénéficie du soutien technique de l'OIF en vue du développement de la culture, de la production cinématographique et audiovisuelle. Ce soutien consiste aussi en la mise en place d'un système d'information nationale sur l'économie de la culture.

Qu'en est-il des échanges sur le plan sportif ?

Pour ce qui est du volet sportif, les athlètes camerounais bénéficient d'un accompagnement de la CONFEJES à travers l'Appui à la Promotion Elites Jeunes (APEJ). A l'actif de ladite coopération, les capacités des personnels du MINSEP ont été renforcées dans le domaine de la gestion des infrastructures sportives, l'animation du portail jeunesse francophone, ouvert à l'INJS en 2017.

A terme, il est envisagé la construction d'un centre sous-régional de la CONFEJES pour la préparation des athlètes, ainsi que d'augmentation du nombre de bourses de formation de la francophonie destinées aux athlètes et aux encadreurs sportifs.

En somme, la coopération entre le Cameroun et l'OIF est dense et variée. Elle est bénéfique autant à l'Etat que pour les populations. Il y a lieu de relever que notre pays a toujours rempli ses obligations vis-à-vis de l'Organisation. Ce qui lui permet de bénéficier d'un nombre croissant de projets et programmes.

Cameroun

Clarence Seedorf et Patrick Kluivert virés de la tête des Lions indomptables

La déchéance du duo d'entraîneurs néerlandais, fait suite à la sortie… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.