20 Mars 2019

Sénégal: Un acteur plaide pour l'octroi de 30% de la subvention agricole à l'agriculture biologique

Thiès — Le coordonnateur de la Fédération nationale pour l'agriculture biologique (FENAB), Ibrahima Seck, a plaidé, mercredi à Thiès, pour l'octroi à l'agriculture biologique de 30% de la subvention agricole annuelle de 60 milliards de francs CFA, pour assurer son envol.

"Plus de 60 milliards (de francs CFA) sont dépensés par année (par l'Etat) pour la subvention agricole et nous pensons que l'agriculture écologique, biologique [AEB] devrait y avoir sa place", a dit M. Seck, en marge d'une rencontre de la plateforme dédiée à cette forme d'agriculture.

"Est-ce que l'Etat ne pourrait pas nous accorder 30% de cette subvention agricole et nous permettre d'aller à l'échelle ?", a poursuivi M. Seck, qui considère que c'est l'option à prendre pour aller vers un projet de société, porteur d'un développement durable.

L'agriculture biologique bannit l'utilisation des engrais chimiques auxquels elle préfère les engrais organiques, sans inconvénients pour la santé humaine, animale, et pour la biodiversité de manière générale.

Ibrahima Seck note que le taux de pénétration de cette forme d'agriculture, "reste encore faible", ne mobilisant que "1% de la population agricole", sur "moins de 1% des terres agricoles du pays".

"L'agriculture biologique doit faire sa mutation", mais a besoin pour ce faire d'une partie des 60 milliards alloués à l'agriculture conventionnelle, pendant qu'elle reçoit "un franc symbolique", a-t-il exhorté.

Pour Ibrahima Seck, avec une telle enveloppe, les paysans pratiquant l'agriculture biologique pourraient assurer leur autosuffisance en semences.

Dans un contexte de changement climatique et de dégradation de la biodiversité, l'agriculture biologique est "le nouveau paradigme" vers lequel doit s'orienter la politique agricole du pays.

Selon lui, en tant que "système holistique" intégrant l'agriculture, l'élevage, la foresterie et les ressources naturelles, l'AEB permet "une autoperpétuation" des espèces et assure aux paysans des productions "à un prix rémunérateur", en utilisant les énergies renouvelables.

Il s'agit là d'un "puissant moyen de résilience" face aux changements climatiques, a souligné M. Seck, faisant part de son optimisme, suite à l'ambition déclarée du président de la République d'aller vers une transition écologique, à travers un Plan Sénégal émergent (PSE) vert.

La plateforme nationale de l'agriculture biologique peut aider à "mettre un contenu" dans cette vision, a-t-il dit.

L'agriculture biologique "commence à prendre forme", à partir d'une "évolution en dents de scie" dans la politique gouvernementale, "parce que les moyens ne (suivent) pas pour le moment", a admis Khady Ndour, agent à la Direction régionale du développement rural (DRDR), qui présidait l'ouverture de la rencontre au nom du ministère de l'Agriculture et de l'Equipement rural.

Elle a souligné que le ministère de tutelle est engagé à accompagner la FENAB dans ce combat pour l'amélioration de la production agricole et l'assurance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

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