24 Mars 2019

Centrafrique: Le nouveau gouvernement déjà contesté

Photo: Minusca
Les Présidents de la RCA, du Soudan et de la Commission de l'Union africaine et 14 groupes armés ont paraphé l'accord de paix et de réconciliation centrafricaine à Khartoum au Soudan le 5 février 2019.

En Centrafrique, la nouvelle équipe gouvernementale conduite par le Premier ministre Firmin Ngrebada ne fait pas l'unanimité. S'il se veut plus « inclusif », avec plusieurs portefeuilles ministériels confiés à des représentants de groupes armés, l'opposition et la société civile regrettent de ne pas être représentées.

A peine dévoilé, déjà contesté. Si les proches du président Faustin-Archange Touadéra conservent les ministères-clés de la Défense, de l'Economie ou encore des Affaires étrangères, plusieurs représentants des groupes armés se sont également vus confier des portefeuilles ministériels. Sur les 39 ministres nommés, au moins huit sont des représentants des groupes armés.

Une recomposition du paysage politique jugée problématique par Joseph Bindoumi, le président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme.

« C'est vrai qu'il y a des compétences parmi les ministres qui occuperont les ministères régaliens. Mais il y a de fortes chances qu'ils soient limités dans leurs capacités dans la mesure où on met à côté d'eux des gens qui sont sortis des maquis et qui ont une autre vision de la paix en République centrafricaine », pointe-t-il.

Comme lui, l'opposant et ancien Premier ministre Nicolas Tiangaye, déplore l'absence de membres de l'opposition et de la société civile au sein de cette nouvelle équipe.

« Ce gouvernement n'est pas suffisamment inclusif en ce sens qu'il n'est pas représentatif des forces politiques et sociales du pays, estime-t-il. En réalité, il s'agit juste d'un partage de postes entre les partisans du président Touadéra et les groupes armés ».

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Maxime-Ange Kazagui, préfère de son côté y voir une nouvelle étape vers la résolution du conflit en Centrafrique.

« C'était, selon l'approche du président de la République - et d'ailleurs suivi par ses pairs de l'Union africaine - l'approche à travers laquelle les groupes armés sont censés à présent déposer les armes, ramener la sécurité et donc la paix », affirme-t-il.

La précédente version de ce gouvernement, nommée début mars, avait provoqué la colère de plusieurs groupes armés. Ces derniers s'y estimaient insuffisamment, voire pas du tout, représentés.

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