22 Mars 2019

Burkina Faso: Gabin Korbéogo - « Le MPP utilise des moyens policiers pour réprimer toutes formes de contestation »

Les premiers responsables de l'Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) ont animé une conférence de presse le jeudi 21 mars 2019 au sein de leur siège à Ouagadougou, pour dénoncer « la répression contre l'organisation et les velléités de remise en cause des libertés d'expression et de manifestation au Burkina Faso ».

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) du Burkina, qui a la reconnaissance légale comme organisation de la société civile (OSC) depuis 2 000, est furieuse contre le régime en place.

Et pour cause, sa « diabolisation par le régime en place qui tente de remettre en cause les libertés d'expression et de manifestation », s'est indigné le président de l'ODJ, Gabin Korbéogo, lors d'une conférence de presse animée le jeudi 21 mars à Ouagadougou.

Avant d'égrener un chapelet de griefs à l'encontre du pouvoir en place, le président de l'organisation, principal animateur de cette conférence de presse, a demandé une minute de silence en mémoire des victimes du terrorisme que sa structure « contribue, en tant qu'anti-impérialiste, à combattre ».

Mais, selon lui, « sous-couvert de la lutte anti-terroriste, certaines autorités administratives et des éléments des FDS pratiquent le harcèlement policier et judiciaire, des interrogations et détentions arbitraires, voire des menaces de mort sur des responsables et militants de l'ODJ et sur les populations dans plusieurs localités ».

Et il y va de son couplet en affirmant des cas de « menaces proférées par des gendarmes contre le président de la section ODJ du Yagha... sous prétexte de non collaboration des responsables de l'ODJ et des populations locales » et des « intimidations et menaces contre des responsables lors des auditions réalisées aux brigades de gendarmerie de Sebba et de Boundoré (28/02/2019 et 01/03/2019), accusés d'avoir incité des populations à ne pas collaborer avec les FDS ».

Il parle aussi de « l'arrestation et la détention arbitraire à Solhan, durant trois heures, du président de la sous-section et de jeunes de Solhan » ainsi que de l' « accusation d'un responsable de notre section à Yagha... d'avoir visité un site après une attaque terroriste ».

Il est aussi évoqué l' « interdiction d'un meeting par le maire de la commune de Kantchiari (N'Gourma) le 24 février 2019, après avoir délivré une autorisation de manifester le 22 février 2019 ».

Sur ce dernier point, Gabin Korbéogo a précisé que le maire, revenant sur sa décision d'autorisation, a avancé « l'argument du contexte sécuritaire » qu'il trouve « fallacieux », en ce sens que « cet argument n'a jamais été opposé aux partis politiques de la majorité comme de l'opposition qui mènent des activités à travers le pays ».

De quoi lui faire dire que c'est l'ODJ, en tant qu'OSC, qui « fait peur aux autorités parce qu'elle arrive à organiser les jeunes autour de leurs intérêts ». Tout cela concourt, insiste-t-il, aux atteintes de la liberté d'expression et de manifestation.

« Nous ne sommes pas du PCRV, mais nous sommes des anti-impérialistes »

A l'en croire, le fait que l'ODJ « travaille à l'éveil des consciences de la jeunesse à travers des dénonciations des mauvaises pratiques de gouvernance, fait qu'il est dans la ligne de mire des autorités administratives et des forces de sécurité et l'état d'urgence est utilisé comme prétexte pour sa liquidation ».

Sur la même lancée, le secrétaire général de l'ODJ, Salifou Nombré, a dénoncé « la criminalisation de l'ODJ et son assimilation à un parti politique». Il poursuit en faisant remarquer que la position anti-impérialiste de l'ODJ qui dénonce les faillites de la gouvernance, donne de l'urticaire au régime en place.

A ses dires, c'est ce qui amène le pouvoir à « diaboliser » leur structure en la qualifiant d'appendice du PCRV. « Nous ne sommes pas du PCRV, mais nous sommes des anti-impérialistes », a-t-il indiqué.

Le président Korbéogo est revenu à la charge en relevant que « le MPP utilise des moyens policiers pour réprimer toutes formes de contestation.» Mais, « on se réserve le droit de nous prononcer sur toutes les questions politiques.

Nous avons un droit de regard sur les politiques publiques», renchérit-il avant de se prononcer sur le rapport d'enquête du MBDHP sur l'affaire de l'élimination de 146 terroristes à Kain-Ouro. « Le MBDHP est dans son rôle et ceux qui le critiquent, doivent plutôt faire l'antithèse en produisant une enquête contradictoire », dit-il.

Puis, il ajoute : « Parmi tous ceux qui parlent, rares sont ceux qui n'ont pas bénéficié de la protection du MBDHP ». Et pour conclure, il relève qu'il y a eu, selon des témoins, « quatre victimes collatérales pendant l'opération "Otapuanu"».

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