Congo-Kinshasa: Une radio communautaire saccagée par des partisans du président

communiqué de presse

Reporters sans frontières (RSF) condamne la mise à sac des locaux de Radio Télévision Fraternité par des militants du parti au pouvoir, après les résultats d'élections locales qu'ils contestent.

Vitres brisées, porte forcée, matériel dérobé, installations techniques détruites, Radio Télé Fraternité n'est plus en capacité d'émettre après l'attaque survenue contre ses locaux le 16 mars à Mbuji-Mayi dans le Kasaï oriental, région du centre du pays.

Selon Journaliste En Danger (JED), organisation partenaire de RSF et le directeur de la radio, M.Muamba, joint par notre organisation, les assaillants étaient des partisans du parti au pouvoir, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Ces derniers étaient venus s'en prendre au gouverneur, qu'ils croyaient présent dans l'enceinte de la radio au lendemain d'élections sénatoriales contestées.

La large victoire de la coalition de Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC), a suscité la colère des militants de l'UDPS à travers le pays, qui s'en sont pris aux résidences privées de certains dirigeants de leur formation politique qu'ils accusent d'avoir été corrompus par le parti de l'ancien président.

"Nous condamnons fermement cette attaque, la dernière d'une série visant les médias et les journalistes dans le contexte politique agité de la RDC, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

La presse congolaise ne peut plus être la victime collatérale des rivalités et débordements liés à la compétition électorale.

Il est du devoir des nouveaux dirigeants de garantir la protection des journalistes et de sanctionner les militants qui les prennent pour cible. Une enquête doit être ouverte pour condamner les auteurs de cette attaque."

Depuis l'élection présidentielle qui a porté M.Tshisekedi au pouvoir et dans le contexte actuel de renouvellement du sénat et de la campagne pour les gouverneurs de provinces, les journalistes sont régulièrement victimes de violences.

En février dernier, un journaliste avait été agressé lors d'un meeting de l'opposition du candidat malheureux à la présidentielle Martin Fayulu en raison de l'appartenance politique de son supérieur à l'UDPS.

Début mars, le journaliste Steeve Mwanyo Iwewe a été arbitrairement condamné à 12 mois de prison ferme, après une altercation avec l'actuel gouverneur de la province de l'Equateur.

Ce dernier est candidat à sa propre succession face à l'ancien gouverneur, propriétaire de Radio Télé Sarah, le média pour lequel travaille le journaliste.

La RDC occupe la 154e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

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