22 Mars 2019

Sénégal: Ecole publique sénégalaise - L'Accalmie avant la tempête !

Les élèves prendront bientôt les vacances du second semestre prévues dans la période du samedi 23 mars 2019 à 12h au lundi 08 avril 2019, selon le découpage du décret 2018-1815 relatif aux trimestres et à la durée des congés et vacances dans les établissements scolaires pour l'année 2018/2019.

L'école publique n'est pas loin d'atteindre l'objectif des 1331 heures réparties en trois trimestres. Les acteurs du monde de l'éducation applaudissent des deux mains.

Elèves et parents se réjouissent de cette période d'accalmie et en appellent - c'est le cas de l'union nationale des associations des parents d'élèves du Sénégal (Unapees) - au sens de la «responsabilité patriotique» des acteurs pour une année sans perturbation.

Les syndicats, notamment l'Union démocratique des enseignants du Sénégal et le syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saemss) invitent le gouvernement à hâter le pas.

Seul bémol d'une année académique, c'est le mouvement du syndicat des inspectrices et inspecteurs de l'éducation et de la formation du Sénégal (Siens) qui, après 13 plans d'actions, entame une série de gel d'activités dans une «temporalité illimitée».

Abdourahmane Gueye, SG UDEN : «Nous demandons à l'Etat pour hâter le pas»

«Nous avions tenu notre commission administrative (CA), deuxième instance la plus haute, qui nous avait donné mandat de ne pas déposer un préavis de grève, étant entendu que nous étions en train de trouver des solutions à travers le monitoring. Cela n'enlève en rien que nous avons constaté des lenteurs administratives persistes.

Nous demandons à l'Etat d'hâter le pas pour le règlement définitif de ces questions. Si l'Etat ne prend pas garde, il est évident que nous allons reprendre le combat. Voilà la position de l'Uden. Les autres syndicats ont déposé des préavis de grève, mais nous avions pensé que ce n'était pas le moment.

Toutefois, partout où nous sommes allés, nous avons constaté que les enseignants sont confrontés à des problèmes d'avancement, d'alignement, de paiement de rappel. Ce qui est inacceptable ! Les autorités prendront leurs responsabilités pour régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés».

Saourou Sene, SG SAEMSS : «Fortes attentes du nouveau gouvernement»

«Nous avons été toujours responsables en tant qu'organisation syndicale. La particularité de cette année, c'est que nous étions en année électorale.

A ce niveau, il était important de respecter le calendrier républicain, étant donné que nous étions à des moments très importants de la vie de la Nation. Il s'agissait de permettre à des sénégalais de faire librement leur choix par rapport au président de la République.

A cet effet, en tant que syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire, nous avions pensé que nous sommes de la société civile et nous ne pourrions pas d'une manière ou d'une autre participer au processus électoral. Parce que en ce moment, si on déclenche des grèves, le plus grave est que vous n'aurez pas d'interlocuteurs crédibles.

Nous avions accepté de respecter le processus électoral et une fois que cela se termine et que les Sénégalais aient choisi librement leurs dirigeants, à partir de ce moment, nous reprenons le travail avec ces derniers.

Il faut reconnaitre que nous sortons d'une année de grève l'année 2017-2018 où nous avons signé et stabilisé un protocole d'accord avec le gouvernement le 30 avril 2018. Nous pouvons considérer que nous sommes dans le processus monitoring des accords.

Il s'agit de voir ce qui est en train d'être matérialisé ou ne l'est pas. Nous continuerons avec le nouveau gouvernement mis en place, le travail de monitoring sans oublier quand même les nouveaux préavis que nous avons déposés et qui nécessitent des discussions dans les meilleurs délais.

«Nous avons toujours de fortes préoccupations par rapport aux lenteurs administratives. Nous avons aussi des insatisfactions par rapport au processus qui conduit à la mise en place du corps des administrateurs scolaires, tout comme des lenteurs qui sont notées dans la mise en place du décret qui crée le corps PCMG en EPS.

Ensuite, il y a beaucoup de questions de gouvernance en ce qui concerne les nombreux redéploiements que nous voyons dans le système éducatif et qui ne correspondent pas à l'esprit du mouvement national.

Sur la question du système de rémunération des agents de l'Etat, nous attendons la mise en place du gouvernement pour que nous puissions discuter très sérieusement de ces questions.

Pour d'autres, nous attendons des mesures fermes de la part du gouvernement. Donc, nous attendons vivement la mise en place d'un nouveau gouvernement pour commencer le travail sur ce monitoring».

El Cantara Sarr, SG SIENS : «Nous avons un plan d'actions dans une temporalité illimitée»

«Nous avons tenu une commission administrative pour une nouvelle stratégie du point de l'enchainement des plans d'actions. Nous en étions au 13ème plan. Nous sommes sortis de ce cycle. Nous avons désormais un plan d'actions illimité dont la stratégie est à dominance pédagogique.

Il s'agit du gel des examens professionnels dans les 59 inspections d'éducation et de formation (Ief), gel de la supervision des cellules d'animation pédagogique, rétention des bulletins d'inspection et rétention des notes de contrôle continu dans les Centres régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe).

C'est un plan d'actions dans une temporalité illimitée. On peut noter quelques cas de défaillances mais le mot d'ordre est très suivi.

Nous attendons qu'un nouveau gouvernement soit mis en place pour parachever le processus entamé. On a travaillé déjà sur un projet de protocole. Nous avons des éléments pertinents pour aller vers la signature.

Nous allons tenir une réunion du bureau exécutif national en avril. Il est attendu une déclaration pour interpeller le nouveau gouvernement par rapport à ses responsabilités en terme de parachèvement du processus. On a aussi un congrès prévu en septembre».

Abdoulaye Fane, Président Unapees : «Saluer l'esprit patriotique des acteurs»

«La raison principale de cette accalmie est due au fait qu'il y a eu une période électorale et la préparation du nouveau gouvernement.

Il faut saluer l'esprit patriotique des acteurs à l'origine du déroulement des enseignements-apprentissages sans grève. Les syndicalistes ont préféré attendre, en dépit des préavis de grève déposés.

C'est le lieu de saluer cette posture. Nous espérons qu'il y aura cette accalmie va continuer. Nous espérons que ceux qui seront à la tête des ministères dans le nouveau gouvernement puissent prendre en charge les préoccupations relatives à l'éducation».

Avril, mois de tous les dangers !

La poursuite des enseignements apprentissages dans les écoles publiques sénégalaises dépendra de la gestion de la lancinante question du régime indemnitaire.

En effet, le président Macky Sall avait donné rendez-vous à tous les acteurs, à l'occasion de la cérémonie de remise des distinctions du Grand prix du chef de l'Etat pour l'enseignant en décembre 2018, au mois d'avril pour regarder, dit-il, la problématique du régime indemnitaire dans notre administration.

Ainsi, en s'engageant à ouvrir les discussions, il avait mis fin à la grève de l'alliance des syndicats autonomes de la santé et de l'Action sociale «And Gueusseum» qui avait fini de paralyser les établissements sanitaires.

«Je peux comprendre leurs revendications, mais en cette période de l'année et de contexte électoral, il n'est pas possible au gouvernement d'engager des discussions avec quelques syndicats que ce soit», avait déclaré Macky Sall.

Et de poursuivre : «cela nécessite une étude sérieuse et responsable entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Les transformations ne manqueront pas. Cela n'est pas une question de la santé. Elle est transversale».

Par conséquent, le mois d'avril semble être une période tournante du climat social. Les syndicats, surtout de l'enseignement, attendent des mesures concrètes, au moment où il sera question pour le 3ème trimestre prévu du lundi 08 avril 2019 à 8 au mercredi 31 juillet 2019 à 12 h, que les élèves devront faire 534 heures dans les classes.

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