25 Mars 2019

Cote d'Ivoire: Refus de Gbagbo de recevoir Affi à Bruxelles - Tout est mélangé au FPI, la fracture s'accentue...

On savait le Front populaire ivoirien très affaibli, pour ne pas dire quelque peu amoché par la division interne. La vieille formation de gauche ivoirienne a encore fait la preuve qu'elle a du mal à guérir du mal pernicieux qui la ronge de l'intérieur depuis sa chute libre du pouvoir en 2010. Les deux camps, qui se disputent la gouvernance de ce parti, ont démontré une fois encore qu'ils sont d'accord qu'ils ne seront jamais d'accord.

On peut le dire, la paix des braves des ex-camarades n'est certainement pas pour demain. Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, l'unité retrouvée a encore de beaux jours devant lui. Annoncé tambour battant comme la perche pour jeter le vent de la réconciliation au sein du parti à la rose, le voyage d'Affi à Bruxelles n'a pas eu lieu.

Alors qu'il était à Paris, sur le point de rallier Bruxelles, le président statutaire légal du FPI s'est vu opposer une condition étonnante, voire dégradante, pour rencontrer Laurent Gbagbo : annoncer, sur les antennes de RFI, sa démission de la présidence du FPI.

Naturellement, Pascal Affi N'guessan a opposé une fin de non-recevoir à ses interlocuteurs, demandant à rencontrer d'abord Laurent Gbagbo avant de faire une déclaration.

De toute évidence, le patron actuel du FPI a été roulé dans la farine. Muni d'une promesse ferme de rencontrer Gbagbo après son acquittement, Affi a pris à Paris, en pleine figure, la balle de l'humiliation. Tout vexé, et contrit de colère il s'est fendu d'une déclaration alléguant sa volonté et sa bonne foi de rapprocher les camarades divisés.

« Je vous écris depuis l'aéroport Charles de Gaulle, d'où je suis en partance pour Abidjan » indique, le cœur meurtri, le natif de Bongouanou.

Puis de poursuivre à l'endroit de ses militants et sympathisants : « Depuis deux jours, je suis à Paris en raison de ce que M. Acka Emmanuel, un ami du président Gbagbo, m'a assuré de ce que ce dernier avait accepté de me recevoir à Bruxelles.

Il m'a même autorisé à rendre publique l'information relative à cette rencontre». Fort de cette assurance, l'ancien maire de Bongouanou effectue donc le voyage, sans se douter que quelque chose se tramait contre lui.

« J'ai fait escale à Paris pour que M. Acka et moi fassions chemin ensemble. À ma grande surprise, à mon arrivée à Paris, M. Acka Emmanuel me fait comprendre que le président Gbagbo exige avant de me recevoir que je fasse, au préalable, une déclaration sur Radio France internationale (RFI).

Le journaliste Norbert Navaro m'attendait pour celle-ci. J'ai trouvé l'esprit de cette déclaration, son contexte et son contenu méprisant, insultant et contraire à l'esprit de réconciliation et d'unité du parti qui m'anime.

En conséquence, j'ai refusé, j'ai dit "NON » explique tout en colère le président du FPI. Conscient qu'Affi, furieux, allait dénoncer publiquement ce « piège » qui lui a été tendu, le camp Gbagbo s'est fendu, quelques heures plus tôt, d'une déclaration signée par Assoa Adou pour donner sa version des faits.

«Depuis quelques jours, Pascal Affi N'Guessan a émis le souhait de rencontrer le Président Laurent Gbagbo, président statutaire du FPI.

Le Président Laurent Gbagbo lui a alors fait savoir qu'il serait tout à fait disposé à le recevoir mais qu'il avait néanmoins des préoccupations qui nécessitaient de la part de Pascal Affi N'Guessan un éclaircissement préalable et public » peut-on lire dans la note signée par Assoa Adou sous le couvert du natif de Mama.

Pour l'homme lige de Gbagbo, son patron a rappelé à Pascal Affi N'Guessan que toute sa vie, il s'est battu pour la souveraineté, la démocratie et le multipartisme en Côte d'Ivoire. Dès lors, il ne saurait accepter aucun recul sur l'acquis du multipartisme en Côte d'Ivoire qui se manifesterait par la manipulation et l'ingérence de l'État dans la vie du parti.

«Laurent Gbagbo a indiqué à Pascal Affi N'Guessan qu'il entendait mettre fin à l'ingérence de l'État dans le fonctionnement du FPI, et lui a, en conséquence, demandé de reconnaitre les Congrès de Mama et de Moossou et d'en respecter les décisions qui en ont découlé.

Pascal Affi N'Guessan avait alors fait savoir au Président qu'il acceptait ce préalable et qu'il s'engageait à faire une déclaration en ce sens avant leur rencontre.

De manière fort surprenante, Pascal Affi N'Guessan a annoncé une rencontre avec le Président Laurent Gbagbo sans avoir pour autant fait ce qu'il s'était engagé à faire» affirme Assoa Adou pour dédouaner Laurent Gbagbo, et faire porter implicitement le chapeau de cet échec à Affi N'guessan.

De retour au pays, hier soir, celui-ci entend faire toute la lumière sur cette affaire ce samedi. Ce matin, dès 10h, il rencontre tous les membres du Secrétariat général à la Riviera M'badon.

Cette réunion est élargie aux membres du Bureau de contrôle, des secrétaires généraux de fédération, des présidents et vice-présidents de conseils régionaux, des maires et adjoints. Dans la foulée, à 15h, Affi N'guessan animera une conférence de presse. On le voit, tout est mélangé au FPI.

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