21 Mars 2019

Congo-Brazzaville: Distinction - Trois Congolaises décorées de la Médaille des ARTs et des lettres par la France

Bélinda Ayessa, Bill Kouélany et Aimée Mambou Gnali ont reçu leurs insignes respectivement d'officiers et de commandeur des arts et lettres, au cours d'une cérémonie organisée le 20 mars à la Case de Gaulle de Brazzaville, en présence du vice-Premier ministre, Firmin Ayessa.

Bertrand Cochery, ambassadeur de France en République du Congo, a d'entrée de jeu indiqué dans son mot d'usage que l'on ne peut imaginer plus beau symbole que de voir toutes les trois dames rassemblées le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, et surtout au cœur de ce mois de mars qui célèbre les droits des femmes.

Par-delà tout ce qui distingue les trois dames, au meilleur sens du terme, l'ambassadeur de France a évoqué ce qui les rapproche.

« Je commencerai, si vous le permettez, par une évocation du début de notre séjour au Congo, de ces premiers mois où tout s'imprime sur les yeux et dans le cœur.

Vous avez fait partie des premières personnes que nous avons eu le bonheur de rencontrer, il n'y a pas de hasard.

Chacune à votre manière, vous nous avez ouvert les portes du Congo ; chacune à votre manière, et avec beaucoup d'amitié, vous avez éclairé notre chemin, vous nous avez fait partager votre enthousiasme, parfois vos doutes, vos interrogations, vos difficultés ; votre engagement, toujours », a-t-il rappelé.

Bill Kouélany fut la première, un samedi après-midi de fin août 2016, à l'occasion de la clôture des rencontres internationales de l'art contemporain, aux Ateliers Sahm.

Le 1er octobre, Aimée Mambou Gnali lui était présentée par Jean-Luc Delvert, alors consul général de France à Pointe-Noire, lors de sa première venue dans la ville océane.

Une semaine après, l'ambassadeur faisait la connaissance de Belinda Ayessa lors d'une soirée grandiose au Mémorial Pierre-Savorgnan-de Brazza, pour le dixième anniversaire de la création de ce haut lieu de la mémoire.

« Comme je le disais le 8 mars dernier à l'Institut français, à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme : « Dans la dynamique de l'Afrique au XXIe siècle, le partage entre les pays durablement émergents et les autres sera fonction de la place qu'auront prise les femmes dans la conduite des affaires de leur pays, et des progrès réellement accomplis en matière d'égalité des droits entre les femmes et les hommes.

Ce soir, en vous remettant les insignes des Arts et lettres, la République Française tient à honorer votre engagement pour la culture, tel que vous le portez en tant que femmes, avec grâce, courage et conviction », a poursuivi l'ambassadeur.

Réactions

Chère Bill Kouélany (officier des Arts et des lettres) : « Pour moi, les Ateliers Sahm, c'est un défi que j'ai lancé, c'est le Congo en miniature, c'est le Congo de demain.

Mon plus grand remerciement, c'est à l'endroit de cette jeunesse. Ce prix, je le dédie à mes trois enfants. Je remercie l'ambassadeur et son épouse y compris les artistes qui sont toute ma force. »

Bélinda Ayessa (officier des Arts et des lettres) : « C'est avec grande humilité que j'accueille cette décoration parce qu'il faut savoir raison garder. Je l'accueille aussi avec fierté, puisque c'est le résultat d'un travail de dur labeur et de plusieurs années.

Je l'accueille avec reconnaissance à l'égard de la France, de son président et de son gouvernement, à l'endroit des autorités de mon pays, notamment au président Denis Sassou N'Guesso qui m'ont donné un espace d'expression grâce auquel j'ai pu me réaliser. Au fond ce soir, c'est l'histoire d'une passion, la passion d'une histoire, qui est reconnue. »

Aimée Mambou Gnali (Commandeur des Arts et des lettres) : « ... Comment imaginer monsieur l'ambassadeur, sans votre intervention et votre bienveillance ainsi que celle de l'ancien consul de France à Pointe-Noire, que la ministre de la Culture de France ait pu songer à m'accorder une telle distinction sans me connaître.

Permettez-moi de dire, combien je suis émue et flattée de recevoir cette marque d'appréciation de mes modestes débuts de carrière littéraire et de vous exprimer ma reconnaissance au gouvernement français qui a bien voulu me manifester cette marque d'estime. »

Le vice-Premier ministre, Firmin Ayessa : « La France a souhaité honoré le mérite congolais à travers ces trois dames. De façon particulière, Mme Bélinda Ayessa, ce qu'elle fait au Mémorial Pierre-Savorgnan-de Brazza, elle est un peu comme gardienne de cette histoire-là, de notre histoire commune.

Elle le fait bien, tout le monde le reconnaît. Je crois que pour cela, on peut tirer notre chapeau très bas à l'égard de Bélinda Ayessa.

C'est toujours bien lorsqu'on s'engage comme elle le fait, c'est une femme engagée, passionnée. C'est bien que lorsqu'on est dans un tel engagement, dans une telle passion, de son vivant, de voir que son mérite est reconnu. »

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