20 Mars 2019

Cameroun: Paul Biya refuse de dialoguer avec Kamto

Photo: Public Domain Pictures
Maillet de Justice

Alors qu'il est accusé de faits de droit commun dont « insurrection, rébellion » ou encore « hostilité contre la patrie », l'opposant souhaite une rencontre avec le chef de l'Etat, de l'aveu de son avocat.

La requête de Maurice Kamto risque de ne jamais être satisfaite comme l'a souligné le ministre camerounais de la Communication, René Sadi, sur les ondes de RFI. « Nous demandons à M. Moretti, qui n'est pas venu au Cameroun comme médiateur, et qui au demeurant se défend d'être un donneur de leçons ou un incendiaire, de s'en tenir strictement à la mission qui est la sienne, c'est-à-dire assurer la défense de ses clients devant la justice camerounaise », a-t-il répondu à la question du journaliste quant à la réaction du président Biya à propos de la demande faite par l'opposant.

Pour le porte-parole du gouvernement camerounais, il n'est point question de mettre le président Biya « sur un même pied d'égalité que M. Kamto » qui est « un citoyen comme tout le monde ». Le ministre René Emmanuel Sadi réagissait ainsi aux propos tenus par l'avocat français de Maurice Kamto, Eric Dupont-Moretti. Samedi dernier, il estimait que la procédure contre son client est « une situation ubuesque qui peut se régler avec un peu de bonne volonté ».

Dans des propos plus nuancés, les Etats-Unis ont réaffirmé, le 18 mars à Yaoundé, leurs « inquiétudes » suite à l'arrestation de l'opposant et de ses partisans et « encouragé » le Cameroun « à garantir le droit à une procédure juste, à manifester pacifiquement et à la liberté d'expression ». La déclaration a été faite par le secrétaire d'État américain adjoint aux affaires africaines, Tibor Nagy, à l'issue de sa rencontre avec le président Biya.

Le principal opposant au chef de l'Etat, Paul Biya, après la présidentielle d'octobre, à laquelle il est officiellement arrivé deuxième mais dont il revendique la victoire, a été arrêté avec environ cent cinquante manifestants à la suite d'une marche pacifique en fin janvier. Ils protestaient contre la victoire du président sortant, à cette présidentielle qualifiée par Maurice Kamto de « hold-up électoral ».

Rappelons qu'il y a trois jours, l'opposant Maurice Kamto souhaitait dialoguer avec le président de la République, alors qu'il n'a cessé de remettre en cause sa victoire à la dernière élection présidentielle.

Aujourd'hui, il dit reconnaître enfin cette victoire et souhaite engager des discussions avec Paul Biya. Reconnu coupable d'hostilité envers la patrie, l'opposant est emprisonné depuis le 26 janvier. Il avait été arrêté alors qu'il participait à une marche pacifique.

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