22 Mars 2019

Tunisie: L'opinion publique attend des gestes bien concrets

A part Ennahdha, aucun parti vraiment structuré n'est, aujourd'hui, prêt en vue de la bataille électorale, alors que tout le monde s'en réclame et prétend en être d'une manière ou d'une autre, y compris l'Ugtt dont on sait qu'elle tient cette année-ci «à peser dans la balance».

Un 20 mars boiteux

Commençant par le cérémonial des festivités officielles présidé par le chef de l'État lui-même, qui manquait de manière flagrante de la symétrie que de tels événements dégagent généralement, notamment s'agissant d'une démocratie pluraliste dans le monde entier.

Bien sûr, le Nida Tounès officiel était là et son doublement officiel directeur exécutif également, de même que son président de groupe parlementaire et certains députés en vue. Également était là le leader islamiste Rached Ghannouchi avec qui l'on sait que le courant passe de nouveau.

Mais manquaient à l'appel -- les sièges vides en attestent -- bien des tendances et nuances de l'échiquier politique comme le parti attribué à Youssef Chahed et ses membres fondateurs.

De plus si effectivement le chef de l'État a su donner à la symbolique de l'indépendance la signification qu'elle mérite et la place qu'elle occupe dans nos cœurs, il a par contre raté d'être fidèle à son appel de fin de discours en faveur de l'unité nationale et de la réconciliation, énumérant juste, au moment où il ne fallait pas le faire, certains mauvais chiffres qui n'ont cessé de dégringoler depuis la révolution. Et en les attribuant à Youssef Chahed.

Un exécutif à une seule tête ?

De même, le président de la République a-t-il tenu à revenir à la charge concernant le dernier remaniement ministériel, en y faisant quelques pas en avant.

Au moment de l'évènement, il avait donné l'impression d'accorder plus d'importance à la forme qu'à la signification bien qu'il s'agisse d'une procédure dûment annoncée par la Constitution. Cette fois-ci, il semblerait qu'il ait voulu invoquer un aspect inconstitutionnel qui a inquiété certains juristes de coulisse.

Bref, rien qui corresponde vraiment à un appel au retour de tout le monde au bercail. Même si BCE a lancé vers la fin quelque chose qui ressemblait à : «Si Chahed venait...».

Mais à quelques mots à peine d'un vocable accusant le chef du gouvernement d'avoir réduit l'exécutif bifide de notre système actuel à un «exécutif à une seule tête».

De son côté, Youssef Chahed a refusé de commenter le discours du président de la République, se contentant de réaffirmer à l'occasion qu'il saluait une nouvelle fois le patriotisme du chef de l'Etat. Sage décision doublée d'un jugement objectif.

A l'heure où les temps sont graves et les intermédiations nombreuses, les commentaires sont rarement bénéfiques.

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