Mali: Désolation et consternation après le massacre d'Ogossagou

Photo: ONU
Un village dans la région de Mopti, dans le centre du Mali (capture d'écran).

Le dernier bilan de massacre ce samedi de civils peuls dans le centre du Mali fait état d'au moins 135 morts et plus de 50 blessés. Les assaillants étaient habillés en tenue traditionnelle de chasseurs « dozo ». Au lendemain de l'attaque, c'est la consternation, alors que le gouvernement ne s'est pas encore exprimé publiquement et que les secours s'occupent encore des blessés.

Selon des témoins, c'est la désolation dans le village meurtri de Ogossagou. Les habitants creusent ce dimanche une fosse commune pour enterrer une quarantaine de civils, qui n'ont pas pu être inhumés la veille, le jour du drame.

« Nous n'avons pas le moral, les gens sont tous traumatisés », témoigne par téléphone un élu. Un autre décrit les restes de cases brulées, les animaux calcinés, les affaires personnelles réduites en cendres, témoignages silencieux de l'horreur.

Une délégation du gouvernement - composée notamment de trois ministres - est présente sur place. Des dizaines de militaires ont aussi été dépêchés dans les villages pour sécuriser les lieux et rassurer les habitants.

Enfin, le gouvernement s'est engagé à arrêter les auteurs de ces massacres et à apporter la justice. Des hauts-gradés de l'armée devraient également être limogés pour avoir failli à leur mission de protection, d'après nos informations. Mais la peur demeure bien présente.

Les secours se sont organisé une partie de la soirée, samedi, notamment pour évacuer les blessés. Ils ont été conduits vers la localité de Bankass pour certains, vers Mopti pour d'autres.

Sur les réseaux sociaux ou dans les rues, les Maliens disent leur choc et leur indignation au lendemain du massacre.

Un choc partagé par le représentant de la mission de maintien de la paix Mahamat Saleh Annadif qui, devant la presse samedi et entouré d'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU, a enjoint à l'État de stopper la spirale de la violence.

Face à ce drame inqualifiable, j'en appelle d'abord à la cessation de la spirale de la violence. Dans le cadre de notre mandat de protection des civils, une force d'intervention rapide de la Minusma a été aussitôt déployée dans le lieu de l'incident. De même, des mesures pour évacuer les blessés vers Sévaré ont été prises.

De son côté, le gouvernement est resté plutôt discret. Il n'y a pas eu de prise de parole publique pour le moment. Dans son communiqué samedi soir, les autorités assuraient qu'une enquête avait été ouverte.

Comme d'autres élus des environs, Cheick Harouna Sankaré, maire de Ouenkoro, affiche son inquiétude. Cet ancien candidat à la présidentielle explique que dans la ville de Bankass, aujourd'hui, des civils peuls demandent protection, demandent même à partir plus au sud.

Les associations des droits de l'homme ainsi que l'association communautaire peul Tabital Pulaaku pointe l'absence de l'État dans cette zone.

Le massacre d'Ogossagou n'est pas un cas isolé. Selon Tabital Pulaaku, dans le cercle de Bankass, les affrontements intercommunautaires ont fait au moins une cinquantaine de mort depuis janvier 2019.

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Plus de: RFI

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