Mozambique: A Beira « coupée du monde », le PAM vient en aide aux victimes du cyclone Idai

20 Mars 2019

Dans la ville mozambicaine de Beira lourdement touchée par le cyclone Idai, le personnel du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) porte secours aux personnes ayant trouvé refuge dans des abris et à celles toujours coincées dans des zones inondées aux alentours.

Son regard dans le vide en dit long sur sa fatigue et sur sa peur. Anastasia tient dans ses bras son petit garçon né il y a peine deux semaines. Avec son nouveau-né et ses trois autres enfants, elle a trouvé refuge dans une église de Beira transformée en abri pour les personnes qui ont perdu leurs maisons, raconte le PAM.

La jeune femme est toujours effrayée par le cyclone Idai qu'elle a entendu arriver dans la nuit de jeudi à vendredi. Toujours sous le choc, elle n'est pas en mesure de choisir un nom pour son nouveau fils. Ses enfants et elle reçoivent de la nourriture fournie par l'agence onusienne.

A l'image d'Anastasia, le personnel du PAM a rencontré des milliers de Mozambicains « désemparés » par les conséquences du cyclone. Certains ont perdu trace de membres de leurs familles et n'ont pas de moyen de les contacter.

« La situation est déjà très difficile à Beira », souligne Déborah Nguyen, porte-parole du PAM présente sur place dans un entretien accordé à ONU Info.

Dans cette ville de plus de 500.000 habitants, le cyclone a endommagé 90% des bâtiments et les pluies torrentielles ont aggravé la situation des communautés.

« Il n'y a pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de réseau téléphonique, donc on est un peu coupé du monde », explique Déborah Nguyen, précisant que les conditions d'hygiène sont loin d'être idéales.

« Des familles n'ont pas mangé depuis plusieurs jours »

A Beira, les écoles, établissements publics et églises encore debouts abritent dans des conditions très précaires les personnes dont les maisons ont été détruites.

Dans ces centres d'hébergements temporaires, les équipes du PAM distribuent de la nourriture à « des familles qui n'ont pas mangé depuis plusieurs jours ».

Venir en aide aux personnes présentes à Beira mais aussi à celles encore coincées par les inondations sévères dans les alentours. Deux tâches que le PAM et ses partenaires humanitaires mènent en parallèle sans relâche.

« La priorité est de sauver des vies en portant secours aux personnes coincées dans les zones inondées.

Nous sommes en train d'évacuer les victimes des inondations qui font suite aux pluies torrentielles », explique Déborah Nguyen. « Il y a des villages entiers qui sont recouverts et qui sont sous l'eau », précise la porte-parole.

Aux alentours de Beira, toutes les routes sont coupées. Les zones affectées sont très difficiles d'accès, notamment celles autour des rivières Buzi et Pungue.

« Les hélicoptères du PAM et de ses partenaires permettent d'effectuer des opérations de sauvetage de ces zones-là vers Beira », dit Déborah Nguyen.

Mercredi, un des trois hélicoptères Mi-8 du PAM est arrivé à Beira. Ces appareils de l'agence onusienne de grande capacité permettront de secourir davantage de personnes isolées par les inondations et de les amener à Beira et d'acheminer plus de nourriture dans ces zones difficiles d'accès.

Des premiers hélicoptères ont pu également larguer des vivres au-dessus de ces zones. Mardi, un hélicoptère des forces aériennes sud-africaines déployé au Mozambique dans le cadre des opérations d'aide a secouru 40 personnes coincées par les inondations dont plusieurs bébés.

Toute la nourriture que le PAM avait en stock à Beira a été distribuée. Le weekend dernier, 20 tonnes de biscuits à haute valeur énergétique sont arrivées par avion depuis l'entrepôt de l'agence onusienne à Dubaï. Quatre tonnes ont été larguées mardi depuis le ciel au-dessus de Buzi.

A Beira, les équipes humanitaires présentes dans la ville sont à la recherche de lieux pour établir des centres de triage pour les personnes qui arrivent des zones inondées et d'autres centres d'hébergement temporaires convenables pour accueillir les communautés déplacées. « On a plusieurs urgences qui s'accumulent les unes après les autres ».

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