Congo-Kinshasa: Francophonie - Louise Mushikiwabo pour l'équivalence des diplômes de l'espace francophone

Reçue à l'Université protestante au Congo (UPC) le 22 mars, dans le cadre de sa première visite en République démocratique du Congo (RDC) inscrite dans sa tournée en Afrique centrale, la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a émis le souhait lors de l'échange convivial avec les étudiants réunis dans l'auditoire G3 Fase.

Echantillon représentatif de l'ensemble de la communauté estudiantine de la capitale, les étudiants de l'UPC ont prêté une oreille attentive à l'exposé introductif de Louise Mushikiwabo. Parti du propos de la secrétaire générale de l'OIF qui s'est évertuée à présenter son organisation et ses priorités, l'échange qui s'en est suivi a servi à éclairer la lanterne des étudiants curieux d'en savoir un peu plus sur tous les sujets.

Il a donc été question de la Francophonie vue sous l'angle de sa relation et son impact en RDC, deuxième pays francophone. Mais surtout des perspectives dans le domaine de l'éducation, la formation, l'usage de la langue française par rapport aux langues locales, traditionnelles. Le numérique, entendu comme outil indispensable pour l'éducation à ce jour, à rendre plus accessible pour la jeunesse.

L'équivalence des diplômes congolais avec ceux des autres pays francophones était l'une des préoccupations des étudiants exposée à la secrétaire générale de l'OIF, qui a donné son avis personnel sur le sujet, quitte à mieux s'imprégner des faits au cours de son mandat. « Moi, personnellement, je pense que tout l'espace francophone devrait permettre cette mobilité du savoir, cette acceptation des instruments de qualification du savoir.

La discussion existe depuis quelque temps déjà à la Francophonie, c'était surtout pour des étudiants africains qui voulaient poursuivre leurs études en France et dans les pays du Nord. Je pense qu'au nom de la solidarité qui est à l'origine de notre organisation, tous les pays de l'espace francophone devraient s'ouvrir non seulement à l'équivalence et à la validation des diplômes mais aussi à la circulation du savoir et des personnes, surtout de la jeunesse », a affirmé Louise Mushikiwabo.

Par ailleurs, dans les détours de cet échange, Louise Mushikiwabo a été prise à partie par une étudiante offusquée après l'évocation du slogan de cette année « En français, s'il vous plaît ! ». Slogan perçu tel un appel à la suprématie du français au détriment des langues locales, a plutôt prôné la cohabitation. « La Francophonie a aussi la promotion des langues maternelles dans ses missions.

La langue française, on la développe, on veut la faire rayonner côte à côte avec nos propres langues traditionnelles, maternelles ». Par ailleurs, en sa connaissance, a-t-elle dit, au cours des deux sommets de la Francophonie auxquels elle a pris part, « les chefs d'État ont insisté pour que le rayonnement de la langue française ne se fasse pas au détriment de nos propres langues ».

Et de conclure : « Donc, l'idée derrière le slogan en français, s'il vous plaît ! Ce n'est pas pour l'abandon de nos langues traditionnelles mais c'est pour que cette langue française qui commence à perdre de la vitesse dans certaines régions, ne continue pas sur cette lancée. C'est un sursaut surtout par rapport à la langue anglaise qui est de plus en plus la langue du marketing, de la technologie, du tourisme et de la science.

Rassurez-vous, nos langues traditionnelles sont très valorisées dans la Francophonie. Et aujourd'hui, notre organisation s'inscrit pleinement dans le multilinguisme. Donc, la langue française doit avoir sa place mais ne doit pas remplacer nos langues maternelles. Chaque pays a sa politique d'éducation à respecter, la Francophonie vient renforcer les politiques des états membres et ne vient pas les remplacer ».

Des campus numériques dans trois cents universités

En réponse à une préoccupation portant sur l'apport incontournable du numérique dans l'éducation, Louise Mushikiwabo a évoqué un plan d'action de l'OIF adéquat. « Avec l'Agence universitaire de la Francophonie, nous sommes en train d'étudier la possibilité d'installer des campus numériques dans les trois cents universités du réseau francophone. Nous avons aussi un projet qui sera en discussion entre les Etats et les sociétés informatiques pour un accès au débit Internet rapide car il est impossible pour la jeunesse de s'épanouir sans l'accessibilité à Internet, d'avoir tous les avantages liés au numérique », a-t-elle soutenu.

Le renfort de Georges Nakseu, le directeur politique de l'OIF, s'est avéré nécessaire pour répondre aux préoccupations de l'assistance sur le réel apport de la Francophonie dans le dernier processus électoral. En effet, comme l'a signalé Louise Mushikiwabo, impliqué bien avant son arrivée, il est revenu sur les différentes interventions de l'OIF, notamment à partir de l'élaboration du fichier électoral et le renforcement des capacités aux niveaux des institutions concernées.

Louise Mushikiwabo a été plutôt ravie par l'échange avec les étudiants de l'UPC. Elle a, d'ailleurs, confié à la fin : « L'ambiance et les questions très intelligentes de la part des étudiants m'ont donné le goût de revenir à l'université. En ce début de mandat, c'est pour moi un rappel que notre organisation doit être beaucoup plus pertinente et plus visible, son action au niveau de la jeunesse doit être ressentie plus que cela ne l'a été par le passé. Et nous ferons tout pour que cela soit le cas ».

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