22 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Ensemble attend formellement la main tendue du CACH

Les tractations politiques continuent sur la formation du gouvernement ou encore sur la constitution des bureaux de deux Chambres du Parlement.

Le président de la République ne devrait pas s'enfermer dans le deal CACH-FCC. Surtout que le FCC s'est trahi déjà avec ses stratégies machiavéliques à vouloir contrôler seul toutes les institutions. Depuis sa déclaration de reconnaissance de la présidence de Félix Tshisekedi, la plate-forme Ensemble pour le changement continue à attendre formellement la main tendue de la coalition Cap pour le changement.

Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, tente petit à petit d'imposer sa marque au sommet de l'Etat depuis son investiture le 24 janvier. Le chef de l'Etat n'a pas attendu la formation d'un gouvernement pour commencer à agir. Il a fait sanctionner un ministre du gouvernement de même que quelques mandataires publics accusés de mégestion.

Le chef de l'Etat a même lancé le 2 mars le programme d'urgence pour ses 100 premiers jours afin de poser, un tant soit peu, des actions à impact visible pour améliorer les conditions de vie des Congolais. De même, Félix Tshesekedi affiche sa fermeté face aux faits de corruption décriés par tout le monde lors de l'élection des sénateurs.

Quoi de plus normal pour le chef de l'Etat de commencer à travailler alors que le gouvernement est attendu. Les Congolais piaffent de changement. Félix Tshisekedi a hérité d'un pays où tout est priorité. Autant dire que les défis sont immenses. Et donc, la tâche qui incombe au nouveau leadership congolais de remettre la République démocratique du Congo sur le chemin de l'émergence exige la participation de toutes les for- ces vives de la nation.

Le nouveau chef de l'Etat n'a pas droit à l'erreur. Dès lors, il doit maximiser ses chances en s'entourant, dans son action de gouvernance, de toutes les intelligences congolaises qu'on peut retrouver dans toutes les plateformes politiques et de la Société civile. Personne ne devrait être laissé de côté dès lors que tous peuvent contribuer à l'action publique pour l'avancement du pays.

Lors de son discours d'investiture, le président de la République avait vu juste en lançant un appel à tous les Congolais de s'associer à lui pour l'intérêt général de la nation. « La République démocratique du Congo que nous formons ne sera pas un Congo de la division, de la haine ou du tribalisme. Nous voulons construire un Congo fort dans sa diversité culturelle et son attachement à la mère-patrie. Un Congo tourné vers son développement dans la paix et la sécurité. Un Congo pour tous dans lequel chacun mérite sa place », avait-il déclaré.

S'AFFRANCHIR DU FCC

Certes, c'est la Coalition Cap pour le changement (CACH) qui a porté Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. Cependant, il s'avère que face aux défis immenses de gouvernance qui se posent, CACH ne peut pas réussir seul cette mission. Surtout que le deal, gardé secret jusqu'ici avec le Front pour le Changement (FCC) renferme des velléités machiavéliques de la part de ce par- tenaire politique.

Selon toute vraisemblance, le FCC tente par tous les moyens de d'étouffer l'action du chef de l'Etat. Jusqu'ici, tout observateur constate que malgré le deal CACH-FCC, c'est toujours le FCC qui en sort gagnant. Pour preuve, les résultats tant des élections des membres de bureau des assemblées provinciales que ceux des sénatoriales. Le FCC a raflé la présidence de 20 bureaux des assemblées provinciales sur les 24 qui étaient en jeu. De même, aux sénatoriales, la plateforme de Joseph Kabila revendique 84 sièges sur les 100 qui étaient disputés. Que cherche le FCC à vouloir contrôler toutes les institutions ?

A la veille de la mise en place des animateurs des institutions de la République, notamment le gouvernement et les membres des bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat, le président de la République, à travers CACH, devrait prendre la main tendue par « Ensemble », plate- forme chère à Moïse Katumbi. Bien que faisant partie de Lamuka, Ensemble pour le changement a reconnu le pouvoir de Félix Tshisekedi dans sa déclaration du 26 février dernier.

« Ensemble pour le changement constate que monsieur Féli Antoine Tshisekedi Tshilombo a été proclamé président de la République démocratique du Congo par la Céni, validé et investi par la Cour constitutionnelle », notait la déclaration d'Ensemble signée par son président Pierre Lumbi. Ce soutien veut clairement dire que la plate-forme

Ensemble ne va pas combat- tre l'action du président de la République. Bien au contraire, Ensemble se met à la disposition du chef de l'Etat pour l'accompagner dans sa lourde tâche. « Depuis que nous avons reconnu la présidence de Félix Tshisekedi, Ensemble attend toujours formellement la main tendue du CACH. Le président de la République serait plus fort s'il acceptait cette main tendue d'Ensemble », nous a confié un haut cadre d'Ensemble ayant requis l'anonymat.

Certaines personnalités d'Ensemble ont, à titre personnel, exprimé publiquement leur soutien au président de la République. Ces soutiens sont plus des appels du pied des individualités dans le but d'obtenir des postes ou pour un positionnement quelconque. Toutefois, Ensemble pour le changement aimerait traiter officiellement avec CACH. Le moment est bien choisi alors que les tractations politiques tendent à déboucher en ce qui concerne la formation du gouvernement et l'élection des membres des bureaux de deux Chambres du Parlement.

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