21 Mars 2019

Sénégal: «Grande Niaye» de Pikine classée zone humide protégée - L'adoption du décret toujours attendue

Le ministère de l'environnement et du développement durable avait récemment sorti un communiqué, annonçant que la «Grande Niaye» de Pikine Guédiawaye est classée «zone humide protégée».

Un nouveau statut qui confère le droit à l'inscription dans la liste des sites protégés par la convention internationale de Ramsar.

Et ce même communiqué de préciser que les dépendances de la «Grande Niaye» seront désormais contenues dans une réserve naturelle communale de biodiversité, en rapport les collectivités territoriales.

Un changement de statut qui inquiète les maraîchers et autres pécheurs, des activités socio-économiques menées dans le Technopole et autres exploitants, qui ne savent pas encore les tenants et les aboutissants que refermerait le décret sur l'exploitation du site.

Pour la plateforme des acteurs pour la protection des Niayes de Pikine «c'est une décision salutaire de l'Etat du Sénégal qui avait pris cette décision lors du conseil des ministres décentralisé de Dakar à l'Hôtel de Ville de Pikine».

«Maintenant, c'est à l'assemblée nationale d'adopter le projet de décret pour classer la Grande Niaye, zone humide protégée à l'image des autres sites ou parcs qui bénéficie d'une protection intégrale d'une structure que l'Etat va désigner pour une gestion durable du site», a fait savoir Mouhamadou Aliou Bâ, Directeur exécutif de l'Association Nature Communauté et Développement, une structure membre de la plateforme.

SAUVER TECHNOPOLE DES «AGRESSEURS»

Revenant sur la situation du Technopole qui a subi de multiples agressions, ce dernier de renseigner «même à ce jour, des agressions continuent dans le site de la Technopole.

Nous avions même organisé une journée d'assainissement le mois de novembre passé mais quelques jours après, on a constaté à nouveau, des dépôts d'ordures.

Il y a même des sociétés qui avaient commencé les travaux de fondement pour la construction d'entrepôts.

On a alerté les autorités compétentes et fort heureusement ces gens-là ont arrêté les construction», a expliqué M. Diallo qui soutient que les agressions continuent à longueur de journée. «Il y a aussi des gens qui brûlent des pneus pour récupérer le fer et d'autres qui y exercent des activités délictuelles car, il y a une absence de contrôle et de veille», confie-t-il.

S'agissant de la future gestion, les acteurs pour la protection du technopole restent sans réponse et attendent le contenant du décret qui doit renseigner sur la gestion du site, les activités durables autorisées, qui doit occuper ce site et quel type d'aire protégée ?.

«L'idée était déjà que le site soit géré de façon communautaire. Généralement, dans la plupart des aires protégées, c'est une gestion communautaire.

C'est-à-dire que les services de l'Etat sont accompagnés et travaillent en symbiose avec les communautés qui ceinturent la zone avec un comité de gestion intégré et cela a toujours donné des résultats positifs.

Peut-être, il faut juste réguler ceux qui font des activités durables comme les maraichers, pour qu'ils n'utilisent plus des produits nocifs dans leur maraichage sans dégrader l'environnement», alerte Mouhamadou Aliou Diallo.

Avec son nouveau statut, l'Etat sera plus regardant sur les produits dégradants, le sol comme les pesticides, une situation qui semble inquiétée les exploitants. «Ce site-là n'est seulement pas l'intérêt des maraichers, mais l'intérêt de tout un chacun car, étant un patrimoine national.

Ce site nous rend d'énormes services, il contribue à purifier l'air que nous respirons avec ces pics de pollutions que nous recevons ces jours ci.

On dit que Dakar fait partie des villes les plus polluées. On doit aussi veiller sur les types d'exploitation dans la technopole. L'absence de statut ne facilite pas la mise sur pieds d'un plan de gestion accompagné d'un plan d'aménagement du site élaboré dans le long terme avec l'appui de bailleurs.

Les acteurs pour la protection des Niayes de Pikine attendent que le site soit géré et protégé intégralement, impliquant les communes qui ceinturent le technopole.

Rappelons que cette zone constitue également le lieu de reproduction et une étape migratoire pour 223 espèces d'oiseaux et abrite des activités de maraichages touchant plus de 600 individus.

Le technopole de Pikine contribue, par ailleurs, à l'atténuation des inondations, à l'amélioration de la qualité des eaux par le recyclage, à l'épuration bactériologique, à l'interception des matières en suspension, au stockage du carbone atmosphérique par séquestration à la production d'oxygène et à la dépollution de l'air.

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