Afrique: Blessé, un journaliste attend le verdict de son procès en appel en RDC

communiqué de presse

Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités congolaises de libérer sans délai un journaliste ayant reçu plusieurs coups lors de son arrestation. En prison depuis plus d'un mois, il avait été condamné à un an de prison pour "outrage".

Lors de son arrestation le 27 février à Mbandaka, capitale provinciale de l'Equateur, à l'ouest de la République démocratique du Congo (RDC), le journaliste Steeve Mwanyo Iwewe avait reçu plusieurs coups de la part de la garde rapprochée du gouverneur qui avait ordonné son interpellation. Ce dernier reprochait au reporter de l'avoir traité de "voleur" lors d'une manifestation d'agents mécontents dont le journaliste assurait la couverture pour Radio Télé Sarah (RTS), une chaîne appartenant à l'ancien gouverneur et rival de l'actuel occupant du poste pour l'élection des gouverneurs qui se tiendra ce mardi 26 mars.

D'après un rapport médical consulté par RSF, le journaliste souffre de contusions à la tête, au thorax et au niveau de ses parties génitales qui nécessitent des soins et des examens complémentaires "dans une structure sanitaire appropriée". Or, le reporter condamné deux jours après son arrestation à 12 mois de prison pour "outrage à l'autorité" n'a obtenu ni liberté provisoire ni transfert dans un centre médical pour y effectuer les soins dont il a besoin.

"Arrêté, molesté, et condamné de manière expéditive à une peine extrêmement lourde, il est inadmissible que ce journaliste soit toujours privé de sa liberté et de soins appropriés alors que les auteurs de son agression n'ont jamais été inquiétés, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Alors qu'une décision est attendue en appel d'ici à la fin de la semaine, nous exhortons les autorités à mettre fin à cet acharnement afin que ce reporter puisse sortir de prison et se soigner".

Lors de son discours d'investiture, le 24 janvier dernier, le nouveau président Félix Tshisekedi avait déclaré vouloir faire des médias un "véritable quatrième pouvoir". Un signal encourageant pour marquer une rupture nécessaire avec le régime de Joseph Kabila, considéré par RSF comme l'un des pires prédateurs de la liberté de la presse sur le continent. Malheureusement, les agressions de médias et de journalistes, notamment de la part de supporters du nouveau président se sont multipliées ces dernières semaines. Quant à Steeve Mwanyo Iwewe, il est le premier professionnel de l'information condamné arbitrairement à une peine de prison depuis l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités.

La RDC occupe la 154e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

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