Tunisie: A chaque parti, son cheval !

22 Mars 2019

Cela dit, le timing actuel est de plus en plus «propice» aux débats politiques de plus en plus lassants et exaspérants. Ceci, malgré les discours enflammés de certains chroniqueurs, se mettant en évidence par leur tempérament parfois agressif, se déchargeant la bile et sortant de leurs gonds pour un oui ou pour un non.

Les cas les plus significatifs et les plus frappants sont ceux de Mohamed Boughalleb (Ettassiaâ) et Lotfi Laâmari (El Hiwar Ettounsi). Ceux-ci gagneraient à développer leurs idées et leurs récriminations dans la sérénité et le calme.

Etant donné que leur surexcitation met généralement les nerfs du téléspectateur à fleur de peau ! Cette réflexion faite, n'empêche que les deux bels amis, sans oublier la formidable Maya Ksouri, maîtrisent bien leurs sujets. Et que le contenu de leurs interventions est toujours riche et enrichissant.

Le caractère audacieux de ce contenu fait de ce trio, vif argent, le porte-parole incontestable de la masse des téléspectateurs, exception faite de ceux qui se partagent des idéaux et des intérêts autres que ceux de la Tunisie moderne et avant-gardiste.

Ils rient... nous pleurons !

Cela dit, c'est avec amertume que l'on déplore le glissement de plus d'une chaîne privée dans la médiocrité, le superflu et le ridicule. Des émissions diffusées en prime time où l'on s'agite, l'on se bouscule, l'on gesticule.

Où, en explosant de rire sans raison et à tout bout de champ, l'on croit pouvoir nous arracher le rire. Sachant que faire rire est beaucoup plus difficile que faire pleurer.

Dans le cas d'espèce, l'on fait facilement pleurer le téléspectateur, non pas de rire, mais de regret, de déception et d'amertume ! Oui, le téléspectateur a besoin de s'amuser et se divertir, mais non pas de la manière qu'on nous propose.

Le hic, c'est que, parfois, on oublie que ces shows et ces spectacles de mauvais goût «entrent» sans frapper dans nos foyers et surprennent désagréablement les familles regroupées autour de leur petit écran. Et l'on n'hésite pas à nous gaver de réflexions vulgaires et malsaines à travers l'insinuation!

La moitié pleine du verre

Après avoir parlé du verre à moitié vide, parlons maintenant du verre à moitié plein, c'est-à-dire des belles émissions. Celles qui, à mon avis, émergent du lot. Je vise essentiellement l'émission de Sami El Fehri «Hikayet Tounsia» (des récits tunisiens).

Pour ce que fait ce monsieur, il mérite un juste bravissime. Tous les thèmes soulevés par ladite émission n'ont cessé de susciter l'intérêt de la plupart des téléspectateurs fidèles à El Hiwar Ettounsi.

Parce qu'ils ont toujours touché le cœur et l'esprit du Tunisien dans son vécu : le conflit d'autorité au sein du couple, l'impact du divorce sur la famille, le mariage mixte, etc.

La dernière émission a été consacrée à la maladie d'Alzheimer. Une maladie qui donne du fil à retordre à la famille du malade beaucoup plus qu'à celui-ci.

Grâce à la présence sur le plateau de sociologues, psychiatres, représentants de la société civile, actifs dans le domaine, la matière présentée a été on ne peut plus consistance et enrichissante pour ceux qui vivent ce drame familial dans des conditions insupportables.

Les spécialistes ont eu à donner des recettes en or aux familles défavorisées par le destin. L'on a vu, avec beaucoup d'émotion et de compassion, l'artiste Med Ali Nahdi pleurer à chaudes larmes, le sort de sa mère, la chanteuse et comédienne Souad Mahassen, qui a tant égayé nos soirées par ses inoubliables chansons puisées dans le patrimoine keffois.

Le terrible témoignage du fils nous a fait découvrir la grandeur d'âme du père, Lamine, grand sur scène et non moins grand à la maison, comme aide-soignant.

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