Centrafrique: Crise centrafricaine - Un plan de partage du pouvoir esquissé à Addis-Abeba

Une patrouille de militaires et de policiers dans le quartier de PK5 à Bangui, en République centrafricaine.

Il aura fallu un nouveau tour de table pour polir les inévitables aspérités. A peine 45 jours après la signature à Khartoum du énième accord de paix entre le gouvernement centrafricain et la quinzaine de groupes armés qui ont mis le pays sous coupe réglée, les différents protagonistes étaient une fois de plus en pourparlers.

Cette fois au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba. Une session de rattrapage entamée en début de semaine et rendue nécessaire par les multiples désaccords apparus sitôt le document paraphé à Khartoum et signé à Bangui.

Des divergences qui n'ont guère surpris les observateurs de la scène politique centrafricaine, qui en ont vu bien d'autres, car avant Khartoum, il y avait eu sept accords du même genre, dont un sous l'égide de la communauté Sant'Egidio à Rome, pour autant d'échecs.

Et si même la ville éternelle n'a pu accomplir le miracle tant espéré par les Centrafricains, on est en droit de se demander d'où peut encore venir le salut.

Il faut dire que pour ne rien arranger, les clauses contractuelles rédigées à Khartoum avaient été tenues secrètes, qu'il se soit agi du partage du pouvoir, du DDR, de l'amnistie ou de l'intégration des rebelles dans les rangs de l'armée régulière, on se demandait quelle serait la réaction des maquisards quand ces dispositions viendraient à être connues.

Des grincements de dents dont les échos se sont fait entendre jusqu'au siège de l'Union africaine. Et il aura fallu marcher sur des œufs pour essayer de rapprocher des positions souvent tranchées.

Principale pomme de discorde cette fois, la nouvelle équipe gouvernementale qui ne serait pas suffisamment inclusive, de l'avis de 11 des 14 signataires de l'accord de Khartoum qui ont même réclamé la démission de Firmin Ngrebada, nommé fin février par le président Faustin Archange Touadéra.

Il aura donc fallu des trésors de diplomatie au commissaire paix et sécurité de l'Union africaine, Smaïl Chergui, pour renouer les fils du dialogue et faire renaître l'espoir.

Finalement, le nouveau Premier ministre sera parvenu à sauver sa tête après trois jours d'âpres négociations, à charge pour lui d'opérer un remaniement ministériel pour mieux coller aux desiderata des groupes armés.

Mais voilà qu'au-delà des raisons avouées, on a le sentiment qu'il s'est agi en fait d'un vulgaire partage du gâteau, pour ne pas dire du butin.

Les nombreux seigneurs de guerre qui se payaient sur la bête et s'étaient accoutumés à cette guerre de rapine voulant s'assurer des subsides royaux une fois les armes déposées.

Et le drame, c'est que ces arrangements d'appareil n'engagent souvent que les chefs et si les troufions se sentent toujours exclus, aucun remaniement, fût-il inclusif, ne pourra véritablement sortir le pays de l'ornière. C'est couru d'avance.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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