Cameroun: Infrastructures routières - Les chaussées expérimentées

Cette technologie innovante vient d'être utilisée pour la première fois dans les chantiers du C2D, notamment à Bafoussam.

Les usagers qui empruntent l'axe situé entre le premier et le deuxième carrefour de l'évêché à Bafoussam, dans le département de la Mifi, région de l'Ouest, découvrent une couche de béton inhabituelle posée sur la chaussée : le béton compacté à rouleau (BCR).

Ce matériau fait de ciment en grande partie a été posé sur la chaussée lundi dernier avec un train de compactage et des camions bennes.

En début du mois, l'entreprise en charge des travaux du C2D (Contrat de désendettement développement) « Capitales régionales », Razel, avait déjà fait quelques essais pour voir si ce matériau adhérait bien sur la chaussée avant sa pose définitive.

Selon des informations de la cellule locale du C2D, ce matériau sera posé sur l'essentiel des chantiers routiers à réaliser dans le cadre du C2D à Bafoussam, Garoua et Bertoua.

Selon Christian Audibert, expert routier dans l'équipe Louis Berger qui assure l'assistance au maitre d'ouvrage (Minduh-Cellule de coordination et de suivi du projet Capitales régionales), cette technologie est une innovation au Cameroun et permet une plus grande durée de la route. « Le BCR est un béton sec qui contient une très faible teneur en eau.

Quand on le met en œuvre, il se comporte comme une gave ciment. Mais au lieu d'être dosé à 4 ou 5% de ciment, il est dosé à 300 kg, voire 350 kg de ciment pour en faire un vrai béton », précise l'expert.

A l'origine, ce matériau a été inventé pour construire les barrages. Le gouvernement canadien l'a adopté à la fin des années 1960 pour faire face au problème routier qu'il connaissait.

« Une fois que ce matériau a fait prise, il se comporte comme un béton », ajoute Christian Audibert.

Selon l'expert, une route en béton bitumineux (BB) est faite pour durer 15 ans et doit être entretenue tous les trois à cinq ans. Et après 15 ans, on enlève le BB et on remet une nouvelle couche. Or, le BCR se comporte comme une pierre au fil du temps.

Ainsi, il a une durée de vie minimale de 30 ans. « Quand on fait l'étude économique, avec le BCR, on a une chaussée qui coûte trois fois moins cher que quand on va faire un BB », confie Christian Audibert.

Au Cameroun, où plusieurs cimenteries coexistent, cette technologie va créer beaucoup d'emplois et réduire les coûts de réalisation et d'entretien de nos routes.

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