22 Mars 2019

Sénégal: Le bec-de-lièvre, une maladie "sous-évaluée" au Sénégal (chirurgienne)

Thiès — Les fentes labiales et palatines ou bec-de-lièvre constituent une maladie "sous-évaluée" au Sénégal, des chiffres exacts n'étant pas disponibles, a relevé vendredi à Thiès le chef du service de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique de l'hôpital Le Dantec de Dakar, le professeur Anne-Aurore Sankalé.

"Les fentes, c'est une maladie bien plus courante qu'on ne le pense, qui se retrouve beaucoup au Sénégal", a dit la chirurgienne, qui prenait part à un camp de réparation de fentes labiales et palatines au profit de 32 patients à l'Hôpital Barthimee de Thiès.

Financée par l'ONG AMREF Health Africa, cette action humanitaire est répétée tous les trois mois et a permis en 10 ans d'opérer 1.000 patients de cette maladie déformante, a-t-elle dit.

"On n'a pas les chiffres exacts, mais on sait que c'est sous-évalué", a noté le professeur Sankalé.

Le fait que des patients arrivent à l'âge adulte avec cette malformation, signifie qu'il y a dans des zones reculées du Sénégal des personnes qui en souffrent et qui ignorent l'existence de possibilités de réparation, a-t-elle signalé.

"Je pense qu'il y en a bien plus qu'on ne le pense", a réitéré la praticienne qui participe depuis 10 ans à des interventions de ce type.

Les personnes qui naissent avec cette maladie déformante tout comme leurs parents et surtout leur mère sont souvent stigmatisées, en raison de certaines croyances, a-t-elle poursuivi.

"Ils sont souvent exclus, cachés dans les maisons et parfois victimes de sacrifices", a relevé la praticienne.

Sur une liste de 50 patients dressés par l'ONG via un réseau de relais, de sages-femmes, de radios communautaires et des réseaux sociaux, 39 avaient été retenus, dont 32 aptes à subir l'opération.

Agés de trois mois à 30 ans, ils viennent de plusieurs régions du pays, dont Dakar, Thiès, Kédougou, Louga, Tambacounda et Kolda.

Beaucoup d'autres personnes inscrites sur la base de données d'AMREF attendent d'être opérées, a relevé son directeur pour l'Afrique de l'Ouest de l'ONG, Bara Ndiaye.

Il souligne la nécessité de poursuivre la sensibilisation pour que le grand public sache que cette malformation congénitale peut se réparer.

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