23 Mars 2019

Congo-Brazzaville: Un ancien à la manoeuvre

Il a fait toutes les classes des arènes politique et administrative congolaises doit-on dire. Peut-être reste-il toujours égal à lui-même : capable de dire non, quand cela ne va pas, et tout naturellement aussi de dire oui, s'il trouve son compte dans l'idée qu'il veut partager, qui lui tient à cœur. On peut aussi dire qu'il fait preuve d'un franc-parler parfois déroutant. Devinez que nous parlons de Me Martin Mbéri.

Ancien de la JMNR (Jeunesse du Mouvement national de la révolution), ancien du PCT (Parti congolais du travail), ancien de l'Upads (Union panafricaine pour la démocratie sociale), ancien député, ancien avocat, plusieurs fois ministre, militant de défense des droits de l'homme, Me Martin Mbéri a pris, il n'y a pas longtemps, ses nouvelles fonctions de secrétaire permanent du Conseil national du dialogue. Il semble avoir commencé à travailler.

Le Conseil national du dialogue est l'une des institutions consultatives nationales (elles sont six au total prévues par la Constitution du 25 octobre 2015), la volonté du législateur ayant été, si on devait lire dans ses intentions, de mieux faire prendre en compte les aspirations de toutes les couches de la population à travers des mécanismes de dialogue permanents. Sur cette considération, évidemment, on entend dire par certains que ces institutions sont pléthoriques, coûteuses en termes de budget, sans vraiment qu'ils mettent en cause le fait que les Congolais ont absolument intérêt à mieux se parler.

A bientôt 79 ans (31 décembre), Me Martin Mbéri pilote donc une structure dont l'importance, dans la perspective de la consolidation de la démocratie, n'est plus à démontrer. Comme tous les autres conseils consultatifs, le sien ne manquera pas, dans les jours et les semaines à venir, de mobiliser toutes les attentions autour de la thématique du dialogue politique que les uns et les autres appellent de tous leurs vœux.

A quoi devrait-on s'attendre ? Sans doute pas à la copie tirée il y a près de trois décennies en arrière lorsqu'il s'était agi de la Conférence nationale souveraine, avec un ordre du jour dicté par la seule préoccupation d'en finir avec un régime qui paraissait avoir fait son temps. « On est en train d'étudier comment l'organiser », se projetait le secrétaire permanent du Conseil national du dialogue, le 20 mars, à l'issue de l'audience qu'il a eue avec le président du Sénat, Pierre Ngolo.

Me Martin Mbéri concédait en même temps que « quand le peuple a des problèmes, on doit convoquer un dialogue pour les résoudre ». Comme quoi, la tenue d'un dialogue politique est à l'ordre du jour du calendrier des autorités nationales. Le tout sera cependant d'en circonscrire l'objet, d'en fixer les dates, d'en connaître les acteurs, sans que ces derniers ne se donnent en spectacle pour tout résumer comme par le passé à la seule satisfaction de leurs intérêts individuels.

Il reste maintenant à observer la marge de manœuvre de l'institution de Me Martin Mbéri, l'appui qu'elle recevra du gouvernement, la qualité des hommes et des femmes avec qui elle prendra langue, et donc finalement l'aboutissement de retrouvailles qui ouvriraient la voie à une entrée apaisée dans l'année préélectorale (2020), qui pointe à l'horizon.

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