26 Mars 2019

Sénégal: Massacre de 130 personnes dans un village peul du centre du Mali - La classe politique condamne et interpelle

Les réactions sont unanimes. Interpellés hier, lundi 25 mars, par la rédaction de Sud Quotidien, sur le massacre d'environ 130 personnes dans un village Peulh du centre du Mali, le samedi 23 mars dernier, par des individus présentés par certaines sources comme proches de l'ethnie Dogon, des acteurs politiques sénégalais ont tous condamné avec force cette attaque.

Il s'agit entre autres de Moussa Sarr de la Ld (mouvance présidentielle), Daouda Ba de Rewmi et de Me Amadou Sall du Pds. En effet, donnant leur réaction sur ce drame, ils ont par ailleurs invité la communauté internationale en commençant par les Etats voisins et frontaliers du Mali comme le Sénégal à sceller une unité d'action autour du gouvernement malien afin qu'un pareil drame ne se reproduise plus.

MOUSSA SARR, PORTE-PAROLE DE LA LIGUE DEMOCRATIQUE : «Les autorités de la sous-région ne doivent pas aussi rester indifférentes à cette situation»

«Au nom de la Ligue démocratique, je voudrais d'abord m'incliner devant la mémoire de victimes et ensuite dire avec force tout notre regret d'avoir eu cette information relative au massacre de plus de 100 personnes appartenant à l'Ethnie Peulh dans le Mali voisin. Nous déplorons ce massacre et nous le condamnons vigoureusement... Nous estimons que tous les peuples africains et au-delà, tous les peuples du monde doivent privilégier la cohabitation entre les ethnies, entre les races. C'est cela qui peut assurer la stabilité et la sécurité à l'intérieur et à l'extérieur de nos frontières. Ce massacre au Mali est d'autant plus révoltant que c'est un pays qui est en proie avec le terrorisme, il s'y ajoute que les Peuls ne sont pas seulement des Maliens. Nous trouvons au-delà des frontières du Mali, de part et d'autre en Afrique, cette ethnie. Au nom de la Ligue démocratique, j'appelle les autorités du Mali à tout mettre en œuvre pour que cette situation prenne fin et qu'une solution de paix durable soit retrouvée pour assurer la cohabitation de toutes les ethnies du Mali. Les autorités de la sous-région ne doivent pas aussi rester indifférentes à cette situation. Il serait dangereux et irresponsable que les Etats de la sous-région considèrent qu'ils ne sont pas concernés par cette situation. Il faut dans les meilleurs délais que les pays riverains du Mali à travers leurs gouvernements aident le peuple malien à trouver la meilleure solution pour mettre fin à cette situation déplorable.

ME AMADOU SALL, CHARGE DE LA COMMUNICATION DU PDS : «Il appartient à toute la communauté internationale d'aider le Mali à faire face à ce problème»

«Je suis mal parce que je suis Peulh mais je ne veux pas avoir de réaction identitaire. Je considère que je suis un panafricain, je veux l'unité de l'Afrique qui ne peut se réaliser lorsque nous faisons du communautarisme. Le repli identitaire est quelque chose de dangereux... Il faut que nous sachions que nous sommes tous de la même communauté et si la communauté Peulh subit une situation pareille, il faudrait qu'on ait un traitement qui gomme les différences. Il appartient à l'Etat malien, à la communauté malienne, à la sécurité malienne de veiller à ce que toutes les communautés puissent vivre dignement et éviter que des choses de cette nature puissent se reproduire. Le Mali a la même devise que le Sénégal : Un peuple, un but, une foi. Il faut que cela puisse se traduire dans le comportement de tous les jours. Cette situation est due au fait qu'on a laissé perdurer et persister la naissance de milices. Et dans un pays où il y a des milices qui sont mues par d'autres perspectives, naturellement cela ne peut donner que ça. Il faut donc désarmer les milices... La communauté internationale doit aider le Mali à avoir une armée républicaine qui doit être en mesure de faire face à la fois aux groupes Djihadistes et à la sécurité de tout le monde. La sécurité des gens ne peut pas être assurée par des milices. Il appartient au gouvernement malien, du Sénégal, de la Guinée, de la Mauritanie, du Niger et à toute la communauté internationale d'aider le gouvernement du Mali à faire face à ce problème.»

DAOUDA BA, PORTE-PAROLE ADJOINT DE REWMI : «Nous devons tous appeler à une entente entre les différentes ethnies au Mali mais aussi en Afrique»

Nous avons été attristés comme tous les Sénégalais par ce massacre que nous regrettons. C'est un acte barbare qui a été perpétré au Mali. Nous le condamnons fermement et nous témoignons notre compassion aux familles des victimes. Nous saluons également les mesures prises par les autorités maliennes, notamment le président de la République, et espérons que les coupables seront identifiés et vigoureusement punis. Le Parti Rewmi appelle à des échanges et une entente entre les différentes composantes de la nation malienne. Nous devons tous nous garder de certains propos en de pareilles circonstances. Le discours de vengeance doit être banni. Les Sénégalais appartenant à l'ethnie Peulh ou pas doivent éviter de s'approprier ce problème et vouloir se venger. Les gens n'ont pas besoin de se venger sur quoi que ce soit puisque l'Etat et la justice feront le travail pour que les coupables soient identifiés et punis dans le respect des lois en vigueur. Au-delà de ce drame, nous devons tous appeler à une entente entre les différentes ethnies au Mali mais aussi en Afrique de manière générale et dans le monde».

MASSACRE AU CENTRE DU MALI : L'Onu et Amnesty International exigent l'ouverture d'une enquête

Le Forum régional africain d'Amnesty international condamne le massacre perpétré au Mali. Dans une déclaration conjointe rendue publique hier, lundi 25 mars, l'organisation de défense des droits humains appelle les autorités maliennes à mettre immédiatement en place une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur les faits et faire juger les responsables de ce massacre. Soulignant également dans ce document que depuis plus d'un an, le centre du Mali connait des violences meurtrières, le Forum rappelle aux autorités et à la Minusma l'impératif de protection des populations, et insiste pour que la lutte contre l'impunité des graves violations des droits humains soit au cœur du processus d'apaisement de la situation dans le pays. Il faut rappeler que cette sortie du Forum régional africain d'Amnesty international fait suite à celle du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. En effet, dans un communiqué diffusé samedi soir soit, quelques heures après le drame, le patron de l'Onu s'était dit «choqué et outré» par ce massacre avant d'inviter les autorités maliennes à ouvrir une «enquête rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice».

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