21 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Un consensus politique Tshisekedi - Kabila s'impose

La suspension de l'installation du Sénat a créé un tsunami autant dans la classe politique que dans l'opinion publique. Malgré la violente réaction du FCC faisant état de violation flagrante de la Constitution, le chef de l'Etat Félix Tshisekedi n'a daigné remettre en cause l'une des décisions de la dernière réunion interinstitutionnelle.

Comment va se dénouer cette crise ? Quelles sont les pistes à explorer ? Ce questionnement appelle un consensus politique entre le président Félix Tshisekedi (CACH) et Joseph Kabila(FCC).

Présente à la dernière réunion interinstitutionnelle qui a décidé de suspendre la mise en place du Sénat issu des résultats des sénatoriales du 15 mars 2019, la Céni semble avoir pris acte de cette décision. Son silence autour de ce dossier vaut d'une certaine manière acquiescement ? Ce n'est pas pour autant que le dossier est clos. Car, après la suspension de l'installation du Sénat, il faut maintenant trouver une voie de sortie pour donner à la chambre haute du Parlement ses nouveaux membres.

Du parquet général près la Cour de cassation, l'on apprend que des enquêtes commencent déjà à livrer leurs premiers indices. Les compagnies de téléphonie mobile réquisitionnées par les services de la Cour, apprend-on, ont fourni aux enquêteurs des relevés téléphoniques, des conversations et des SMS mettant en cause les corrupteurs et les corrompus. Des indices qui corroborent la thèse d'une vaste corruption aux sénatoriales du 15 mars 2019. Que reste-t-il donc à faire ? C'est tout le problème.

En attendant les conclusions des enquêtes initiées au niveau de la Cour de cassation, nombre d'analystes préconisent une situation politique pour une issue apaisée de ce couac qui risque de compromettre la poursuite du processus électoral.

D'ores et déjà, le FCC, plateforme politique de Joseph Kabila, a marqué son opposition à l'option levée par la dernière réunion interinstitutionnelle. Le FCC, qui crie désormais à la violation de la Constitution, a dit attendre du chef de l'Etat son implication personnelle pour ne pas « entraver la mise en place des institutions », principalement le Sénat. Ce qui, à première vue, devrait une fois de plus passer par des concertations directes entre les deux camps, à savoir le FCC et le CACH.

La clé du problème

A ce jour, la Céni n'a pas voulu réagir aux décisions de la réunion interinstitutionnelle, compte tenu certainement de la dimension hautement politique de cette affaire. Si la Cour a peut-être du mal à réunir les éléments de flagrance qui devraient attester l'existence de la corruption aux sénatoriales du 15 mars, des sources internes indiquent que ses enquêteurs ont pu intercepter des appels et des messages audio entre les corrompus et les corrupteurs du 15 mars. Autant d'indices qui pourraient faire avancer les enquêtes.

Mais, pour un problème politique, la solution pourrait tout aussi être éminemment politique. C'est, semble-t-il, la voie que privilégient les acteurs politiques dans les deux camps qui forment la coalition au pouvoir. Grand gagnant de ces sénatoriales, le FCC redoute que le gel de l'installation du prochain Sénat ne conduise à l'annulation de l'élection sénatoriale du 15 mars. Sur ce point, le FCC a dit qu'il n'est prêt à transiger. Il considère dès lors la victoire de ces candidats comme un acquis irréversible. Mais, de l'autre côté, il y a le chef de l'Etat qui, prenant en compte des indices probants de corruption qui ont entouré ces élections, ne serait pas non plus prêt à revenir sur les décisions de la réunion interinstitutionnelle, prise à l'unanimité des membres présents à la réunion du lundi 18 mars 2019.

C'est dire que l'un comme l'autre ne voudrait perdre la face dans cette affaire. Chacun fait prévaloir son orgueil. Il faut donc craindre un enlisement. Ce qu'il faudrait éviter, à tout prix.

C'est dire combien les deux acteurs majeurs de cette crise pèsent pour un probablement dénouement en douceur. Le président Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ont la clé du problème. Ils sont dans l'obligation de rencontrer pour voir dans quelle mesure sortir de cette impasse, sans que l'un et l'autre ne s'en sortent affaiblis.

On n'est en face d'une crise politique évidente. Et les acteurs qui sont au centre de ce contentieux ont l'obligation de se surpasser et aller au-delà de leur orgueil pour éviter à ce que tout l'édifice ne s'écroule. Déjà, pour obtenir les élections du 30 décembre 2018, le Congo est passé par une série d'épreuves, couronnée le 24 janvier 20419 par une passation pacifique et civilisée du pouvoir entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. C'est un acquis à préserver à tout prix dans la voie de la consolidation de la démocratie congolaise.

Certes, la corruption à grande échelle qui a entouré les sénatoriales a été un coup dans la poursuite du processus électoral, ce n'est pas pour autant qu'il faille jeter l'eau de bain et le bébé. Un compromis Tshisekedi- Kabila s'impose. C'est en tout cas ce consensus qui devra guider le travail de la Céni dans la voie du parachèvement du cycle électoral. Au problème politique soulevé par la décision du 18 mars 2019, l'opinion s'attend donc à une solution qui relèvera aussi du domaine politique. Tous les regards sont donc rivés vers le président Tshisekedi et l'autorité morale du FCC, Joseph Kabila.

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