Congo-Kinshasa: Ebola - Le Nord-Kivu franchit le seuil de mille cas

Une unité d'isolation de patients touchés par le virus Ebola, en RDC (archive)

Le ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga, reconnaît l'urgence de la maladie et appelle la communauté à s'approprier la riposte.

Dans son bulletin quotidien sur la situation épidémiologique de la maladie à virus Ebola, le ministère de la Santé révèle que depuis le début, le cumul des cas au 24 mars est de mille neuf, dont neuf cent quarante-quatre confirmés et soixante-cinq probables. Six cent vingt-neuf décès ont été rapportés, dont cinq cent soixante-quatre confirmés et soixante-cinq probables.

Par contre, trois cent vingt et une personnes ont été guéries et deux cent quarante cas suspects sont en cours d'investigation.

Pour le ministre de la Santé, en dépit des avancées dans la prise en charge des patients et dans la vaccination, la communauté "a une responsabilité collective et individuelle pour mettre fin à la propagation du virus et protéger ses membres en ne cédant pas aux appels à la violence, aux rumeurs et aux faux experts. Chaque membre de la communauté, à son niveau, a un rôle à jouer pour mettre fin à la propagation du virus".

Seule l'appropriation de la riposte contre Ebola par la communauté, a-t-il affirmé, peut conduire à la fin définitive de l'épidémie, la plus meurtrière de l'histoire du pays. "Dans toutes les zones de santé où la population s'est appropriée la riposte contre Ebola, telles que Beni, Mabalako et Tchomia, la transmission du virus a pu être arrêtée", a-t-il assuré.

Le Dr Oly Ilunga est d'avis que le premier maillon de la riposte contre Ebola "ne se situe pas au niveau des agents de santé dans les formations sanitaires mais dans la communauté. La riposte commence au niveau de la mère qui amène son enfant malade au centre de santé et accepte qu'un prélèvement soit réalisé pour le laboratoire. Elle repose également sur le chef de famille qui accepte que tous les membres de la famille soient vaccinés après que l'un des leurs ait été contaminé par Ebola".

Le ministre a invité les personnes qui ont le privilège d'être considérées comme des leaders d'opinion à s'engager positivement, en partageant des messages favorisant l'adhésion de la communauté aux mesures sanitaires. Oly Ilunga a fait savoir que depuis le début de l'épidémie, les équipes de la riposte tendent la main à la communauté à travers des dialogues communautaires réguliers. "L'installation de comités locaux de riposte dirigés par les chefs de quartier ou de village permet de rapprocher davantage le centre d'action des citoyens", a-t-il déclaré.

Limitation géographique de la maladie

A en croire le patron de la Santé, la riposte, conduite sous le leadership de la tutelle et en collaboration avec ses partenaires, a permis de limiter l'extension géographique de l'épidémie pendant plus de huit mois.

"Jusqu'à ce jour, l'épidémie ne s'est pas propagée dans les autres provinces de la République démocratique du Congo ni dans les pays voisins, bien que le risque reste présent", a -t-il indiqué, tout en soulignant que les nombreuses innovations scientifiques incluses dans la stratégie de riposte ont grandement contribué à des avancées dans la lutte contre Ebola.

La vaccination ciblée a permis de protéger plus de quatre-vingt-dix mille personnes, dont près de vingt-trois mille contacts à haut risque ayant été en contact direct avec des patients confirmés d'Ebola.

L'amélioration de la qualité des soins de support et l'utilisation des molécules thérapeutiques ont permis d'augmenter le taux de survie moyen dans les centres de traitement Ebola à plus de 60%. Ainsi, plus de six personnes sur dix qui ont été admises dans ces centres survivent.

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