21 Mars 2019

Ile Maurice: Post Idai au Mozambique et Zimbabwe - Des Mauriciens racontent cette «crise humanitaire»

«Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts mais quand on a survolé la zone, tôt ce matin, pour comprendre ce qui se passe, tout laisse penser que le bilan pourrait dépasser les 1 000 morts.» Ces propos du président mozambicain Filipe Nyusi à une chaîne de télévision à Maputo, lundi dernier, ont été repris dans les gros titres de la presse internationale. Ce chef d'Etat a été l'invité d'honneur du 184e anniversaire de l'Abolition de l'esclavage. Il avait été privé de cérémonie protocolaire à son arrivée à Maurice, le 30 janvier, en raison de l'avis de pluies torrentielles.

Le cyclone Idai a ravagé à 90 % le centre du Mozambique, plus précisément Beira, la deuxième ville du pays avec 530 000 habitants, et ses environs, jeudi soir, avant de poursuivre sa course vers le Zimbabwe voisin.

Qui de nos compatriotes installés au Mozambique ?

«A ma connaissance, nous n'avons aucun Mauricien parmi les morts. Ils sont tous sains et saufs. J'ai téléphoné aux deux familles mauriciennes qui habitent à Marrmeu, à 200 kilomètres de la partie affectée du pays et elles m'ont assuré qu'elles se portent bien», rassure Jean Pierre Jhumun, haut-commissaire mauricien à Maputo, que nous avons joint au téléphone, le mardi 19 mars.

Ce dernier raconte que ces deux pères de famille sont les seuls qui résident toujours à Marromeu. Ils exercent pour la première usine sucrière mauricienne sur place, reprise, depuis, par des Brésiliens, contre 270 Mauriciens qui y travaillaient vers 2005.

Par contre, un rapport qu'a remis un Mauricien, cadre dans une importante société de distribution nationale de sucre au Mozambique, au haut-commissaire, hier après-midi, fait état d'une «crise humanitaire».

«Notre personnel de Beira n'a réussi à nous contacter qu'hier (lundi) matin via un téléphone satellite. Ils ont signalé ce qu'il y a beaucoup de dégâts partout, autour et à l'intérieur de la ville. La plupart des maisons sont sans fenêtre ni toit, faisant beaucoup de sans-abri», peut-on y lire.

Le rapport se poursuit : «Notre entrepôt de Munhava a également été partiellement touché, environ 35 % de la toiture a été endommagée. Cependant, les autres entrepôts autour n'ont pas eu la même chance (... ) Actuellement, nos collègues n'ont pas accès aux nécessités de base comme l'eau ou l'électricité. L'alimentation est en train de devenir un problème et actuellement, le FIPAG (fournisseur local d'eau) essaie de distribuer de l'eau autour de la ville. On ne peut qu'imaginer les files d'attente pour avoir accès à ces produits.»

On apprend aussi que ce n'est qu'hier que le cadre mauricien est parvenu à entrer en contact avec la sucrerie de Mafambisse. 90 % des maisons à l'intérieur de la propriété de la sucrerie ont été endommagées. Pratiquement tous les arbres ont été déracinés et selon des rapports non confirmés, six personnes auraient perdu la vie. Ajouté à cela, tous les champs de canne à sucre sont inondés et des routes ont été gravement endommagées avec le niveau de l'eau qui continue de monter.

«Nous sommes tous attristés par les dégâts. Des écoles, des maisons, des routes et des boutiques ont été ravagées. Des endroits sont toujours sans électricité ni téléphone. La radio et les journaux parlent de 84 morts et de 5 000 sinistrés. Ça fait mal au cœur», déplore à son tour le haut-commissaire.

Toutefois, selon Jean Pierre Jhumun, le reste du Mozambique, dont Maputo et Xinavane, où habitent la grosse majorité de la trentaine d'expatriés mauriciens, a, toutefois, été épargné.

Par ailleurs, nous avons également pu entrer en contact avec un Mauricien au Zimbabwe où Idai a poursuivi sa route, dévastant certaines régions sur son passage et faisant 98 morts et 217 disparus.

Mahmood Mansoor, secrétaire exécutif de la chambre de compensation du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa), installé à Harare depuis une quinzaine d'années, confie que la capitale zimbabwéenne a eu plus de chance que l'Est et le Sud du pays.

«La capitale a été protégée grâce aux montagnes. Nous avons seulement eu beaucoup de pluie depuis ces cinq derniers jours mais dans la zone sinistrée, qui est très loin de Harare, c'est très grave avec plus d'une centaine de morts. Même des gens de la Croix Rouge n'arrivent pas à s'y rendre. » Le Mauricien ajoute qu'à sa connaissance, il n'y a pas de Mauricien dans les régions dévastées.

«A un moment, il y avait des Mauriciens à Chiredzi, dans le Sud, qui travaillaient dans la culture de canne à sucre, mais ils sont tous partis. Aujourd'hui, la plupart de la vingtaine de résidents mauriciens au Zimbabwe sont dans la capitale et à Bulawayo», indique Mahmood Mansoor.

Le Malawi a aussi été lourdement touché par le cyclone Idai. Selon Reliefweb et relayé par la BBC, 122 morts y ont été recensés.

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