23 Mars 2019

Sénégal: Mauvaises conditions de stockage du riz importé - Les manutentionnaires au banc des accuses

Au Sénégal, on dénonce souvent la circulation de riz impropre à la consommation dans le marché sénégalais.

Le dernier cas qui a attiré l'attention des autorités étatiques et des consommateurs est la présence constatée du gel de silice dans 18 sacs de riz. Ces désagréments sont souvent dus aux mauvaises conditions de stockage du produit importé. Interpellé sur la question, Momath Cissé, vice-président de l'Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) pense qu'il faut revoir la manutention au niveau des hangars où sont stockés les sacs de riz. Une idée que conforte le chef de division de la consommation du ministère du Commerce Issa Wade. Pour lui, ce mauvais stockage est un manquement du manutentionnaire qui devait superviser ses propres manœuvres.

MOMATH CISSE, VICE-PRESIDENT DE L'ASCOSEN «Il faut revoir la manutention au niveau des hangars»

« Quand le commerçant importe du riz, il le met dans un bateau qui peut contenir des milliers de tonnes. A l'arrivée, il y a des sacs de riz qui sont mouillés. On appelle ça la mouille. Vu la manutention, d'autres sont percés. Quand le bateau arrive, l'importateur le met dans son hangar. Dans ce lieu, on trouvera des sacs mouillés mis à côté. Ces sacs ne sont pas vendus pour la consommation humaine. Il y a une certaine quantité de riz par terre sur des bâches. Le commerçant récupère ce riz pour le mettre dans un autre sac afin de le vendre.

Ce qui s'est passé, c'est que pour garder une certaine humidité, on a mis des cristaux qui sont dans un emballage. Ces cristaux percés sont mélangés avec le riz qui est par terre. Cela est dû aux manœuvres. Il faut revoir un peu la manutention au niveau des hangars des commerçants importateurs. Il faudrait qu'ils emploient des gens qui sont des professionnels ou qui ne sont pas mal intentionnés. Parce que mélanger les cristaux avec le riz, le mettre dans des sacs sains pour les vendre, ce n'est pas bien.

Donc dans les hangars, il va falloir que les commerçants importateurs emploient des gens qui surveillent cette manutention. S'il y avait un contrôle de la part de l'importateur, peut-être que ces cristaux ne seraient pas mélangés avec le riz. Je pense que ce n'est pas de l'intérêt de l'importateur de vendre un mauvais produit. Car si c'est le cas, il devra payer une amende très forte à hauteur de millions de francs Cfa.

Donc, c'est au niveau de la manutention qu'on observe parfois ces désagréments. Il faudrait au moins que les manutentionnaires soient professionnels au niveau des hangars et que la surveillance soit accrue au niveau du conditionnement. Pour le gel de silice retrouvé dans 18 sacs de riz, la question que l'on se pose en tant que défenseur des consommateurs, c'est de savoir réellement si c'est seulement 18 sacs de riz qui sont concernés. Par contre, ces 18 sacs ont été mis hors circuit ».

ISSA WADE, CHEF DE LA DIVISION DE LA CONSOMMATION «C'est un manquement du manutentionnaire »

« Il y a un contrôle à priori et un contrôle à posteriori Quand l'importateur fait sa déclaration, la direction du commerce intérieur envoie une équipe pour voir les locaux destinés à recevoir les produits alimentaires. On laisse le temps à l'importateur de déposer sa marchandise pour qu'on puisse faire après un contrôle à posteriori pour voir si les conditions de conservation, d'hygiène et de propreté ainsi que de sécurité sont respectées dans les entrepôts. Pour dire vrai, on est une administration, mais on ne peut pas être partout en même temps. Dans l'année, on reçoit des dizaines de milliers de déclarations d'importations.

Donc on ne peut pas, pour chaque importateur, affecter des contrôleurs. L'assistance à la décharge doit être prise en charge par le manutentionnaire. Car c'est lui qui a des contremaîtres, des superviseurs, des dockers et autres. Ce phénomène de sacs de riz contenant du gel de silice, c'est un manquement du manutentionnaire. C'est lui qui devait superviser ses propres manœuvres. En effet, lors du débarquement, les manœuvres débarquent les produits en les entreposant.

Donc ça c'est du domaine privé. C'est le manutentionnaire qui devait faire réellement ce travail. C'est comme par exemple quelqu'un qui construit un bâtiment et qu'on demande à l'Etat d'affecter un inspecteur pour voir sa construction à tout moment. Ce sont des dizaines de milliers de conteneurs qui arrivent au Sénégal par an. Rien que pour le volet alimentaire, la division de la consommation délivre à peu près 13 mille documents d'autorisation chaque année. Chaque autorisation, c'est au minimum 1 à 50 conteneurs. Donc, il est impossible pour nous de tout contrôler»

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